Accueil Editoriaux Démographie : quand la Commission européenne pleure sur le lait versé…

Démographie : quand la Commission européenne pleure sur le lait versé…

Voilà maintenant des années que toute esquisse de politique nataliste se trouve frappée du sceau de l’infamie par les médias dominants et ces autorités morales dénonçant un « ordre moral », dont elles ne sont finalement que la version subvertie.

Pourtant, il y a un moment où il convient de se réveiller, surtout quand les chiffres reprennent le dessus sur les émotions, relatives à la surpopulation planétaire ou au déficit démographique de notre Vieux Continent. D’où ce « Livre vert », signé de la Commission européenne, qui vient de voir le jour, tel l’enfant tout juste sorti du ventre de sa mère. Car c’est bien d’enfants qu’il est ici question.

Les chiffres plus haut évoqués valent mieux que le plus savant des discours. En 1960, l’Europe représentait 12 % de la population mondiale. Aujourd’hui, elle est tombée à 6 %, avant d’être promise à chuter à 4 % d’ici 2070. Pis : les Européens sont de plus en plus vieillissants et inaptes au monde moderne et à sa furie technologique : « En Europe, 31 millions de personnes se trouvent dans des régions rurales qui se meurent et dont les revenus sont faibles. »

Pour tout arranger, ce texte nous dit « qu’en 2070, trois Européens sur dix seront âgés de plus de 65 ans, contre deux sur dix aujourd’hui. La proportion des personnes en âge de travailler (20/64 ans) tomberait à 51 %, contre 59 % de nos jours. » On a lu plus réjouissant, mais qui peut décemment s’en étonner ? Paradoxalement, les pays les plus touchés par cette pandémie sont les plus ancrés dans la tradition chrétienne – soit celles où l’enfant qui vient est plus une fête qu’un drame : Bulgarie, Grèce, Croatie, Italie, Pologne et Hongrie. C’est pourtant dans cette dernière nation que la réponse est la plus vigoureuse, le président Viktor Orbán ayant mis en place des mesures natalistes visant à faire remonter le taux de fécondité des femmes hongroises à 2,1 % à horizon 2030.

Pour une fois, la Commission européenne n’a pas d’émois de gazelles, se contentant d’entériner l’affaire comme une issue possible et d’abandonner l’antifascisme de trompe-l’œil et de bazar au vestiaire. Elle y consent d’autant plus que la solution migratoire semble porter en elle ses propres limites, tel que noté par Emmanuel Berretta, du Point : « Une seule phrase [de ce Livre vert, NDLR] expédie le sujet : “La nouvelle stratégie globale avec l’Afrique est particulièrement importante, compte tenu des déficits démographiques complémentaire auxquels nos continents son confrontés”. » Bref, nous voilà parés pour les jours de gros temps à venir !

Cette météo est d’autant moins clémente que le même journaliste relève, ensuite, cette contradiction majeure : « L’Europe se trouve devant deux politiques paradoxales : d’un côté la promesse d’un partenariat – souvent qualifié de plan Marshall – avec l’Afrique afin de sédentariser la jeunesse dans son pays d’origine et lui offrir une perspective de vie meilleure plutôt que le chemin périlleux de la migration. De l’autre, une volonté d’attirer en Europe les meilleurs cerveaux, donc les Africains les plus brillants. Mais est-ce rendre service aux Africains ? » Poser la question équivaut à y répondre, cher monsieur.

Au passage, on notera que les efforts déployés par les tenants de la pensée unique consistant à nous fourguer de force le mariage homosexuel ne sauraient suffire à réduire le déficit de naissances. Ce, d’autant plus que le concept d’enfants achetés sur catalogue par de riches Blancs avant que de pauvres femmes noires n’accouchent ne saurait être totalement satisfaisant pour l’esprit, surtout lorsque se donnant pour « progressiste ».

Après, demeure la question taboue : celle de l’avortement. Aux derniers macabres comptages, on tuerait, chaque année, en France, près de deux cent mille petits Français, qu’ils soient issus de familles de souche comme de branche. Il y a peut-être là de quoi donner matière à réfléchir.

Surtout lorsque l’on nous serine que la limitation de vitesse sur autoroute à 110 km/h permettrait de sauver des vies. Alors, tant qu’à sauver des vies, si l’on arrêtait d’assassiner les petits Français à naître ? Quitte à redresser l’Europe dans la foulée…

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