[Cinéma] Le Club des miracles, éloge de la compassion et du pardon

le club des miracles film

Fin des années 1960, en Irlande. La paroisse du village de Ballyfermot organise un concours de chant pour remporter des places au pèlerinage de Lourdes prévu prochainement.

Vieillissantes et voyant leur santé décliner, Lily et Eileen souhaitent vivement participer au voyage. Nettement plus jeune, la vingtaine seulement, Dolly se joint à elles avec l’espoir que sainte Bernadette fasse un miracle pour son fils qui, pour une raison inconnue, n’a encore jamais prononcé le moindre mot. S’ajoute au trio Chrissie, fraîchement revenue au village pour assister aux funérailles de sa mère qu’elle n’a plus revue depuis quarante ans ; époque où, en toute hâte, elle dut quitter l’Irlande pour les États-Unis afin de fuir un scandale…

Le retour de Chrissie au village ne se fait pas sans heurt ; les amies de sa défunte mère, Lily et Eileen, ne font pas mystère de leur rancœur à son égard. En dépit de cet accueil glacial et des reproches dont elle est la cible, cette réprouvée décide de participer au pèlerinage à leurs côtés, sous l’œil bienveillant du prêtre de la paroisse.

Sur place, à mesure que les quatre femmes vident leur sac, dévoilent chacune les remords qui les animent depuis des décennies et soulagent leurs consciences, un miracle se fait jour : le pardon, et peut-être également un renforcement des liens que l’on croyait à jamais distendus.

La quête du miracle

Avec Le Club des miracles, drame irlandais à petit budget mais au casting de luxe (Maggie Smith, Kathy Bates et Laura Linney), le cinéaste Thaddeus O’Sullivan livre un film modeste et juste à la fois, qui interroge notre rapport à la piété et notre capacité réelle à appliquer les préceptes chrétiens de compassion, de charité et de pardon. Valeurs fondamentales, constitutives de l’imaginaire intellectuel européen, sans lesquelles la participation à un pèlerinage ou à toute autre activité en lien avec la foi paraît bien vaine, pour ne pas dire cosmétique…

De là, évidemment, le regard désabusé qu’Eileen finit par porter sur la fameuse grotte des miracles en laquelle elle a fondé tous ses espoirs, ne comprenant pas que les plus grands prodiges de l’existence sont d’abord ceux dont nous sommes à l’origine et qui, parfois, consistent simplement à prendre soin de ceux qui nous entourent. En effet, imbuvable avec Chrissie, incapable d’empathie à son égard, Eileen mettra un temps fou à comprendre que le « miracle » doit venir d’elle.

Si l’individu ne peut pas toujours agir sur les plaies physiques, nous dit le film, il peut en revanche aider son prochain à soulager les plaies de son âme. Encore faut-il, pour cela, savoir l’écouter. « Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur », écrivait Bernanos.

Pour ce qui est de la grotte et de sainte Bernadette, le père Dermot a les mots justes : « On ne vient pas à Lourdes pour obtenir un miracle, mais pour trouver la force d’avancer quand il n’y en a pas. »

3 étoiles sur 5

Pierre Marcellesi
Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

2 commentaires

  1. Très beau film sur le sens du pardon, qui m’a personnellement beaucoup apporté. Nous étions malheureusement trois dans la salle, ce qui représente, hélas, le pourcentage de catholiques en France !

Commentaires fermés.

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