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Coronavirus - Editoriaux - Santé - 7 mars 2020

Coronavirus : haut les masques !

Essaye-t-on de « nous voiler la face » ? La vision de l’épidémie de coronavirus me semble obscurcie par les discours des « autorités », relayés dans les médias, au sujet des masques. J’ai entendu maintes fois que le banal masque chirurgical ne protégeait pas le sujet qui le portait, que le seul masque protecteur était le désormais célèbre masque FFP2, qu’il était inutile de porter un masque chirurgical si on n’était pas malade. Mais, désormais, les recommandations changent. La consigne, maintenant donnée à mon hôpital, est que le masque chirurgical est indiqué non seulement aux malades mais aussi à tout le personnel d’accueil, par exemple à l’entrée ou aux services d’urgences. Donc, le masque chirurgical qui ne protégeait soi-disant pas les individus en bonne santé est officiellement devenu protecteur.

Quel est ce miracle ? Un miracle médical ou administratif ? Cela semble coïncider avec le saut du « stade 2 » au « stade 3 ». Pour atténuer ce choc, l’administration est inventive. Je viens, ainsi, d’entendre qu’on est en « stade 2 renforcé ». S’il le faut, elle pourra peut-être, ensuite, définir un « stade 2 dépassé », comme il y a déjà le « coma dépassé » pour éviter de prononcer le mot « mort ». On ralentit ainsi, sur le papier, l’épidémie. Le passage du « stade 2 » au « stade 2 renforcé » paraît avoir renforcé l’efficacité des masques chirurgicaux. Ce serait comme si s’opérait, en passant d’un stade à l’autre, une transformation dans les masques. Pour certains, un changement se produirait aussi dans les masques durant la nuit qui mène au jour de leur date de péremption. Certains de mes collègues incrédules ont des doutes. C’est difficile, il est vrai, à expliquer. Roland Magdane avait décrit, dès 1992, un phénomène de ce type dans ses « questions existentielles » à propos de ce qui se tramait dans une conserve de cassoulet à minuit le jour fatidique de la péremption.

Ma mère, de la même naïve génération, m’a lancé, à propos des informations de cette semaine relatant un scandaleux trafic de masques périmés : « Ah bon, cela se périme ? » Pour ma part, en temps de pénurie, je me demande si le scandale de laisser inutilisés ces masques « périmés » ne serait pas encore plus grand que celui de leur vente frauduleuse. Le problème des vieux masques c’est que l’élastique de maintien peut être fragile. Mais ce serait ballot que l’élastique du masque cède juste au moment où arrive le postillon redouté. Et sans aucun masque, de toute façon, le virus n’aurait pas davantage été arrêté. Je ne vois pas de danger à porter un masque périmé, surtout si on est bien averti qu’il est périmé !

Les « autorités », éloignées du bon sens populaire, se sont peut-être trompées sur l’utilité du masque chirurgical. Une autre hypothèse est qu’elles ont estimé que les Français étaient des veaux. Que si on avait, d’emblée, proclamé cet effet protecteur, le peuple se serait rué sur les masques encore plus qu’il ne l’a fait. Davantage se seraient rendus compte de la pénurie et de l’imprévoyance des autorités et cela aurait risqué de dégénérer en boucherie.

Cependant, les autorités pourraient maintenant être attaquées par une catégorie de personnes : celles qui avaient un malade dans leur entourage proche et des masques chirurgicaux à leur disposition mais qui, appliquant les premières consignes, n’ont mis un masque que sur la personne malade et se sont finalement retrouvées contaminées du fait de ce défaut de précaution.

Quand les médias, en France, diront-ils qu’il est préférable, pour les seniors – à risque de mourir de ce virus pourtant bénin pour les moins fragiles -, de sortir le nez couvert plutôt qu’avec seulement un flacon de SHA (solution hydroalcoolique) dans la poche ? Je vois certains sortir avec un tissu remontant jusque sous les yeux. À défaut de masque accessible en pharmacie, je les approuve de ne pas attendre le résultat des études sur l’efficacité du foulard.

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