Accueil Entretiens Jacques de Guillebon : « S’il y a une liberté d’expression, dans ce pays, elle doit s’appliquer à tout le monde, à Boulevard Voltaire comme à L’Incorrect !”

Jacques de Guillebon : « S’il y a une liberté d’expression, dans ce pays, elle doit s’appliquer à tout le monde, à Boulevard Voltaire comme à L’Incorrect !”

Le magazine L’Incorrect a fait sa une sur le thème de la remigration avec ce titre : « Sauvez des vies, rentrez chez vous. » Une « provocation » qui n’a pas eu l’heur de plaire à la société MediaKiosk chargée de la campagne d’affichage. Sans prévenir, la filiale de JC Decaux a refusé de diffuser les affiches.

Explications du rédacteur en chef de L’Incorrect, Jacques de Guillebon, au micro de Boulevard Voltaire.

 

Nous sommes de nombreux médias de droite à être victimes de censure. S’il y a une liberté d’expression dans ce pays, elle doit s’appliquer à tout le monde et à nous aussi. J’aimerais que les syndicats de journaliste de gauche, du centre et de droite interviennent dans ces cas-là et ne s’émeuvent pas simplement quand la gauche est victime de censure.

La Une de l’Incorrect a été censurée et ne sera pas affichée dans les kiosques. Qu’y a-t-il dans cette Une de l’Incorrect qui pourrait choquer ?

La Une que nous avons faite concerne la remigration. Nous avons titré pour rire un peu “sauvez des vies, rentrez chez vous”. C’est un peu provocateur, mais en aucun cas, cela tombe sous le coup de la loi. Cela n’appelle pas au racisme ou à quoi que ce soit d’autre. On voulait que cette Une soit affichée dans quelques kiosques parisiens et en région parisienne. C’était une petite campagne de 150 affichages. MédiaKiosk, l’entreprise qui gère les affiches pour les kiosques et qui est une filiale de JC Decaux a décidé motu proprio de ne pas l’afficher, et ce sans nous prévenir.

Que cela traduit-il ?

Cette censure découle d’une lâcheté. Ils se sont dit qu’au vu des circonstances actuelles, les manifestations de Traoré, etc, cela risquerait de choquer certaines personnes. Il me semble que choquer certaines personnes n’est pas interdit en France. Tous les jours, des affiches de journaux de gauche, d’extrême gauche ou autres peuvent nous choquer. On se souvient tous de Charlie Hebdo et de la liberté d’expression censée être absolue et totale en France sauf s’il y a des appels à l’aide. Mais ce n’est absolument pas le cas.
Nous allons en justice et sommes en train d’étudier sous quelle forme. Ils n’ont même pas pris la peine de nous prévenir, alors que nous avions imprimé ces affiches. Ils ont juste décidé de ne pas les mettre. Leur méthode est scandaleuse. C’est comme si nous n’étions rien.
Ces affiches devaient être affichées jeudi dernier dans les kiosques et nous nous sommes aperçus qu’elles n’étaient pas affichées. Nous avons donc demandé à notre régleur qui est l’intermédiaire entre eux et nous ce qu’il se passait. MédiaKiosk lui a répondu qu’ils avaient décidé de ne pas les afficher. Nous les avons appelés plusieurs fois sans succès. Et finalement, hier nous avons réussi à les avoir. Ils nous ont dit que la direction l’avait décidé et qu’ils ne pouvaient rien nous dire d’autre. On est vraiment tenu comme quantité négligeable et méprisable.

À lire aussi

Jacques de Guillebon : « C’est notre rôle de stimuler le débat intellectuel et d’inviter des gens de toute la droite »

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleJacques de Guillebon (L’Incorrect) racon…