On sait que la distanciation sociale est un élément fondamental pour éviter la contagion. Déjà difficile à envisager dans des communautés telles que les EHPAD – surtout quand on nous expliquait, fin janvier, qu’en France, « les risques de propagation du coronavirus sont très faibles » (Buzyn) -, il est des lieux où éviter la promiscuité est tout simplement irréalisable : les foyers de migrants.

Dans un article du Monde dépeignant, dans un département à contourner si vous arrivez de Roissy, un hangar-squat de 700 m2 où 270 sans-papiers se partagent 110 lits superposés à touche-touche avec une seule douche, un « collectif de soutien » alerte sur cette « bombe sanitaire à désamorcer d’urgence ». Et elle n’est pas la seule : il y a treize foyers dans la ville…

Un médecin du centre de santé municipal y a bien tenté une timide approche, mais « aucun résident n’a accepté d’être examiné » : peur d’être expulsé du squat, voire du pays.

Pour le maire (PCF, vous l’avez deviné), « toute solution durable passe par leur régularisation, jusqu’ici refusée par l’État ». Forme de chantage sanitaire dont on voit mal comment il ne serait pas couronné de succès un jour ou l’autre : on a bien libéré environ 6.000 détenus pour le même motif, on ne va pas chipoter pour des gens qui ont seulement franchi illégalement une frontière, dont on se demande d’ailleurs quel sens elle peut encore avoir…

En attendant ce jour béni, préfet, ARS, et même « préfète déléguée pour l’égalité des chances » (de se faire contaminer ?) tentent une « stratégie de desserrement » avec 5.500 places d’hôtel, 80 centres d’hébergement Covid, des sas dans des centres sportifs pour cas suspects à tester, etc.

Tout cela est bel et bon, mais rappelle la réponse d’Arletty à ceux qui, en 1944, lui demandaient des comptes pour avoir filé le parfait amour avec un bel Allemand : « Fallait pas les laisser rentrer… »

Enfin, comme le dit, en conclusion de l’article, le directeur d’une résidence sociale, « pour l’instant, ça tient, on touche du bois ».

Une phrase qui, dans notre pays, pourrait s’appliquer à bien d’autres situations…

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