Editoriaux - Politique - 22 septembre 2019

Disparition des pères ? Et des maires ?

Par le PACS et le « mariage » pour tous, et maintenant par la PMA ouverte aux couples unisexués, la société obtint la destruction de la famille, la disparition de ses bienfaits et la fin de ses solidarités.

Mais l’action nuisible des promoteurs de ces lois n’aura pas que ces effets. Cet habitus de penser d’abord à son propre bien – ratifié par le divorce par consentement mutuel – et l’égoïsme prôné par les « penseurs » soixante-huitards ont pour conséquence une omission du don gratuit et le souci du bien commun et durable. Les enfants – et bien souvent, même, les mères ou les pères – seront de simples produits ballottés au gré d’amours éphémères. Les enfants, les familles, le voisinage, tout s’oublie et s’envole comme les feuilles mortes.

Rapprochons cela des prochaines élections municipales : on sait que bien des maires de petites communes hésitent ou même renoncent à se présenter de nouveau. Pour ne prendre qu’un exemple, ainsi en est-il de Bernard Moraine en la commune de Joigny-sur-Yonne – 9.850 habitants. Il déclarait, jeudi, dans la matinale de RMC, qu’il n’était pas le chef d’une entreprise s’appelant « mairie », car telle est devenue la vision de ses administrés.

Une commune n’est-elle pas, avant tout, une grande famille ayant des intérêts en commun, une communauté de familles ? À l’heure où disparaissent tant de services de l’État, la poste, les trains, les centres médicaux et les médecins, les centres des impôts et les classes des gamins… N’est-il pas naturel que, privés de ces lieux de rencontre et de partage des soucis, les habitants d’une petite ville passant leur temps ailleurs qu’en celle-ci et deviennent des passagers du soir ? Des administrés « nocturnés » en un lieu qui leur reste étranger.

L’épicerie disparaît, le bar-tabac-journaux et l’auberge ferment… La pharmacie fermait il y a longtemps, comme le quincaillier et, sous peu, le boulanger. L’État agissant sans vergogne ni préavis bouscule les finances locales et met à mal le remboursement des emprunts. Le cantonnier décéda sans être remplacé et l’assistante sociale est à 25 km, comme l’infirmière et le cordonnier.

Cette vie, ces fêtes de village… Tout partit, tout part. Ne reste qu’un feu d’artifice – dans tous les sens du mot – au 14 Juillet car demeure la nation. Le regroupement intermédiaire de la province – un cousinage – et son histoire furent dissous dans les méandres des découpages électoraux. Ciseaux, coups si brutaux et coupes budgétaires qui ne sont pas moins sanglantes… Tout cela contre les solidarités de proximité.

Citant une étude du CEVIPOF, Thomas Hugues, de RTL, nous apprenait, en juillet dernier, que près d’un maire sur deux ne se représenterait pas. Crise des vocations ? La loi NOTRe de 2015 (Nouvelle Organisation territoriale de la République) transfère les responsabilités vers d’artificielles et très impersonnelles intercommunalités. La perte de compétence des maires (de par cette loi) se heurte aux récriminations des gens ; récriminations qu’ils n’ont plus les moyens et responsabilités de résoudre. Cela finit par lasser les plus bénévoles de nos concitoyens.

Ainsi sonnerait la fin de ces communautés de familles, les communes, la fin du bien commun ? La fin des pères et des maires ?

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