Consigne plastique : la nouvelle facture verte qui menace les Français
Alors que les Français subissent déjà les conséquences de la hausse de la fiscalité environnementale, un nouveau sujet inquiète les collectivités locales : la mise en place d'une consigne sur les bouteilles plastiques. Présentée comme un outil permettant d'améliorer les performances de recyclage de la France, cette mesure pourrait pourtant entraîner une hausse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et fragiliser tout l'équilibre économique de la collecte sélective.
Le sujet est revenu sur le devant de la scène après une alerte lancée par l'association Amorce, qui représente plus de 1.100 collectivités et acteurs publics de la gestion des déchets. Son délégué général, Nicolas Garnier, interrogé par BV, appelle à dépasser le simple débat budgétaire. « La question économique n'est pas le cœur du problème », explique-t-il. Selon lui, le véritable enjeu réside dans la création d'une filière parallèle de collecte destinée à récupérer les seuls déchets ayant une valeur marchande.
Quand le recyclage devient un marché
Le principe de la future consigne est simple : le consommateur paierait quelques centimes supplémentaires lors de l'achat d'une bouteille en plastique et récupérerait cette somme en rapportant l'emballage dans un automate installé en magasin. Pour ses défenseurs, ce système permettrait d'augmenter significativement les taux de collecte des bouteilles plastiques et d'aider la France à respecter les objectifs européens. Pour ses opposants, il reviendrait surtout à retirer des bacs jaunes les déchets les plus rentables.
Elle pourrait augmenter de 20%: la taxe sur les ordures ménagères risque de flamber à cause d'une nouvelle consigne sur les bouteilles en plastique (souhaitée par Emmanuel Macron qui veut atteindre des objectifs européens de recyclage)https://t.co/CE0ocOR9t4
— BFM (@BFMTV) June 10, 2026
« Le marché prélève ce qu'il y a de la valeur dans le gisement et laisse le coût au contribuable », résume Nicolas Garnier. Selon lui, les bouteilles plastiques constituent aujourd'hui l'un des rares flux dont la revente permet de financer une partie du service public de collecte. Amorce estime que la disparition de ces recettes obligerait les collectivités à compenser le manque à gagner. La hausse de la TEOM ne serait probablement pas de 20 %, comme cela a parfois été avancé, mais pourrait néanmoins peser sur les contribuables locaux à hauteur de 10 %.
Le responsable d'AMORCE dénonce également un transfert de valeur du public vers le privé. « Elles ne proposent de récupérer que les bouteilles et les canettes, c'est-à-dire les deux choses qui ont de la valeur dans le bac jaune », observe-t-il à propos des grandes multinationales de la boisson. Résultat, selon lui : « On enrichit les entreprises et on appauvrit le contribuable, puisqu'on lui fait payer plus cher ce qui reste dans la poubelle. »
Bruxelles, Paris et le poids des lobbys
Pourquoi le gouvernement défend-il avec autant d'insistance ce dispositif ? Officiellement, il s'agit d'éviter à la France de rester à la traîne en matière de recyclage. Le pays peine, en effet, à atteindre les objectifs fixés par l'Union européenne et doit contribuer au financement du budget européen en fonction de ses déchets plastiques non recyclés. Emmanuel Macron a déjà évoqué une facture pouvant atteindre 1,5 milliard d'euros.
Mais Nicolas Garnier estime que l'origine du dispositif est ailleurs. Il explique à BV avoir interrogé les institutions européennes sur la création d'un objectif spécifique imposant d'atteindre 90 % de collecte des bouteilles plastiques. La réponse l'aurait surpris : « Ils nous ont répondu : ce n'est pas nous, ce sont les grands industriels du secteur qui le demandent. »
Selon lui, les géants de la boisson auraient trouvé dans cette consigne plusieurs avantages stratégiques : améliorer leur image environnementale, fidéliser leurs clients et sécuriser leur approvisionnement en matière plastique recyclée. « Cette fausse consigne n'est absolument pas une mesure environnementale«», affirme le délégué général d'AMORCE. « C'est une stratégie commerciale et industrielle des grands multinationales de la boisson. »
Une priorité contestée
Le paradoxe est d'autant plus grand que les bouteilles plastiques figurent déjà parmi les emballages les mieux collectés et les mieux recyclés du pays. Pour Nicolas Garnier, la France concentre ses efforts sur le mauvais sujet. L'association estime que la priorité devrait être donnée à la réduction globale du plastique et à l'amélioration du recyclage de l'ensemble des emballages. Aujourd'hui, rappelle-t-elle, la France recycle environ 26 à 27 % de ses emballages plastiques - loin des 55 % exigés, à terme, par l'Union européenne. À ses yeux, l'urgence n'est donc pas de créer un circuit spécifique pour les bouteilles mais d'agir sur l'ensemble des déchets plastiques.
Après la TGAP, une nouvelle addition verte ?
Le débat intervient dans un contexte déjà tendu pour les finances locales. Depuis plusieurs années, les collectivités répercutent sur les ménages les effets de la hausse de la TGAP, la taxe générale sur les activités polluantes, destinée à rendre l'enfouissement et l'incinération plus coûteux.
