Crise des gilets jaunes : la confusion au sommet de l’État

De Charybde en Scylla, de mal en pis… de Hollande en Macron : tel pourrait bien être le nouvel avatar de l’expression. La France connaît, périodiquement, des périodes de troubles et d’agitation. Rarement elle n’a connu semblable confusion qu’en ce moment.

Le premier constat qui s’impose concerne le pouvoir : il a perdu tout crédit. Son festival de manipulations et de mensonges n’avait fait qu’augmenter la colère. Celle-ci avait été allumée par l’avalanche de taxes. Elles n’étaient que les expédients d’un État impécunieux et pourtant dépensier qui cherchait désespérément à renflouer son budget. Ses efforts pour les justifier par une croisade contre un réchauffement climatique auquel la France ne peut rien, ou pour éviter des morts dont la vitesse au-delà de 80 km/h ou le diesel seraient les principales causes – ce que démentent toutes les études sérieuses -, ont été vains. Ils n’ont fait qu’accentuer le sentiment des Français que ce gouvernement se moquait d’eux.

De même, l’étonnante absence de maîtrise de l’ordre autour de l’Arc de Triomphe, les déprédations commises et la surprenante accusation de groupes d’ultra-droite supposés s’en prendre à un symbole de la fierté nationale ont laissé percer le soupçon que l’exécutif avait délibérément cherché à discréditer le mouvement. Les arrestations qui ont visé davantage des manifestants, certes en jaune, mais sans coloration politique, alors que des casseurs davantage aguerris passaient entre les mailles du filet, ont également soulevé un doute. Comment faire confiance à un gouvernement dont chaque prise de parole est une tentative de manipulation ?

En second lieu, Emmanuel Macron voulait incarner le retour d’un pouvoir vertical et rigoureux, marchant sans faillir vers le cap annoncé. Cette image est brisée. Non seulement l’exécutif a reculé sur les taxes prévues en janvier, mais il l’a fait trop tard, acculé par la force des protestations et la montée de la chienlit, et il l’a fait dans la cacophonie entre ses deux têtes, passant de la suspension momentanée à l’annulation.

Enfin, et c’est le plus grave, pendant ces trois semaines, le mouvement a glissé de droite à gauche. C’était, à l’aube, une explosion contre une fiscalité folle dans un pays qui détient le record européen des prélèvements obligatoires, avec 48,4 % du PIB. Le problème français est là et dans la dépense publique excessive qui le génère, pas ailleurs. Les prélèvements ont écorné le pouvoir d’achat, et c’est désormais lui qui s’est glissé à la première place. Malheureusement, la gauche en a alors profité pour proposer ses réponses suicidaires habituelles : augmenter ou rétablir certains impôts, alourdir le coût du travail, faire croître la dépense publique. Le cri d’orfraie sorti de l’Élysée pour exprimer la douleur d’un retour de l’ISF ne fera que confirmer que le chef de l’État est décidément le Président des très riches.

Le désastre est total. La méthode et la pédagogie ont été lamentables. Au lieu de prendre l’argent des retraités et des automobilistes pour favoriser les détenteurs d’actions, il fallait augmenter la TVA dès le début du mandat en baissant, en contrepartie comptable, les charges et en augmentant les salaires nets pour une part de cette baisse. La mesure aurait été discutée, mais elle n’aurait pas entraîné la révolte car elle aurait pesé sur tous les Français en proportion de leurs achats, et aussi sur les 80 millions de visiteurs annuels. Elle aurait, de plus, accru la compétitivité de nos entreprises et de nos produits, à l’extérieur comme à l’intérieur, et donc lutté contre le chômage.

Pendant que les Français se battent pour leur pouvoir d’achat, ils ne regardent pas vers Marrakech où leur Président va signer “en leur nom” un pacte en faveur de “migrations sûres, ordonnées et régulières”. Non seulement l’organisation d’une immigration “régulière” pèsera évidemment sur les salaires nationaux mais, à terme, elle facilitera le changement de population du pays, portera atteinte à son identité culturelle.

Au-delà du pouvoir d’achat, il faut aussi maintenir le pouvoir d’être !

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