À l’heure où Emmanuel décidait la fuite en avant de sa « stratégie » sanitaire avec toujours plus de restrictions, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’envolait pour les États-Unis afin de recevoir un prix : celui du Distinguished Leadership Awards décerné par l’Atlantic Council.

Puis l’ancien ministre d’Angela Merkel a remis à son tour le prix du « Leader of Business » au PDG de Pfizer Albert Bourla ainsi qu’à Özlem Türeci et Uğur Şahin de BioNTech, pour « célébrer les personnes exceptionnelles qui relèvent les défis extraordinaires d’aujourd’hui ». Dans une vidéo qui a beaucoup circulé, on la voit montrer toute sa familiarité avec ces dirigeants des géants pharmaceutiques. Les réseaux sociaux se sont gaussés, parfois bien lourdement, sur cette accolade scintillante et pailletée. Le fait marquant n’est évidemment pas celui-ci, mais plutôt le discours que la présidente de la Commission européenne leur a tenu : « Cher Özlem Türeci, cher Uğur Şahin, grâce à vos découvertes sur l’ARNm, vous avez sauvé des millions de vies. Rien de tout cela n’aurait été possible sans votre dévouement, votre prise de risques et votre passion incroyable. Félicitations. Et merci. La technologie évolue rapidement, les forces économiques changent. Nous voulons diversifier les chaînes d’approvisionnement et renforcer la résilience. […] Cette année nous a rappelé que nous devons défendre la démocratie tous les jours. […] Certains États membres remettent en cause les principes démocratiques fondamentaux de l’Union européenneE. Il est temps de défendre nos valeurs. […] Ensemble, écrivons des règles modernes pour l’économie mondiale. »

Un propos pas complètement sanitaire, donc. Mais qu’est-ce que l’Atlantic Council ?

Ce think tank américain fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale a pour mission de « façonner ensemble l’avenir du monde » par « les articles qu’il publie, les idées qu’il génère, les futurs dirigeants qu’il développe et les communautés qu’il construit ». Un de levier d’influences, de lobby à l’échelle planétaire. Il est fort instructif de jeter un œil à ses objectifs.

Au chapitre Diversité, équité, inclusion, l’Atlantic Council s’engage « à renforcer une culture qui célèbre la diversité, aspire à l’équité et élimine les obstacles dans la poursuite de l’inclusion. Seule une organisation qui reflète le monde qui l’entoure – et qui reconnaît les inégalités historiques, les structures et les préjugés qui les perpétuent à ce jour – peut travailler à démanteler ces obstacles au progrès et, ainsi, aider à façonner un avenir mondial meilleur et plus juste. Notre mission est mondiale, mais notre travail commence chez nous. »

Les inégalités historiques, les structures et les préjugés : le think tank entend-il par là les identités nationales, les racines historiques, le substrat civilisationnel qui fondent et cimentent les nations européennes ? Sans doute ce qu’il faut combattre pour « un avenir mondial meilleur et plus juste ».

Au chapitre « relations avec les médias », l’organisme explique : « Nous aidons à façonner la conversation publique sur les problèmes mondiaux en travaillant avec un large éventail de aux États-Unis et dans le monde. » On vous laisse tirer les conclusions sur l’indépendance et la liberté de « ce large éventail » de la presse mondiale.

Ici, nous nous contentons de citer les propres éléments de langage d’un monde ouvertement clos et élitaire, qui nous veut tant de bien. Il est, bien sûr, frappant de voir avec quelle aisance la présidente de la Commission européenne évolue dans cet univers qui est le sien. Et touchant d’observer à quel point ces cercles influents non élus sont si attachés à nous préparer « un avenir mondial meilleur et plus juste ».

13 novembre 2021

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