Pour les opposants à la consigne, le risque est désormais de voir s'ajouter un nouveau mécanisme renchérissant indirectement le coût de gestion des déchets. Au-delà du recyclage, le dossier illustre une question plus large : celle du prix de la transition écologique. Entre objectifs européens, stratégies industrielles et contraintes budgétaires locales, les collectivités redoutent une nouvelle fois d'être prises en étau. Et les contribuables pourraient bien, in fine, être appelés à régler la note.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR


































48 commentaires
Le recyclage est, je dirais en matière d’écologie, le plus gros mensonge. Entre ceux qui ne recyclent pas, ceux qui ne paient pas le ramassage, le tri qui n’est pas fait dans les centres de recyclage et qui finit à l’incinérateur…
Malgré cela je respecte consciencieusement les bacs en espérant que cela change, mais pour moi cette mesure est juste une mesure pour récupérer des taxes sans rien changer. Quand on sait aussi que l’état pioche où il veut pour financer n’importe quoi, cette taxe peut servir pour les MNA ou financer l’Algérie. C’est ça la France, que des mensonges!
F R E X I T. . .
Le plastique c’est du pétrole et il est possible de le reconvertir en essence.
Ah le bouchon fixé à la bouteille , qui se tourne d’un coup vers le bas et se retrouve a disperser le liquide partout sur la table.
Faire comme les copains : prendre un couteau et le séparer de la bouteille. Puis direction la collecte pour les handicapés.
Pourquoi faire simple, efficace et économique quand on peut faire compliqué, inutile et coûteux ? C’est la devise de l’énarque, jamais avouée mais toujours vérifiée.
Avez-vous déjà vu une idée en France qui ne se soit pas terminée par une taxe ?
Depuis longtemps l’activité de ramassage des ordures est devenu une machine à cash pour ne pas dire une escroquerie.
L’Europe se préoccupe des bouteilles en plastique auxquelles sont accrochés les fameux bouchons qui empêchent de boire. Pendant ce temps la Chine fabrique des dizaines de milliers de robots, les USA investissent massivement dans l’IA, les Turcs et les Iraniens conçoivent des centaines de modèles de drones. Il n’est pas difficile de deviner qui va sortir de l’histoire en vassale volontaire des empires en action .
Et le Mondial avec çà, des matches un peu partout dans toute l’Amérique du Nord avec des allées-venues d’aviions et jamais le moindre volet écologique présenté dans nos médias officiels. On ne parle même pas de co2 au grand prix de Monaco…Par contre une taxe de plus, encore et encore, « pour la planète » , là on est preneurs !
Quand on sait que pour augmenter la quantité de plastique à recycler, ils nous ont imposé le bouchon imperdable, il faut bien comprendre que le terme « écologie » n’est qu’une pompe à fric. A force d’augmenter les coûts, il est à craindre que chacun décide de bouder les bacs et règle lui même ses déchets.
Dans mon « aglo », depuis l’arrêt de la collecte annuelle des encombrants effectués dorénavant sur rendez-vous, ce qui doit être sacrément plus économique… On peut s’apercevoir que le nombre de dépôts sauvages explose. Pour les bouteilles plastiques, si cela consiste à payer 4 centimes de plus puis à stocker des volumes de bouteilles vides dans son appartement en attendant de pouvoir faire des kilomètres et faire la queue devant une machine pour enfin espérer récupérer 2 centimes avec probablement dans quelques temps une petite taxe au passage, c’est certain que ce sera une bonne affaire, mais pas pour nous. « Les gens qui pensent en rond ont les idées courbes. »
La consigne des bouteilles plastiques existe déjà en Allemagne. Mais qu’on arrête de s’en prendre aux consommateurs. Quan je vois qu’en été les éboueurs mélangent allègrement poubelles jaunes et bleues car il ne passent qu’une fois par semaine je me demande à quoi servirait encore de nous taxer davantage.
Vous avez de la chance dans beaucoup de communes c’est une foi tout les quinze jours
Peu de passages pour de grosses factures.
Le pire c’est avant il y avait 1 camion toute les semaines maintenant il y en a deux tous les quinze jours puisque les volumes eux n’ont pas changé
C’est extraordinaire, on imposé toujours une nouveauté, mais le produit le plus simple à retraiter n’a aucune case, il faut faire 20km chez nous pour déposer….Le papier et le carton !
Du coup, pour ne pas dire du coût, on en remplis les bacs jaune..
Ouf pas pour moi car rien en plastique !
Causez en aux « populations » qui balancent leurs poubelles par la fenêtre!
A défaut de réduire la production ( la déesse Croissance l’interdit) l’amélioration du recyclage est indispensable.
Le système du » bac jaune » est une bonne idée mais en pratique on y trouve souvent tout et n’importe quoi et il doit être possible de faire mieux. Je craint fort que ce que j’y jette ne soit en réalité finalement pas recycler et j’aurais davantage confiance dans un système géré par une entreprise privée recueillant les bouteilles valorisables. Et c’est une très bonne chose que l’effort du tri des particuliers soient récompensé par le gain d’une petite somme d’argent lors du retour en magasin.
Dans les magasins équipé de ce dispositif on peut même voir des personnes qui visiblement sont très pauvres mais arrive à gagner ainsi un peu d’argent en apportant des bouteilles en grande quantité ramassées dans les rues. Je considère, peut être naïvement, qu’elles ont fait un utile travail de tri, et non pas voler des déchets.
Si on ne veut pas que le contribuable paie, il faut faire payer le consommateur et donc le prix d’achat des emballages devrait être augmenté pour que cesse la pollution plastique.
Et si on revenait au verre avec les consignes …
Il ne faut pas avoir d’arthrose dans les bras…
exacte à la Verpillière au super U vous trouverez une machine qui récupère les bouteilles en plastic les découpent vous donne un bon d’argent
Idem dans mon coin.