Editoriaux - International - 8 mai 2019

Donald Trump a le vent en poupe !

Le président américain n’est pas encore mort. Depuis un mois, les entreprises de sondages (en majorité hostiles) lui accordent un taux d’opinions favorables (en hausse) de l’ordre de 46 % (dernier sondage Gallup) et des taux d’opinion défavorables (en baisse) autour de 50 %. Quel que soit le chiffre absolu, l’évolution compte, et surtout celle du différentiel (Trump – comme, jadis, Hillary – a toujours souffert d’un très fort différentiel négatif). Ça va donc mieux pour lui.

D’autant que le daily tracking poll (suivi quotidien) de Rasmussen – qui ne s’était pas trompé avant la présidentielle de 2016 – le situe assez régulièrement autour de 50 % d’opinions positives, avec un différentiel positif ou neutre. De plus, tous les sondages (hostiles inclus) s’accordent pour dire que, sur la question économique, Trump bénéficie d’un capital d’opinions favorables largement majoritaires.

Il est particulièrement intéressant de noter aussi que les tourmenteurs de Trump – médias et Congrès – ont une performance peu enviable en termes de popularité. Rasmussen montrait, récemment, que seulement 22 % des Américains considéraient que le Congrès fait un bon travail. Quant aux médias, leurs taux d’approbation avaient commencé à baisser, autour de 30 %, à partir de 2010 (ce qui coïncidait avec la montée des réseaux sociaux). Depuis l’effet Trump, ils ne sont pas récompensés de leur honnêteté, qui leur fait ouvertement souhaiter la chute de Donald Trump. La crise de confiance s’aggrave, ainsi que le sondage du CJT (Columbia Journalist Review) l’a révélé à l’automne 2018. Ici encore, le taux de confiance absolu importe moins que son évolution : 69 % des Américains estiment que leur confiance dans les médias a diminué depuis dix ans, cependant que 75 % des indépendants tirent la même conclusion.

Certes, dans les oligarchies occidentales, en particulier aux États-Unis, l’opinion publique importe peu. Le commando Mueller a eu beau ne pas atteindre son objectif, faute d’argument légaux, ceux-là mêmes qui sont rejetés par l’opinion font comme si de rien n’était et poursuivent la promotion du fantasme de la troïka maléfique : Trump, Barr (son ministre de la Justice) et Poutine. Trump reste donc en danger.

Car le marécage de Washington commence à avoir peur. Non pas que Trump ne gagne la présidentielle de 2020 (il s’est rangé, désormais, dans le camp des « néoconservateurs » qui semblent l’avoir adopté) mais bien pire : le risque, pour tous les protagonistes du « Spygate » (autrement dit le coup d’État présumé tenté contre Trump), de se voir un jour inculper. Depuis que Trump a un vrai ministre de la Justice, l’effet boomerang se met en branle…

Dernier paradoxe : des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour affirmer que le célèbre dossier Steele qui a servi de fait générateur à plus de deux ans de paralysie gouvernementale en déclenchant une cascade d’investigations, et provoquant une guerre civile larvée en Amérique, serait peut-être le fruit d’une habile opération de désinformation des services secrets russes : loin de « préférer » Trump, leur plan présumé était de semer le chaos à Washington.

Donc, les génies de l’État profond qui avaient tenté de déposer Trump se seraient fait manipuler comme des demeurés ?

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