Les dernières élections municipales ont été une mascarade de démocratie, tant le niveau d’abstention était élevé (58,4 % au second tour). Quelle légitimité peut-on accorder à des maires élus par moins de la moitié des votants ? Or, les élections municipales étaient, jusqu’à présent, celles où la participation était la plus élevée, avec la présidentielle. En principe, nous aurons, en 2021, les élections régionales et départementales. Vu l’épidémie de Covid-19, et comme ces élections intéressent traditionnellement moins de monde, nous risquons une abstention des deux tiers, ce qui serait catastrophique pour la démocratie.

On parle de reporter ces départementales et régionales, mais on ignore quand les conditions sanitaires permettront leur tenue. Après 2022 ? Prolonger de deux ans les mandats des élus actuels n’est guère satisfaisant d’un point de vue démocratique. Même l’élection phare, la présidentielle de mai 2022 (dans 18 mois !), est menacée. On ne pourra pas reporter cette dernière, sauf à changer la Constitution. Bien sûr, on peut espérer qu’un vaccin (efficace !) soit trouvé. Une dizaine d’entre eux sont en phase 3 avec, paraît-il, des résultats. Mais même si la vaccination est disponible, l’épidémie ne s’arrêtera pas immédiatement, car beaucoup de personnes refuseront de se faire inoculer un produit qu’ils considéreront comme dangereux et néfaste. Le complotisme a de beaux jours devant lui. Il suffit d’aller sur les réseaux sociaux et de voir les thèses délirantes qui y sont répandues.

Il faudra peut-être au moins trois ans pour que la couverture vaccinale et l’immunité de groupe permettent de surmonter l’épidémie de Covid-19. En attendant, toutes les élections qui vont se dérouler sont menacées d’une abstention record. Celle-ci est due à la peur (justifiée) d’être contaminé en allant voter. Le maintien du premier tour des municipales et l’explosion de la maladie qui a suivi montrent que ces craintes ne sont pas vaines.

Il existe pourtant une alternative déjà employée pour les votes aux élections professionnelles des fonctionnaires : le vote par Internet. Chaque électeur recevrait un code permettant de se créer un espace (comme pour les impôts) avec un mot de passe personnel. Il suffirait, ensuite, de choisir son candidat. On pourrait changer son vote jusqu’à la dernière minute et les résultats seraient immédiatement disponibles dès la clôture du scrutin. Il existe, néanmoins, un obstacle : les personnes incapables de se servir d’Internet. Si on prend pour modèle les déclarations d’impôts, cet illettrisme électronique concerne 10 % des votants. Des permanences seraient ouvertes dans les mairies pour qu’un fonctionnaire territorial facilite les démarches de ceux qui sont fâchés avec Internet (bien entendu, le vote resterait secret). Pour ceux qui ne peuvent se déplacer, un employé muni d’un ordinateur portable pourrait se rendre à leur domicile.

Ce système fonctionnant parfaitement pour les élections professionnelles des fonctionnaires, il en serait de même pour les élections générales. Il serait plus sécurisé que le vote par correspondance pratiqué aux où, semble-t-il, des dérives antidémocratiques se produisent (faux électeurs, achats de vote…). Il est temps de se convertir aux moyens du vingt-et-unième siècle.

1 novembre 2020

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