Cantine, Noël : à Agen, la gauche s’attaque aux familles des écoles catholiques

Par des mesures financières créant des ruptures d'égalité majeures entre enfants scolarisés dans le public et le privé.
cantines

La gauche idéologique est de retour, et elle n'est pas seulement LFI. La preuve par Agen, où une liste de gauche unie PS-PS-Verts-LFI-Place publique (personne ne pourra dire qu'il n'est pas coupable...) a remporté la mairie, en mars dernier, dans le cadre d'une triangulaire, c'est-à-dire sans majorité absolue, avec seulement 39 %, contre 34 % au maire sortant centriste et 26 % au RN. Une situation qui conduit d'ordinaire le vainqueur à laisser au vestiaire ses tenues les plus clivantes pour adopter une politique plus consensuelle. Mais à Agen, il n'en est rien et la nouvelle municipalité, conduite par l'avocat Laurent Bruneau, a décidé de déterrer la hache de la guerre scolaire. Franchement maladroit, dans un département connu pour son passé politique radical très anticlérical (voir Sardou et ses Deux Écoles : « Dans le Lot-et-Garonne, on bouffait du curé »). Et encore plus maladroit, quand cette guerre a pris pour cible les enfants scolarisés dans les écoles catholiques de la ville, dans une ville d'Agen traumatisée, il y a tout juste trente ans, par la disparition de la petite Marion et, ces jours ci, par le meurtre de Lyhanna, Fleurance n'étant qu'à 40 km. C'est donc cette « ville amie des enfants », selon le label UNICEF qu'elle arbore depuis 2006, qui a choisi de les discriminer selon leur scolarisation dans le public ou le privé.

Le prix de la cantine : scandale agenais... et national ?

L'une des premières mesures de la nouvelle municipalité de gauche, ultra-idéologique, a donc été de baisser le prix de la cantine d'un euro dans les écoles publiques. Dans les écoles publiques, et les seules écoles publiques. Dans la lignée de l'idéologie du tout gratuit pour tous défendu par la gauche pour les transports, le CROUS, etc. Une position qui devrait déjà être questionnée sur un plan de responsabilisation financière et d'équité, comme le fait à Paris l'opposition de droite à Emmanuel Grégoire qui vient d'annoncer la gratuité des cantines pour 17.000 familles.

Dès ce vote, à Agen, l'opposition municipale et les familles des enfants scolarisés dans le privé se sont émues de cette rupture d'égalité, faisant apparaître au passage que cette inégalité préexistait et était encore aggravée par la mesure ! En effet, les repas pour les enfants, d'un coût réel évalué à environ 10 euros (et l'inflation qui vient ne va pas l'atténuer), sont déjà largement subventionnés par l'argent public (commune et État, si la commune est entrée dans le dispositif « cantines à 1 € », ce qui n'est pas le cas d'Agen, qui propose déjà un tarif à... 0,90 € !), c'est-à-dire par les impôts de TOUS les contribuables, y compris les parents d'élèves du privé ! Or, dans le privé, ce coût réel, plutôt de l'ordre de 6-7 euros, est quasi intégralement assumé par les familles. Des familles soumises à la triple peine ! Faut-il, en outre, préciser que dans un département comme le Lot-et-Garonne (et c'est valable pour bien d'autres départements), les familles du privé sont loin d'être des privilégiés, comme le suppose la gauche. Cette hargne idéologique de la gauche agenaise aura peut-être le mérite de faire émerger, au niveau national, le scandale de cette discrimination des frais de restauration entre enfants du public et du privé, d'autant que la même discrimination se retrouve dans le secondaire, pour les collèges et lycées, où la restauration est gérée par les conseils départementaux et régionaux selon les mêmes principes. Pour une famille avec plusieurs enfants scolarisés, cette discrimination, accentuée par la gauche, commence à coûter très cher (plusieurs centaines d'euros par an). En cette période de précampagne présidentielle et sénatoriale, les parents, les contribuables, et particulièrement ceux de l'enseignement privé, mais aussi les responsables d'OGEC (organismes de gestion de l'enseignement catholique), ont tout intérêt à ouvrir ce dossier et à interpeller les élus et les candidats.

La municipalité d'Agen multiplie les mesures discriminatoires contre le privé !

