« Mon meilleur camarade gisait là, blessé, auprès de moi » : le chant de la compagnie d’appui du 17e régiment de génie parachutiste (17e RGP) résonne, alors que s’inclinent les drapeaux français. Sur le parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste de Villenouvelle, à Montauban, un dernier adieu est rendu à Emmanuel Cueff lors de ses obsèques célébrées, ce 10 novembre. Cet ancien parachutiste est décédé, le 1er novembre, des suites d’une violente agression. « Restez en tenue de service ! » Le célébrant lit l’évangile qui fait écho à la vie militaire de l’ancien caporal-chef reconverti dans le bâtiment après son départ de l’armée.

Des initiatives de soutien spontanées à Montauban (Tarn-et-Garonne)

Ce décès dramatique suscite l’émotion. Une semaine après le décès d’Emmanuel Cueff, un groupe d’une vingtaine de jeunes activistes toulousains autobaptisé « La Meute » a déployé une banderole devant le palais de justice de Montauban. « Nous voulons rendre à tous ceux qui sont déjà tombés, non pas au champ d’honneur mais sous les coups de sauvages qui pourrissent notre vie. » D’autres initiatives spontanées ont éclos. Jacques Ronzier, porte-parole local du collectif Place d’armes (des anciens militaires qui veulent faire vivre les valeurs de l’institution), organise une « marche kaki », ce jeudi 11 novembre, sur le parking du Nautic. Un proche du défunt a fait savoir, auprès de La Dépêche du Midi, que la famille se désolidarisait de cet événement. Pour lui, la manifestation est l’expression de « la récupération d’extrême droite », propos rapportés dans 100 % Radio.

« La famille nous a demandé de reporter un hommage qui était prévu vendredi dernier », explique Jean-Pierre Fabre-Bernadac, le fondateur de Place d’armes, qui est à l’initiative de la tribune des généraux publiée, en avril 2021, par . « Nous l’avons fait, respectueux du deuil de Séverine Cueff et de ses proches. Si son épouse n’avait pas voulu d’un rassemblement de soutien, elle l’aurait exprimé à ce moment », poursuit-il.

Déclarée et autorisée en préfecture, la manifestation se déroulera, ce jeudi 11 novembre, à 14 h 30, à Montauban, pour se terminer sur le parking du bar-restaurant Le Nautic, là où s’est déroulée l’agression.

Emmanuel Cueff est-il en défendant sa femme ?

Les circonstances de l’agression mortelle restent encore floues. Le procureur de Montauban Laurent Czernik explique au site Web local L’Opinion indépendante que « c’est elle [Séverine Cueff] qui a reçu le premier coup de poing, son conjoint a voulu s’interposer. Sur les caméras, on voit un groupe de personnes discuter avec la victime », poursuit le magistrat. Contacté par nos soins, le tribunal judiciaire de Montauban relève que l’ancien parachutiste « a reçu un coup de poing et un coup de pied par un seul individu qui l’ont fait lourdement chuter au sol. Les investigations se poursuivent avec énormément d’informations à analyser. » Le porteur des coups était accompagné d’une autre personne.

Les deux individus n’ont, pour l’heure, pas encore été interpellés.

10 novembre 2021

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