Il est parfois des faits divers dont on se demande s’ils ne sont pas forgerie médiatique, tant ils ont valeur emblématique.

Ainsi, Politis, hebdomadaire fondé par Bernard Langlois, fondateur de l’association ATTAC, à l’origine « antimondialiste » avant de se déclarer « altermondialiste » (ce qui est plus prudent, en ces temps populistes), se trouve-t-il aujourd’hui au cœur d’une affaire des plus sordides. Récit.

Gilles Wullus, rédacteur en chef du journal en question, file le parfait amour avec Azzedine Jamal, son mari avocat. Seul problème, mari il est ; avocat, un peu moins, tel que le révèle le site StreetPress, tout aussi de gauche que Politis. Ce qui ne l’empêche pas de se faire passer pour ténor du barreau ; mais pour faire quoi ? Plumer des immigrés clandestins – pardon, des « sans-papiers », pardi. Au pays enchanté de la gauche humaniste, voilà qui fait tout de même un peu désordre.

En tout, 79 candidats à la régularisation auraient été escroqués, deux ans durant et à raison de sommes allant de 5.000 à 9.000 euros par dossier. Pas mal, sachant qu’une telle prestation est généralement facturée autour des 1.500 euros. Résultat : le parquet de Bobigny doit désormais instruire quatre plaintes pour « usurpation de la qualité d’avocat, escroquerie et travail dissimulé ».

Cité par Le Point, « le couple assure qu’il souhaite simplement aider des personnes en situation irrégulière et Azzedine Jamal s’est défendu d’être un escroc et assure n’avoir jamais usurpé le métier d’avocat ». Vraiment ? Cette fois interrogé par , Gilles Wullus prétend : « J’ai découvert au fil de l’eau que des choses n’allaient pas. Mais c’était surtout de la mauvaise gestion. Il a pris trop de clients. Je suis certain qu’il voulait aller au bout de ses dossiers. »

Plus problématique, le mari abusé est aussi le curateur de son époux, Azzedine Jamal, atteint de « troubles psychiques ». À propos de « trouble », c’est la rédaction de Politis qui connaît maintenant quelques vapeurs, tel qu’en témoigne ce communiqué : « La des droits des personnes migrantes et sans papiers fait partie des combats que notre journal mène depuis son origine. Nous connaissons trop la précarité de leur situation, que nous avons souvent documentée dans nos colonnes depuis plus de trente ans, pour ne pas nous sentir solidaires de ces victimes face à la dureté des gouvernements et des profiteurs de tout acabit. »

Il est vrai que notre France moisie est pleine de ces « profiteurs » malfaisants, toujours prêts à s’engraisser sur la misère du monde. Finalement, et à y mieux penser, la rédaction de Politis devrait rendre grâce aux militants dissous de qui, en refoulant ces pauvres hères aux frontières, les empêchaient au moins de se faire gruger par des aigrefins sans scrupules.

Et Gilles Wulus, dans tout ça ? Son couple modèle est menacé et son travail aussi, ayant été obligé de se mettre en retrait de ses fonctions directoriales. Dommage, pour cet ancien de Libération, quotidien où il douze ans durant ses culottes progressistes avant de diriger Têtu, le magazine homosexuel bien connu. Une sorte de vigie morale, donc.

Heureusement, Politis continue le combat : « En une de notre premier numéro, le 21 janvier 1988, nous affirmions que « la France manque d’immigrés ». Nous continuerons sans relâche notre travail d’information pour que les droits de toutes et tous puissent être respectés, et leurs cris de détresse entendus. »

Pour ce faire, il faudra peut-être continuer de les protéger de la régnante de leur propre journal ?

21 juillet 2021

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