« Dry January » : l’alcool, non ! Mais le chichon, oui ?
À peine reposée la dernière coupe de champagne et avalé le premier café de l’année qu’il faut déjà songer à faire ceinture : c’est le jour 1 du « Dry January », le mois de l’abstinence qui nous vient d’outre-Manche. Hélas, se désolent certains, le gouvernement n’est pas au rendez-vous.
On s’étonne, ici et là, du manque d’empressement des élites gouvernementales. « II ne faut pas compter sur un soutien explicite et appuyé du chef de l’État ou du gouvernement », déplore Le HuffPost. De quoi être surpris, en effet, quand les agences gouvernementales – l’ADEME, en l’occurrence – ne tarissent pas de conseils sur l’art de laver son linge, prévoir les bobos de l’existence ou faire face à la guerre nucléaire. D’autres attaquent la chose par la bande, comme Paris Match, qui préfère parler détox, ou Sud-Ouest, qui s’interroge : « Être ou ne pas être "chiant" ? »
Une mode hygiéniste venue d’outre-Manche
En attendant l’injonction comminatoire puis la contrainte qui ne manqueront pas de venir d’en haut, un consensus se dégage encore malgré tout : pratiquer le Dry January reste une affaire personnelle. Et à bien y regarder, ça n’est pas vraiment une affaire française mais davantage une mode hygiéniste venue d’outre-Manche.
C’est Alcohol Change qui a lancé l’opération en janvier 2013, au Royaume-Uni. Associée dès 2015 à Public Health England, le ministère de la Santé britannique, la campagne a débarqué sur le Vieux Continent. Dès 2020, de nombreuses associations de lutte contre l’alcoolisme se sont jointes à la Ligue nationale contre le cancer pour reprendre l’initiative dans l’Hexagone sous le nom de « défi de janvier ». Trop franchouillard pour être suivi, sans doute, alors on a, depuis, opté pour la formule anglaise.
Même si la consommation d’alcool a très fortement reculé en France, depuis soixante ans, on déplore, nous disent les professionnels de santé, « une mortalité toujours très élevée : environ 42.000 décès par an liés à l’alcool, dont 40 % chez des personnes qui ne sont pourtant pas dépendantes, mais simplement consommatrices régulières ou excessives ». À noter, d’ailleurs, que sur le plan de la consommation d’alcool, la France n’arrive qu’en 12e position sur 27. En tête de peloton, on trouve la Roumanie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque et l’Allemagne.
C’est un fait acquis, donc, depuis les années 60 du siècle dernier, la consommation de boissons alcooliques connaît une très forte baisse en France : -70 % sur le vin, -9 % sur les spiritueux, -18 % sur la bière. La courbe suit celle des drogues, mais quand l’une descend, l’autre monte. Qu’importe, c’est seulement sur l’alcool qu’on met l’accent. On ne sache pas, en effet, que soient prévus « février sans shit », « avril sans coke », « juillet sans ecstas » ou « novembre sans héro ».
La courbe suit celle des drogues, mais quand l’une descend, l’autre monte
Les travaux de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) permettent ainsi de mettre en lumière la tartufferie de cette entreprise de prétendue sobriété et salubrité publiques. Quand les belles âmes fustigent « le lobby de l’alcool » qui serait à l’œuvre pour ruiner la santé des Français, on leur opposera les données issues des enquêtes ESCAPAD (OFDT), EnCLASS (HBSC, ESPAD) et EROPP (OFDT).
L’alcool arrive certes en tête, avec 8 millions d’usagers réguliers, dont 3,3 millions consomment quotidiennement. Reste qu’ils sont largement dépassés par les fumeurs (qui sont de plus en plus des fumeuses) : 11 millions tirent quotidiennement sur la clope. Lesquels fumeurs de cigarettes sont rejoints par les fumeurs de shit : 1,4 million d’usagers réguliers, dont 900.000 quotidiens. La cocaïne arrive derrière, avec 3,7 millions de personnes qui s’y sont essayées dans l’année et 1,1 million qui sont devenues de vrais consommateurs. Quant à l’ecstasy, elle a tenté 3,2 millions de personnes, dont 750.000 ont décidé d’y revenir. On ajoutera que, bien évidemment, le fumeur de shit est aussi un fumeur de cigarettes et que le consommateur de coke a généralement commencé par le shit qui voisine dans sa poche avec l’ecstasy et autres substances prohibées. Sans parler des champis qui font planer, du gaz qui fait rigoler et des tonnes de psychotropes qui font le malheur de la Sécurité sociale et la fortune du lobby pharmaceutique.
