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Economie - Editoriaux - 12 avril 2020

Conséquences économiques disproportionnées du coronavirus sur un Système déjà en faillite

Les civilisations occidentales matérialistes, décadentes et hédonistes ont tellement peur de la mort qu’elles ne veulent plus la voir en face et surréagissent médiatiquement face à la moindre épidémie. À ce jour, les 10.000 morts en France représentent moins de 2 % des 580.000 décès annuels. Dans les années 1880, la tuberculose tuait, tous les ans, 100.000 personnes dans une France beaucoup moins peuplée. La canicule de 2003 fit, à elle seule, 15.000 morts. Pour relativiser encore, selon l’OMS, tous les ans, la grippe saisonnière provoque, dans le monde, 5.000.000 de cas graves, dont 280.000 à 600.000 décès. À ce jour, le coronavirus a provoqué environ 100.000 décès.

Nous allons donc connaître une catastrophe économique en France seulement parce que le pays ne dispose pas de masques et d’appareils respiratoires en nombre suffisant, suite au laxisme de nos élites. Et le plus grave, c’est que ce choc économique disproportionné par rapport à la gravité sanitaire réelle du coronavirus viendra heurter un système économique déjà en faillite, provoqué par ce même laxisme décadent, droit-de-l’hommiste, hédoniste, socialiste, gauchiste.

Bruno Le Maire avait commencé par nous endormir avec une croissance en France, pour 2020, de -0,1 % pour en arriver, aujourd’hui, à -6 % alors qu’elle sera, sans doute, de l’ordre de -10 %, UniCredit l’estimant même à -13,8 % ! Si l’on ajoute aux 8 millions de chômeurs partiels les 2,5 millions déjà au chômage plus le million de parents en arrêt de travail pour garder les enfants, cela fait 11,5 millions de personnes au chômage pour une population active de 29 millions de personnes, soit un chômage de 39,7 % ! Les cocoricos de M. Le Maire pour aider l’emploi ne sont, en fait, que des dettes qui seront à ajouter aux 2.500 milliards d’euros de dettes déjà irremboursables, pour terminer 2020 avec une dette plus proche de 120 % du PIB que des 112 % annoncés, et un déficit public plus proche des 10 % du PIB que des 7,6 % déjà reconnus. Le plan d’urgence actuel de 100 milliards d’euros avec des garanties bancaires pour les prêts aux entreprises laissera la place à d’autres budgets rectificatifs.

Aux États-Unis, Trump vient de passer une troisième loi fiscale stimulante de 2.200 milliards de dollars. En trois semaines, le nombre de chômeurs a augmenté de 16,7 millions et James Bullard, le président de la Fed de Saint-Louis, prévoit un taux de chômage de 30 % au second trimestre, tandis que le PIB pourrait s’écrouler de 50 %. Quant au FDIC, le fonds de garantie des dépôts bancaires, il ne représente que 1,41 % des dépôts. En 1929, en trois mois, la valeur des actions avait chuté de 50 % et, en 1933, elles étaient 90 % moins chères qu’au début du krach. Selon Kristalina Gueorguieva, présidente du FMI, 2021 pourrait être plus sévère que 2020, si la pandémie devait perdurer.

La BCE continue, comme la Fed, la fuite en avant de la création monétaire. Les créances en grande partie irremboursables de la BCE devraient s’élever, fin 2020, à 6.000 milliards d’euros, soit la moitié du PIB de la zone euro ! Les vannes s’ouvrent toutes grandes pour l’Italie qui pourra présenter plus de 33 % de chaque émission, en plus du solde irremboursable de TARGET 2 de 383,2 milliards d’euros. Le Royaume-Uni se lance aussi officiellement dans le laxisme monétaire puisque le gouvernement pourra, dorénavant, directement emprunter de la monnaie de singe à la Banque d’Angleterre.

Quant au plan de 540 milliards d’euros de l’Union européenne, c’est l’Europe du Nord qui a gagné puisque les « corona bonds » ont été repoussés et que la seule concession formelle a été l’octroi sans conditions de 240 milliards d’euros de prêts du MES (Mécanisme européen de stabilité) à des pays comme la France ou l’Italie, mais pour financer uniquement les dépenses de santé.

L’âge de l’hélicoptère monétaire et de l’endettement illimité touche à sa fin. Après la crise sanitaire, il faudra affronter la crise économique de l’endettement des États de l’Europe du Sud et d’une BCE en faillite. Travailler, épargner, en finir avec les folles politiques de relance par la consommation de biens importés, être sérieux, comme l’Allemagne et la Hollande, seule façon pour un pays de ne pas connaître la faillite et la misère, ce qu’avait compris la France en 1945 ! Si la zone euro éclate prochainement, ce qui est probable, les Français ne pourront que s’en prendre à eux-mêmes, n’ayant élu par lâcheté, depuis cinquante ans, après Pompidou, que des présidents de la République aussi incapables les uns que les autres !

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