Début 2020, au moment où le virus Covid-19 apparaît, nous savions déjà que les politiques conduites depuis plus de cinquante ans ont entraîné la désindustrialisation de la France. D’après l’INSEE, de 1970 à 2016, la part de l’industrie manufacturière a baissé, dans la richesse nationale, de 22,3 % à 10,2 %. Au surplus, nous observons que nos élites financières, au fil du temps, encouragent la cession, puis le dépeçage de grandes entreprises industrielles françaises (/Lafarge/Arcelor, etc.). Hormis quelques secteurs de pointe, comme le luxe ou l’aéronautique, l’ française repose désormais essentiellement sur la finance, les assurances, les services et le tourisme.

La crise sanitaire que nous subissons depuis une année est venue souligner les conséquences désastreuses des choix économiques ainsi opérés.

Au printemps dernier, les Français ont pu découvrir que nous n’avions pratiquement plus d’usines capables de produire des masques de protection contre le virus et que nous devions importer de Chine des produits pharmaceutiques comme le paracétamol ou encore des éléments chimiques pour la construction des tests. Plus récemment, l’information selon laquelle l’institut Pasteur et Sanofi n’avaient pas la capacité de fabriquer un vaccin a été ressentie comme une véritable humiliation. Comment se fait-il que la France soit le seul des cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas disposer encore de son propre vaccin ? La réponse se trouve dans le déclassement scientifique de notre pays. En effet, tant en termes de budget consacré à la recherche qu’en nombre de publications, la France est à la traîne par rapport à nos principaux partenaires commerciaux.

Plus grave encore, nous assistons depuis de nombreuses années à une véritable fuite de cerveaux. Nos jeunes, chercheurs, entrepreneurs, cadres de haut niveau, ingénieurs, s’exilent dans des pays où ils sont accueillis les bras ouverts. La raison n’est pas seulement fiscale. Le manque de reconnaissance, les périodes de précarité, parfois la difficulté à trouver un poste et les faibles rémunérations sont de nature à démotiver nos jeunes les plus talentueux. À l’inverse, la politique migratoire a conduit la France à choisir une non maîtrisée, mal formée et peu qualifiée. En résumé, elle a laissé partir les bac+5 pour faire rentrer des bac-5.

Ainsi, destruction lente de l’outil industriel, recul de la recherche et de l’innovation, affaiblissement régulier du niveau de formation, amenuisement des compétences, exil des Français les plus talentueux ont placé la France dans la pire des situations pour affronter la crise sanitaire et prendre des décisions qui auraient pu préserver notre économie.

Résultat : la France connaîtra, en 2020, une récession de 8,3 %, supérieure à la moyenne de celle de l’Union européenne (7,3 %) et nettement supérieure à celle de l’Allemagne (5 %). Afin de soutenir l’activité et pallier les défaillances du gouvernement dans la gestion du Covid-19, la dette française atteint, en 2020, près de 2.800 milliards d’euros, soit un taux de 120 % du PIB (richesse nationale).

Dans ce contexte, la France pourrait sortir essorée de la pandémie, encore déclassée par rapport à l’Allemagne, et se trouvant face à un mur de dettes, dont le règlement devra bien un jour être envisagé, au risque de perdre définitivement la confiance de ses créanciers et, par là, sa souveraineté économique et la maîtrise de son destin. Nous sommes, ici, au cœur de l’une des principales questions posées à l’occasion de la prochaine élection présidentielle. La France restera-t-elle la France, conservera-t-elle son indépendance économique, parviendra-t-elle à sauver ce que des générations ont mis à construire ?

Pour répondre à cette question et désigner la future ou le futur président de la République, nous devrions méditer la citation d’Albert Einstein : « On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés », c’est-à-dire avec ceux qui ont participé au gouvernement de la France depuis ces nombreuses dernières années.

4 février 2021

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