Editoriaux - Livres - 25 août 2018

Des lectures pour l’été : Mississippi , de Louis Bromfield, 1941

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La guerre de Sécession se termine et les Nordistes occupent La Nouvelle-Orléans. Le général Wicks règne sur la ville de façon brutale et cynique en s’enrichissant sur le dos des vaincus. Les deux camps se haïssent : “Le maire [de La Nouvelle-Orléans] réfléchissait à ces gens extraordinaires, ces Yankees si laids, si mal élevés, si frustes, totalement dénués de grâce et d’élégance. Comment avaient-ils jamais pu être les citoyens d’un même pays ?”

Son adjoint, Tom, est de la même veine, le puritanisme en moins. Il est fiancé à la belle et naïve Agnès qui ne supporte plus de l’attendre à Boston, où l’ennui et le conformisme règnent.

Alors elle prend le bateau et part avec sa tante rejoindre ce Sud mystérieux. Une incroyable odyssée les attend, jusqu’au Mississippi, ses plantations, la fièvre jaune et les miasmes des bayous.

Au milieu des pillages, des meurtres et de la fin d’un monde, elles rencontrent des personnages étonnants. Liliane de Laiche qui prend Tom dans ses séduisants filets afin de sauver son or ; Hector Mac Tavish, le beau Sudiste dont la tête est mise à prix car il exécute les profiteurs de guerre ; le père Desmoulin, prêtre français lumineux, que tout le monde va voir, amis ou ennemis. Il aime le Sud mais sait que tout est fini : “Dans quelques années, le paresseux monde créole que le vieillard aimait tant malgré sa violence, sa décadence et ses vices, aurait peu à peu cédé la place à un autre monde venu du Nord, dur, énergique et pratique, qui imposerait le mode de vie du boutiquier anglo-saxon.”

Nous sommes pris dès les premières pages par ce roman dur, cruel et romantique à la fois. Sensualité et pureté se croisent dans un monde qui va disparaître pour laisser place à l’uniformité.

Louis Bromfield fut un écrivain américain majeur. Injustement oublié, il est heureusement réédité depuis quelques années par les excellentes Éditions Phébus.

Mississippi, dont le titre original est Wild Is the River, fut traduit pour la première fois en 1946 et s’appelait alors Le Delta sauvage.

On le trouve d’occasion sous ces deux titres.

Retrouvez ce titre et bien d’autres sur mon blog littéraire « leslivresdantoine.com »

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