Quant à la place de l’alcool dans notre univers, elle va de pair avec celle du fromage : 96 % des Français pensent que le vin « fait partie de l’identité culturelle de la France », 88 % y voient un vecteur de « partage et de convivialité », quand 93 % pensent que les vignerons « sont détenteurs d’un savoir-faire particulier qu’il convient de protéger ». Concrètement, la France détient 10 % du vignoble mondial, avec 744.000 hectares de vignes répartis sur 90 départements (la France métropolitaine en compte 96). Avec un tiers de la production française commercialisée à l'export, c’est l’un des secteurs florissants de l’économie française, rapportant 6,4 milliards d’euros de recettes fiscales à l’État… Ce dont il ne saurait se passer, par les temps qui courent, et qui explique sans aucun doute sa réticence à emboucher le clairon pour sonner l’abstinence.
Enfin, on fera remarquer que l’autre secteur économique, celui du narcotrafic, ô combien florissant, n’alimente, lui, que l’économie parallèle et la criminalité. Il ne fait que coûter, à tous niveaux : santé, sécurité, cohésion sociale… Alors, à quand une campagne pour l’abstinence ?
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































37 commentaires
Je bois du whisky, fume un cigare de temps en temps et j’invite tous les donneurs de leçon à passer leur chemin. Je sais que vivre tue alors j’en profite !
Il y a une journée pour tout aujourd’hui… On en a ras le bol des injonctions de ces organismes. Naguère, le vin était considéré comme un aliment. A chacun de voir ( au volant, par exemple, il y a des sanctions ). Mais il est impossible aujourd’hui, lorsqu’on entend la moindre émission parler de vin, de ne pas ponctuer tout cela par le mantra : » à consommer avec modération » etc Et tous ces organismes qui veulent guider nos existences, ils se modèrent eux ? Et France-Inter ? qui dit : à écouter avec modération ! Donc, qu’on nous fiche la paix.
L’alcool est en France actuellement la drogue qui fait le plus de dégâts, et de loin. L’alcool détruit le système digestif et le cerveau, il rend violent une bonne moitié des hommes qui en consomment, il crée une addiction incomparablement plus prégnante que les autres drogues, mis à part les opiacés, il donne un sentiment de toute puissance et provoque une désinhibition qui le rend responsable des pires accidents de voiture et d’une grande partie des délits, en particulier les viols… L’alcool est une véritable calamité sociétale… Je ne comprends pas qu’il puisse avoir des défenseurs, sous prétexte qu’il fait partie de nos « traditions »…
On peut consommer en amateur. Presque en esthète. Tout n’est que question de quantité. Entre goûter_ avec raison _ un bon vin, et rouler sous la table… Mais, je pense que dans presque tous les domaines on peut retrouver le phénomène. Les alcools forts devraient d’autant plus faire appel à la raison.
Rien que pour votre commentaire de wokiste je vais me servir un autre apéro !
ll est en effet plus saoulant qu’un bon vin !!!!
Encore un qui confond BV et un site gauchiste
A votre santé !
@Bobo quand on vous lit on pense à la charia !
Laissez nous vivre , on est de plus en plus infantilisés, brimés, ras le bol
Et les drogués, protoxyde d’azote vous croyez que c’est mieux ?
J’ai été, et ma famille , moultes fois agressés, et ce n’était pas à cause de l’alcool mais de ce qu’on appelle le racisme anti blanc, une drogue toute aussi mortelle (pour nous)
Ma mère, agression par deux roms, bijoux arraché
Mon père agressé par 4 yougoslaves, ils l’ont tellement massacré qu’il a frôlé l’amputation d’une jambe
Mes frères, agressés par des nord africains
Ma grand mère par une black dans le métro et moi je ne les compte même plus et tout ce n’était pas à cause de l’alcool mais de racisme à notre encontre alors votre moraline, basta
Quand va t’on nous lâcher la grappe, c’est le cas de le dire ? Etudiant j’ai picolé, adulte j’ai toujours eu le vin à table, 3° âge confirmé je continue en me modérant. Cela relève du libre arbitre de chacun. Mais notre société se fait « maternisante » parce qu’elle est parfaitement faux cul. Et les drogues ? Et l’incivilité et les dangers qu’elle induit ? Et ses carences éducatives et sécuritaires ? Laissez donc les gens à leur gorgeon et occupez vous de votre boulot.
Au lieu de jouer à janvier sans alcool, pourquoi ne pas utiliser décembre ? On rigole des musulmans qui font grève de la bouffe la journée de ramadan puis se bourrent le soir, mais nous faisons de même, s’empiffrer en décembre et faire ceinture en janvier, c’est mauvais, il vaut mieux gérer sainement les deux mois ( et les autres).
