Cours de plongée pour migrants : avec Aquarius, le contribuable boit la tasse

Pendant que les frontières européennes cèdent, des fonds publics servent à financer les cours aquatiques pour migrants.
Capture d'écran Konbini
Capture d'écran Konbini

Quel heureux sens du timing ! Alors que l’Europe est confrontée à un afflux de clandestins sans précédent, Le Média Positif a choisi, ce 30 juillet, de mettre à l’honneur les cours de natation et les baptêmes de plongée proposés à des migrants par l’association bretonne Le Projet Aquarius. « Comment apprendre à des jeunes, ayant traversé la Méditerranée, à percevoir l’eau comme un environnement sûr ? », interroge le média. La réponse tient en quelques images tournées au large de Marseille : séances en piscine, activités de cohésion et initiation à la plongée sous-marine. Face à la caméra, Mohamed, Guinéen soi-disant âgé de 17 ans, raconte son parcours : « La traversée, c’est tellement difficile, tellement dangereux. Je suis tellement content de l’association, c’est grâce à eux que j’ai appris à nager. » Arrivé en France deux ans plus tôt, le jeune homme affirme n’avoir jamais revu la mer depuis son entrée illégale sur le territoire. Aquarius lui aura donc offert l’occasion d’y retourner dans des circonstances nettement plus agréables.

Sur X, cette « histoire inspirante » n’a pas suscité chez tous les internautes l’émotion attendue. Beaucoup ont posé une question assez peu poétique, mais terriblement concrète : qui règle la facture ? « On trouve toujours de la subvention pour ce type de projet. C’est magique », ironise un utilisateur. « Je ne paie pas des impôts pour payer des cours de "réassurance aquatique" à des Africains entrés illégalement sur notre territoire », s’agace un autre. Un troisième demande si « nos petits-enfants blancs des campagnes et de Navarre ont eux aussi droit à une journée plongée ». Plus expéditif, un Français propose : « On ne pourrait pas simplement les renvoyer chez eux ? »

Des cours de natation financés par le contribuable ?

Le programme Aquarius ne s’arrête pas à quelques longueurs de brasse. Il combine cours de natation, suivi psychologique, et diverses activités aquatiques. Selon les éditions, les participants ont pu pratiquer le canoë-kayak, le paddle, le ski nautique ou la plongée sous-marine. Une précédente édition du projet a même débouché sur un séjour en camping à Marseille, avec baignade en mer et découverte des calanques. Ses organisateurs expliquent vouloir transformer le rapport à l’eau de jeunes marqués par leur traversée de la Méditerranée, restaurer leur confiance et favoriser leur « inclusion sociale ». À Rennes, certains participants sont hébergés dans des structures gérées par Coallia. D’autres éditions ont été portées par des établissements des Apprentis d’Auteuil.

Qui finance le projet Aquarius ? Cette association dispose bien d’une cagnotte Leetchi destinée à couvrir les frais des séances de piscine ou de l’accompagnement psychologique, mais le portefeuille du donateur privé n’est pas le seul sollicité. Les Apprentis d’Auteuil indiquent noir sur blanc que le dispositif a reçu le soutien de la CAF d’Eure-et-Loir, du CREPS des Pays de la Loire (Centre de ressources, d'expertise et de performance sportive) et de l’Agence française de développement (AFD), aux côtés de la Fondation de France et de donateurs privés. Le projet a par ailleurs été lancé par la plate-forme régionale Jeunes en projets, qui bénéficie, de son côté, du soutien du ministère de l’Éducation nationale, de la région Bretagne et de plusieurs départements. Parmi ses partenaires, on trouve Coallia, l’une des associations les plus abondamment financées par l’État : en 2024, la sénatrice Marie-Carole Ciuntu rappelait qu’elle avait perçu près de 150 millions d’euros, en 2022, au titre de la mission « Immigration, asile et intégration »

La tournée des médias bienveillants

Évidemment, Aquarius n’en est pas à son premier reportage. Brut avait déjà célébré ces activités nautiques censées permettre aux migrants de dépasser leurs traumatismes. Konbini avait suivi une séance en piscine puis un séjour à la mer. France Inter saluait, en février 2024, une « magnifique initiative ». La radio RTL, en partenariat avec la Fondation de France, avait même élevé Aquarius au rang de « pépite ».

Le récit médiatique est toujours identique : des « mineurs isolés », nécessairement vulnérables, une traversée traumatisante, des éducateurs dévoués et une société française priée d’ouvrir simultanément son cœur, ses frontières et son portefeuille. Toute interrogation sur l’âge réel des bénéficiaires, leur statut administratif ou le coût global de leur prise en charge disparaît derrière les images de baignade et les mots magiques de « reconstruction » et « inclusion ».

Le télescopage de l’actualité rend l’opération de communication plus choquante encore. Au moment précis où Le Média Positif publiait sa vidéo, plus de 40.000 clandestins marocains prenaient d’assaut l’enclave espagnole de Ceuta. L’Europe voit donc ses frontières submergées, tandis que ses institutions financent l’accompagnement de ceux qui les ont violées. Et le contribuable, lui, reste condamné à boire la tasse.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

91 commentaires

  1. Est-il prévu des séances d’accompagnement psychologique pour les victimes (et leurs familles )de coups de couteaux,de viol et de meurtre. Il y a matière à développer une énorme ONG.
    J’espère que ceux qui bénéficient des baptêmes de plongée ne rejoignent pas ceux qui manient le couteau.

  2. Mais bon sang quand portera t-on plainte contre l’Etat voire contre l’UE pour rapt d’enfants mineurs. Un enfant mineur doit être obligatoirement rendu à sa « très grande » famille éplorée (qui a financé son départ). C’est un scandale de se faire marcher dessus par l’UE.

  3. La France est au bord du gouffre et on entend que le FMI pourrait intervenir en notre beau pays pour prendre des décisions drastiques sur le budget, donc faire des reformes et surtout des économies mais ces économies seront elles appliquées également aux subventions que touchent les associations qui sont ensuite déversées pour des projets totalement ahurissants tel celui que vous nous présentez aujourd’hui.

  4. ça laisse pantois… bouche bée… ahuri… sidéré… Mais p…. jusqu’à quand? jusqu’où? combien ? Cette impuissance, ressentie par le Nicolas lambda, qui n’a que son bulletin de vote épisodique pour exprimer son avis, devrait faire monter la pression. Armée et dans la rue… sinon ça ne sert à rien. ( Gilets jaunes, bonnets rouges, marche blanche, messes mémorielles…) inutiles !

  5. Si on supprimait tous ces financements « débiles » mais très couteux , nous pourrions avoir une sacrée flotte de canadairs !!! Avez vous vu beaucoup de migrants donner un petit coup de main aux pompiers pour « renvoyer l’ascenseur  » ???

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