Une information relayée par Le Monde : Chems-Eddine Hafiz, recteur de la grande mosquée de , annonce, ce lundi 28 décembre, qu’il se retire du projet de « Conseil national des imams » (CNI), voulu par l’Élysée et confié au Conseil français du culte musulman (CFCM). Il dénonce l’influence de « la composante islamiste » au sein de ce dernier. « J’ai décidé, écrit-il dans un communiqué, […] de ne plus participer aux réunions qui visent à mettre en œuvre le projet du “conseil national des imams” et de geler tous les contacts avec l’ensemble de la composante islamiste du CFCM. »

Ce grain de sable vient gripper le projet élyséen de lutte contre l’ dit « radical » et les « séparatismes ». Amené à grand renfort de propagande lors du long discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux, le 2 octobre dernier, il était synthétisé sur le Facebook présidentiel : « Le problème, c’est le islamiste […] Le problème, c’est cette idéologie, qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République », affirmait alors le Président – et c’était bien une nouveauté par la voix de nos élites de gouvernement –, tout en reprenant ce vieux mirage concordataire : « La nécessité de libérer l’islam en France des influences étrangères […] La volonté de protéger les responsables des mosquées des prises de contrôle hostiles par des extrémistes […] former et promouvoir en France une génération d’imams et d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République. »

Le « problème », comme disait le Président, est que, trois mois après, la prise de position de Chems-Eddine Hafiz démontre que le ver reste dans le fruit, et peut-être en son cœur. Qu’avons-nous vu, depuis ce 2 octobre et ce discours qui semblait impulser les conditions légales du combat nécessaire ? Où en sont les « dispositifs anti-putsch » qui se devaient d’être créés, selon l’annonce du Président, pour démontrer à tous « la République en actes » ?

L’attaque au hachoir contre les membres de la de production Premières Lignes, le 25 septembre, en plein procès Charlie, avait peut-être accéléré la prise de conscience présidentielle d’une urgence et son initiative des Mureaux. Mais, le 16 octobre : décapitation de Samuel Paty par un Tchétchène, après un cours sur la laïcité, conformément aux directives de l’ nationale ! Le 29 octobre, assassinat de trois paroissiens catholiques dans la basilique de Nice par un Tunisien clandestin. « Signaux forts », témoignant de l’influence des prédicateurs radicaux, ici ou dans leur pays d’origine, sur de musulmans étrangers prêts à tout pour imposer leur vision de l’islam sur notre sol.

Mais d’autres faits, certes moins tragiques, témoignent, à leur niveau, d’un combat civilisationnel engagé et de la volonté de certains d’imposer la charia au mépris de la d’autrui. Des « signaux faibles », comme ces injonctions et ces menaces faites à des musulmans par d’autres musulmans qui fêteraient par tradition Noël ! Exemple emblématique du joueur égyptien de Liverpool Mohamed Salah dénoncé comme un « vendu » sur les réseaux sociaux ; suivi – est-ce un hasard ? – de l’agression d’Ilham, jeune Belfortain de 20 ans, pour le même motif. Nous avons là les manifestations d’un communautarisme islamique intolérant en action, qui se nourrit de fatwas et de préceptes lancés sur le Web depuis l’étranger par des prédicateurs reconnus de l’oumma sunnite.

En claquant courageusement la porte du projet de CNI, Chems-Eddine Hafiz lance à son tour l’alerte, pointant le travail de sape de « la composante islamiste au sein du CFCM, […] liée à des régimes étrangers hostiles à la France » dont le seul but – évidemment caché – est de bloquer le processus d’assimilation nécessaire des musulmans dans un « islam de France » accordé à nos codes et à nos lois. Fausse route pour l’État macronien, donc !

Entre bonne foi des uns et « actions qui cherchent à diviser la communauté nationale et à séparer les Français de confession musulmane de leur société », le résultat de ce combat, interne aux musulmans, sera déterminant pour l’avenir proche de notre nation.

30 décembre 2020

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