Mais la mairie d'Agen ne s'est pas contentée d'accentuer la discrimination entre enfants du public et du privé pour le prix de la cantine. Elle a décidé - sous prétexte d'économies ! - de supprimer plusieurs aides et avantages accordés aux élèves de l'enseignement privé, comme des subventions non obligatoires ou - quel symbole...- les spectacles de Noël ! De quoi susciter la révolte de familles, déjà sous le choc. Une colère relayée par Clémence Brandolin-Robert, chef du groupe d'opposition municipale « Agen au cœur » qui, dans un communiqué, dénonce « l'idéologie avant l'intérêt des enfants ». Un combat partagé par les élus de la liste RN par la voix de Pia Landrin qui, il y a quelques jours, proposait une alternative à cette mesure discriminatoire : « Pourquoi ne pas proposer un chèque-repas ? Qui pourrait, par exemple, bénéficier aussi aux enfants en Unité locale d’inclusion scolaire, qui ne sont pas forcément Agenais. » Les deux oppositions de droite, fortes de leurs 61 %, mèneront le combat au conseil municipal, ce lundi 8 juin.

Ceux qui commencent à diffuser la petite musique d'une gauche au pouvoir qui serait, après tout, un moindre mal et qui nous éviterait même la guerre civile devraient regarder de plus près le laboratoire de la gauche unie agenaise, de Glucksmann à Mélenchon, avec sa drôle de conception de l'égalité, des discriminations et son souci des enfants et des familles à géométrie variable.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 08/06/2026 à 21:31.
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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

51 commentaires

  1. « baisser le prix de la cantine de un euro » NON !
    « baisser le prix de la cantine d’un euro »

  2. Par ailleurs, ne pas oublier que tous les contribuables payent l’école public et en plus l’école privé. Par choix mais aussi, souvent pour bénéficier (enfin) d’un enseignement non politisé et de qualité ce qui est devenu tellement rare dans le public !

  3. Mais, où est donc passée l’égalité du citoyen devant la loi ? Quid du Liberté, Égalité, Fraternité ?
    Décidément, cette gauche n’est plus que discrimination. En perte de vitesse elle devient ennemie du prochain.

  4. Quand on ne veut pas de l’alliance des droites (61% à Agen) c’est la gauche qui gouverne !
    S’il y a un deuxième tour à la présidentielle, la gauche même extrême passera. C’est pour ça qu’il est très important de voter Bardella (le mieux placé à droite) dès le premier tour.
    Il n’est pas mon premier choix mais c’est ce que je ferai. Je ne veux pas que la gauche ou le centre mou abîme mon pays cinq ans de plus !

  5. À force de voter à gauche, faut pas s’étonner que le boomerang leur revienne en pleine figure.

  6. Laissons les cancres entre eux, le principal est que les écoles privées enseignent toujours!!!

  7. Les gauches, allant du rose pâle au rouge vif en passant par le vert-de-gris, voient « l’école catholique » comme une fabrique de « fachos » !
    Ils oublient que l’école de la République, aux mains de la gauche depuis des décennies, n’est plus qu’une fabrique de décérébrés « socialo-communiste » !

  8. L’école privée, la bête noire de la gauche. Pourtant les parents payent deux fois : dans leurs impôts et pour l’école. Dans leur obscurantisme, ils ne savant pas que les écoles privées ne sont pas des écoles à riches !?
    Et (si) c’est toujours exact, la scolarisation est payante selon les revenus ….

  9. Il faut savoir ce que l’on veut. Il y a eu un suffrage universel. Alors, respectons les urnes. Tant pis pour ceux qui ont voté socialo et dommage pour ceux qui n’ont pas voté socialo. C’est celà la démocratie! Ils n’ont qu’à attendre 6 ans pour renverser ou non la table.

    • Et le jour où ils nous demanderont de sauter par la fenêtre il faudra attendre 6 ans aussi pour les arrêter ?

  10. La Gauche sectaire dans toute sa splendeur !
    Plus j’en découvre les méfaits et plus je la déteste…

  11. Ils ont voté à gauche, tant pis pour eux. Que la droite se batte pour faire respecter ses droits.

    • La droite est molle et a toujours le cul entre deux chaises, à force de vouloir faire «barrage à l’esstrême drouaaate». C’est de sa faute si on en est là, ses électeurs ne peuvent s’en prendre qu’à eux mêmes. Ce qu’il faut c’est le RN, c’est tout.

  12. Avec la gauche au pouvoir il faudrait s’attendre non seulement à de la discrimination mais aussi et surtout à une forte intolérance laquelle se manifeste déjà : cf ces français moches, le racisme anti-blancs, l’antisémitisme, etc.

    Quant aux naïfs qui applaudissent des deux mains Mélenchon , ils risquent fort de déchanter lorsque sa politique totalitaire sera appliquée. On sait où cela conduit. Il suffit d’observer l’évolution des pays d’Amérique du sud tant admirés par Mélenchon où la pauvreté et la chienlit règnent.

  13. C’est la gauche, elle se mèle de tout et surtout de tout ce qui fonctionne bien, pour bordèliser et imposer ses règles. Français reveillez vous…

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