Editoriaux - International - Politique - 30 août 2019

Coup de force ou coup de maître ? Boris Johnson n’attendra pas le 31 octobre pour agir

N'en déplaise à Hugh Grant...

Saperlipopette, sont-ce ses mauvaises fréquentations californiennes qui ont ensauvagé notre cher Hugh Grant au point d’utiliser des f*** à tout va, en s’adressant par tweet au Premier ministre du Royaume-Uni, ou bien son sang écossais qui n’a fait qu’un tour ? À moins que l’ancien gendre idéal ait lu Le Monde qui annonçait qu’« en suspendant le Parlement britannique, Boris Johnson aggrave la crise du Brexit », parlait de « coup de force » contre Westminster, reprenait le slogan “Stop the coup!” [« Arrêtons le coup d’État ! »], rien de moins, lancé par les habituels militants anti-Brexit rassemblés sur le petit parc College Green face à Westminster, où la correspondante du Monde aime bien traîner.

Philip Hammond, ex-chancelier de l’Échiquier (Finances), soupçonné d’avoir fait fuiter les documents secrets Yellowhammer [1], a osé dénoncer une « décision profondément antidémocratique ». Quant à Boris Johnson, il s’est défendu en affirmant, sur Sky News, que le calendrier fixé « laissera amplement le temps aux députés de débattre de l’UE et du Brexit ».

Grant a toujours été de gauche mais sans aller jusqu’à lire le Morning Star, car c’est surtout un inconditionnel de l’Union européenne. Il est loin, le temps où il fut pris dans une voiture avec une prostituée sur Hollywood Boulevard, Los Angeles, alors qu’il formait un couple glamour avec le mannequin Elisabeth Hurley ; réputé longtemps célibataire, le bobo de Notting Hill est aujourd’hui mari et père mais, visiblement, la lutte contre le crime, le grand plan pour la santé et l’éducation annoncé par le Premier ministre Johnson qui ne veut pas attendre le 31 octobre pour lancer son programme ne l’intéresse pas.

La prorogation (suspension) de plusieurs semaines a été approuvée par Élisabeth II. La session parlementaire reprendra le 14 octobre avec le traditionnel Queen’s Speech, dans lequel la reine exposera le programme du nouveau gouvernement. « J’ai l’intention de présenter un nouveau programme législatif audacieux et ambitieux pour le renouveau du pays après le Brexit », a justifié Boris Johnson. Notamment un plan d’urgence contre le crime (dont les terribles attaques à l’acide à Londres), pour la santé, l’éducation, les infrastructures, la réduction du coût de la vie, l’amélioration des salaires et de la productivité à travers tout le pays.

Hugh ! je comprends que tu invoques ton grand-père, mais mon grand-père comme le tien s’est battu pour que l’Allemagne ne mette pas la main sur nos libertés. Il était dans les FNFL (Forces navales françaises libres ) et se battait avec le général de Gaulle aux côtés des Britanniques, de la reine actuelle et du Premier ministre Churchill. [2]

Hugh, si, de ta résidence à Eygalières, en Provence, tu ne veux pas suivre Ringo, le plus prolo et le plus pro-Brexit des quatre garçons de Liverpool, prends au moins exemple sur Paul, qui n’est ni pour ni contre. Quant au batteur des Beatles, il a été clair sur BBC News : « Avoir le contrôle de ton pays est une bonne chose », a qualifié le Brexit de « choix judicieux », ajoutant que, désormais, « il fallait s’habituer à ce vote ». Certes, les stars sont peu nombreuses à soutenir le Brexit, mais ce ne sont pas les moindres. Le très francophile Mick Jagger croit en des effets positifs « à long terme » du Brexit. Roger Daltrey, des Who, parle d’une Europe « dysfonctionnelle et antidémocratique ». L’acteur Michael Caine n’a pas voté pour que son pays reste européen. Quant à l’ex-Monty Python John Cleese, sur Twitter, il a carrément appelé à « pendre le président de la Commission européenne [de l’époque] Jean-Claude Juncker ».

À moins d’un coup tordu de certains députés, des élections générales auront lieu début novembre pour valider le nouveau gouvernement et son programme. Alors, au-delà de la pelouse de College Green, c’est tout le Royaume-Unis qui décidera.

[1] https://www.bvoltaire.fr/brexit-bang-bang-yellowhammer-pourquoi-bojo-na-meme-pas-peur/

 

[2] https://www.bvoltaire.fr/boris-johnson-pourquoi-est-il-lhomme-qui-fera-le-brexit/

À lire aussi

Victoire de Johnson, c’est la folie à London !

Aujourd’hui, Boris Johnson est l’homme de la situation... …