Editoriaux - People - Polémiques - Politique - 15 mars 2019

Christophe Castaner : enfin le macronisme à visage humain ?

Il y avait eu François Hollande à la une de Closer, en scooter et rue du Cirque, à l’occasion d’un de ses va-et-vient incessants chez Julie Gayet. Comme tout un chacun, Popaul a lui aussi le droit d’aller au cirque.

Christophe Castaner, lui, à défaut d’être le premier des Français, n’est pas le dernier des flics. Dans le rang protocolaire, il est, bien sûr, en dessous de son auguste prédécesseur. Mais quand l’un faisait la couverture d’un seul hebdomadaire à scandale, l’autre réalise le doublé : Closer et Voici. Et ce, en aussi galante compagnie. Pour Voici, elle se prénomme « Clara » ; à en croire leurs confrères de Closer, ce serait plutôt « Emma ». Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’Hélène, son épouse depuis 36 ans (version Closer) ou 25 ans (hypothèse Voici).

Que d’imprécisions… Que fait la police ? Et quid de l’appel du devoir ? Pour Christophe Castaner, c’était plutôt le devoir de la pelle, à la manière dont il embrassait goulûment « Clamma » ou « Era ». Et pas n’importe où, tel qu’il se doit.

Ainsi, et en la matière, ces deux célèbres gazettes concordent néanmoins sur le fil des événements : c’était le samedi 9 mars, au Noto, restaurant branché du VIIIe arrondissement parisien, juste au premier étage de la fameuse salle Pleyel. Le tout en compagnie de 150 happy few dont les portables dernier cri – pas loin d’un SMIC l’unité – ne demandaient évidemment qu’à être dégainés. Ce qui fut fait, et pas qu’un peu.

Là, point de poids des mots, mais surtout le choc des photos. Était-ce pour honorer la traditionnelle amitié franco-russe, mais Christophe Castaner avait un peu chargé le yack au niveau vodka. D’où de pétillants yeux vitreux, une démarche plus que chaloupée – même issus de chez Berluti, des souliers à bascule demeurent des souliers à bascule – et une chemise au col largement ouvert, histoire de faire un peu mieux circuler la chaleur humaine caractérisant ce méridional des plus expansifs. Un peu « kéké », tel que le murmure son entourage ? Ou tout juste un peu « konkon », à en croire le même entourage ?

Du coup, logique, monsieur le juge. Les mauvaises rencontres, la situation qui vous échappe, l’entourage malveillant : oui ! La pente fatale, monsieur le juge. Et c’est ainsi qu’on se retrouve à se trémousser sur Time of My Life, la chanson phare de Dirty Dancing, sorte d’acmé de la civilisation hollywoodienne. Les snobs objecteront que Christophe Castaner n’est pas tout à fait connu pour ses mœurs Grand Siècle. Mais lui, au moins, ne fait pas croire qu’il se rend chaque année à Bayreuth, tel un certain DSK.

Enfant un peu perdu, persécuté par un père militaire dont la fantaisie n’était pas au rang de ses qualités premières, notre ministre de l’Intérieur a plutôt été élevé à l’école de la rue qu’à celle de l’ENA. Joueur de poker aux fréquentations plus que limite, il n’hésite pas à confier, sur le plateau de Thierry Ardisson – l’autre grand moraliste qu’on sait -, que la belle Hélène l’aurait remis dans « le droit chemin ». À LCI, il avoue même : « J’ai la chance que mes filles aient une maman qui est hyper-disponible et me sécurise. »

« Disponible » ? Sûrement pas assez, à en croire ces clichés volés n’en finissant plus d’agiter le Landernau politico-médiatique. Qui le « sécurise » ? Que ce soit au Noto ou dans les « quartiers », la lutte contre l’insécurité ne paraît pas être encore tout à fait gagnée.

Pour le moment, Élysée et Matignon lui conservent une totale confiance. Personne n’y croit, mais c’est ainsi qu’on dit quand on ne peut pas dire autre chose. Après, cette affaire est-elle finalement si grave ? En va-t-il de l’abaissement de la France dans le monde ou de sa possible perte d’un précieux siège au Conseil de sécurité de l’ONU ? Foutre que non. Un tel épisode pourrait-il même aider à rendre ce gouvernement de start-uppers un peu plus humain ? Foutre que oui. Ça doit être le syndrome Jean-Vincent Placé.

Après, libre au lecteur et à l’électeur de préférer Aurélien Taché ou Aurore Bergé.

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