Comme un coucou régulier, surgit de temps à autre de la pendule dans laquelle il s’est confiné à double tour. Sa dernière apparition furtive s’est produite lors de l’émission « C politique » de France 5 où un journaliste esseulé attendait avec impatience le cri mélodieux de l’ex-soixante-huitard reconverti en horloge parlante du macronisme. Les mécanismes résistent malgré les coups de boutoir opérés par la perspective d’un « monde d’après » un tantinet moins mondialiste que celui d’avant.

Effaré par ce cataclysme qui menace, le militant des causes impopulaires propose de sauver les meubles pendant qu’il en est encore temps. Entre autres urgences, la pandémie peut servir de prétexte idéal à régulariser les sans-papiers à tour de bras. Un tremblement de terre également, un incendie, un calme plat, une jaunisse… Les exemples d’occasion de régularisations massives ne manquent pas, mais on fait avec ce qu’on a sous la main.

L’appel est vibrant. Cohn-Bendit prend des accents gaulliens pour assener sa dernière trouvaille : « Comme on a régularisé tous les étrangers qui ont participé à la libération de la France, faisons la même chose pour les combattants de la France contre le virus. »

En toute impudeur, voilà les infirmières, aides-soignants, médecins et urgentistes mis sur le même plan que le Soudanais entré en toute illégalité sur le territoire français. Le concept avait été esquissé avec le coucou précédent au cours duquel le professeur Raoult avait été invité à « fermer sa gueule ». Assez de soignants et de chercheurs. Les seuls à combattre efficacement le virus sont les migrants. Arrivés en blouses blanches à Lampedusa, des cohortes de spécialistes ont rejoint notre pays pour nous tirer d’affaire. Le téléspectateur assiste, ébahi, à la démonstration qui, outre son obscénité, côtoie le surréalisme.

« Il y a eu une très belle tribune en France qui demande la régularisation d’environ 100.000 sans-papiers qui travaillent en ce moment… qui travaillent, heu… sur, heu… » À court d’exemples, Cohn-Bendit mouline avec ses bras. Entre ici, Jean Mouline…

Enfin, bref, ils travaillent « sur différents petits boulots mais très importants, donc ce serait la moindre des choses d’accélérer leur régularisation ». Cueilleurs sous-payés, nettoyeurs exploités, par temps de contagion, le migrant présente l’intérêt supplémentaire d’attraper le coronavirus à notre place. L’occasion ne se représentera pas de sitôt.

En conclusion, le partisan d’un retour vers un esclavagisme raisonné cite le maître des pendules Macron-Clemenceau : « Ils font partie de la France pour libérer la France du coronavirus. »

Plutôt satisfait d’avoir réussi à placer autant d’inepties en si peu de temps, l’oiseau est ensuite rentré dans sa boîte. La date et l’heure du prochain coucou n’ont pas encore été dévoilées par la direction de France 5.

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