Pour résumer ce qu’est devenu l’Angleterre, je paraphraserai Bourvil « l’islam, oui, mais l’alcool, non ».
C’est de l’anglais, je en sais pas ce que ça veut dire, alors à la votre…
Le dry january n’est guère fait pour réduire l’alcoolisme. C’est un prétexte pour s’alcooliser davantage en décembre, et pourquoi pas aussi les 10 autres mois de l’année.
Bien évidemment les alcooliques vraiment dépendants ne respectent pas le dry january, ils en sont dans l’incapacité.
De même l’instauration d’un mois proposé sans cannabis ne réduirait pas la consommation.
Il y a un certain desir de changement à assouvir, tout en même temps de continuer la même vie en réalité : un mois sans alcool, un mois de ramadan, 40 jours de carême…
Un mois sans fous sur la route, ce serait bien aussi…
»
Le mois sans alcool est l’importation d’un phénomène hygiéniste anglo-saxon. » comme tant et trop de chose nuisibles, je pense entre autre a halloween
Oui, Halloween c’est encore pire que Noël !
Mais moins pire que l’Aïd ?
Bobo vous ne vous arrêtez jamais dans vos délires ?
Un mois sans gens comme vous, ce serait bien aussi
Pfff déjà qu’on ne rigole pas tous les jours, manquerait plus que je me prive de mon verre de vin ! De plus le vignoble français ce sont des milliers d’emplois non délocalisables.
Je pense comme vous
D’un côté on restreint l’accès à l’automédication en cas de pandémie, et de l’autre côté on favorise la légalisation des drogues (sauf le haram vin chrétien)… Il va falloir que nos zélites adoptent une attitude un peu plus cohérente.
La drogue présente l’intérêt pour l’état de faire vivre certaines banlieues, d’y acheter la paix sociale et de suppléer son insuffisance ou son absence. Là où l’état n’est pas, les mafias prennent la place, les exemples ne manquent pas dans le monde.
Au temps où les français ne consommaient que de l’eau et du vin ou de la bière, il me semble que la santé physique et mentale était bien meilleure.
La consommation d’alcool a été divisée par 2 depuis 1960 en France.
Dans le même temps, la consommation de drogues a été multipliée en France par 30 ou 60, les experts hésitent sur l’ampleur du problème.
Toutes les drogues sont pointées du doigt pour les cancers et les maladies cardiovasculaires, même le cannabis.
Le simple usage du cannabis serait à l’origine du déclenchement des schizophrénies chez des gens ayant une sensibilité génétique. Ce pourrait être la cause de nombreux meurtres et violences inexpliquées dans la société actuelle.
Mais on diabolise l’alcool parce que notre société devient progressivement musulmane et en plus un mois de dry chichon provoquerait une catastrophe économique dans les banlieues.
Relançons la consommation d’alcool, et tout va s’arranger question santé en France.
Au Japon, la consommation d’alcool est plutôt bien vu, pourtant il ne semble pas que leur civilisation périclite. Cela dit et pour tempérer mes propos, l’abus est effectivement dangereux et les accidents de la route imputables à l’alcool sont nombreux et souvent tragiques.
L’alcool est une horreur ! Il rend agressif et violent, détruit la santé et est la cause de la plus grande partie des accidents graves… Mais continuons à nous démolir puisque c’est dans nos traditions…
@Bobo, et AH ne buvait pas d’alcool et végétarien et on voit ce qu’il a fait, ah quand il y a une ânerie à dire, vous n’êtes pas loin…..
Et certains d’une certaine communauté , sensés ne pas boire parait il et quand on les arrête , ils sont « beurrés » , je me marre, et le protoxyde d’azote responsable de drames et le cannabis ?
Gardez vos conseils pour votre chameau et laissez nous vivre, c’est pénible les donneurs de leçons
est-ce que le protoxyde d’azote fait partie du « Dry January » ?
Mais chère Marie, c’est tout le contraire, le narcotrafic n’est peut-être pas ( encore) encouragé en France, mais il est protégé. Quel est le pays qui déplace une école maternelle pour ne pas gêner un point de deal? Cela en dit long sur les priorités de nos gouvernants.
A l’école communale du Grand Bayonne on nous enseignait dans les années 50 la tempérance et j’ai encore en tête les tableaux que l’on nous montrait comparant les foies d’un buveur et d’un non buveur. Je ne sache pas que mes petits-enfants enfants aient eu le même discours sur les ravages de la drogue.