Crise migratoire très préoccupante à la frontière mexicaine : 18.000 migrants par jour attendus

frontière us mexique

La crise migratoire à la frontière sud des États-Unis est plus que préoccupante. Ces derniers mois, les flux de migrants pulvérisent les records et devraient même s’intensifier, dès cette semaine prochaine, avec l’abrogation annoncée par l’administration Biden de la mesure « Titre 42 » prise lors du mandat Trump.

Pour ce qui est des chiffres, les arrestations par les forces de police frontalières grimpent en flèche. En janvier 2022 seulement, 154.816 interpellations furent pratiquées, en février 165.900, en mars 222.144 et, enfin, en avril 234.088. La tendance n’est donc pas à l’amélioration et à la gestion « d’une immigration sereine ». La ville texane d’El Paso s’apprête ainsi à déclarer l’état d’urgence, tant ses infrastructures ne sont plus suffisantes.

L’annonce faite le 1er avril dernier a eu le rôle d’appel d’air. La fin, ce lundi 23 mai, de la mesure « Titre 42 », mise en place par Trump dans le cadre de la crise Covid-19, permettait une politique plus stricte sur les entrants pour limiter la propagation du virus. Or, cette mesure a bien entendu été jugée discriminante et injuste, tant il fallait défaire le legs du président républicain.

Les analystes conservateurs d’outre-Atlantique le soulignent bien. Joe Biden n’a aucun plan d’action prévu pour la frontière mexicaine, tout n’est qu’incohérences. Au grand désarroi des concernés, c’est à peine si on évoque le sujet en conférence de presse à la Maison-Blanche et dans les grands médias. À croire que l’administration en place n’a pas connaissance des prochaines élections de novembre ?

Une des seules réactions récentes fut celle d’Alejandro Mayorkas, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis depuis 2021, qu’on a déjà croisé à propos du récent « ministère de la Vérité ». « Nous reconnaissons qu’avec la fin du Titre 42, il peut y avoir une hausse de l’immigration. Nous équipons nos équipes frontalières en conséquence. »

Aussi, c’est bien l’incompréhension qui persiste. D’un côté, on crée une polémique – inutile ? – sur le retrait du port du masque dans les avions et on interdit aux Canadiens non vaccinés contre le Covid-19 d’entrer sur le territoire américain. De l’autre, on lâche les valves au sud et on laisse entrer qui veut. Car les statistiques de la police des frontières sont parlantes, les nationalités sont très variées à la frontière : Mexicains, Cubains, Guatémaltèques, Honduriens, mais aussi Ukrainiens (troisième position pour le mois d’avril, avec 20.118 personnes) et – même – Russes.

Lors d’une prise de parole sur la question, le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, a fait le constat suivant : « Joe Biden devrait prendre une carte de membre honoraire aux cartels de la drogue mexicains. Personne n’a fait plus que lui, et sa politique de frontières ouvertes, pour aider les cartels. Cela va être un désastre si l’on abroge le Titre 42. Les choses ne vont faire qu’empirer. »

Interrogé sur la chaîne Fox News, vendredi 20 mai, Greg Abbott, le gouverneur du Texas directement concerné par les événements, alertait sans concession : « Nous attendons 18.000 personnes par jour à la frontière. Cela équivaut à plus de six millions au cours d’une année. Pour le Texas seulement, cela en représente la moitié. C’est équivalent à la ville de Houston qui se déverse chaque année à la frontière. Nous nous préparons pour l’échéance de ce lundi. Voici les deux choses que nous prévoyons de faire. Premièrement, tenter de faire faire demi-tour aux clandestins en faisant barrière nous-mêmes. De plus, comme il est à noter que, depuis son élection, Joe Biden n’a jamais pris la peine de se déplacer à la frontière sud, ni d’entrer en discussion avec ses homologues mexicains, j’ai donc dû moi-même travailler le sujet avec les autorités mexicaines. Elles aussi mettent en place des stratégies. Car, deuxièmement, elles savent que j’ai un argument de poids. Comme je l’ai déjà fait, je peux faire pression en arrêtant le trafic des camions entrant au Texas via des fouilles systématique des véhicules commerciaux. »

Gaëlle Baudry
Gaëlle Baudry
Chroniqueuse à BV, spécialiste des Etats-Unis, consultante indépendante

Vos commentaires

12 commentaires

  1. Quant aux élections à venir, il me semble me souvenir qu’un président démocrate avait régularisé en masse des migrants afin qu’ils votent démocrate.
    On fait la même chose en France , un migrant régularisé égale une voix aux élections.

  2. La situation US par rapport à l’Europe est différente, et bien meilleure .
    Les USA protègent très bien leurs frontières , contrairement à l’UE ou le grotesque Frontex aide en fait les migrants à passer, et nos douaniers nationaux font pareil.
    Les USA ont affaire à une immigration non musulmane, de culture hispanique et catholique.
    L’UE n’a jamais pris à ma connaissance de mesure « titre 42 » dans le cadre du Covid et dans le cadre de la variole du singe qui nous menace actuellement.

  3. Au moins ils auront de quoi s’occuper sur leur territoire et arrêter de nous nuire en Europe. Qu’ils appelle zélensky à la rescousse cela nous fera des vacances

  4. Je croyais que la situation était surtout grave avec l’initiative de Trump qui avait prolongé le mur construit par Obama (prix Nobel de la Paix comme chacun sait).

  5. C’est bien pour cela et pour beaucoup d’autres choses, il suffit de lire les journaux non engagés pour le savoir, Ukraine comprise, le prochain président des Etats-Unis sera, très haut la main, Donald Trump qui s’était fait voler sa victoire il y a 2 ans. Enfin !

  6. L’incohérence n’est qu’apparente. Avec Biden, les USA ont repris une politique mondialiste. La « lutte contre l’immigration », inefficace, n’est là que pour éviter une révolte de la population; En Europe, c’est Frontex qui joue ce rôle.

  7. Une des promesses de campagne de Biden contre Trump n’était elle pas l’accueil de ents des immigrés ? Alors menteur ou souffrant d’un Alzheimer grave ? Les deux peut-être ?

  8. En matière d’immigration on n’est pas mal loti non plus grâce au prince « qu’on sort » de l’Élysée !

  9. Les ricains ont voulu sleeping joe, ils l’ont. Les États-Unis n’en ont plus pour très longtemps. La guerre intérieure va bientôt commencer. C’est le début de la fin de l’occident. Requiem et… cgacun pour sa gueule et Dieu – s’il existe – pour tous!

  10. Plutôt que d’attiser la guerre en Europe en fournissant des armes à l’Ukraine, ce qui est déjà contraire au rôle de pacification de l’OTAN, ce gouvernement démocrate ferait mieux de protéger son peuple contre ce fléau d’immigration incontrôlée. Mais quelque part, à quelques mois des élections de mi-mandat, peut être est ce là une chance pour les Républicains et Donald Trump en particulier.

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