Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire
"Personne n’a de leçons à vous donner. Quand on a des frontières, on doit les défendre."
Si le Président et son monde pensent avoir gagné et maîtriser la situation, bien des Français sont nettement plus inquiets pour la suite.
Emmanuel Macron enregistre des baisses spectaculaires dans des électorats qui avaient assuré sa victoire : les retraités (-13 %) et les électeurs LR (-17 %) !
On pourrait croire que le combat contre les "fake news" est, de tous, le plus louable. Mais il doit faire, lui aussi, l'objet d'un décodage car il a ses limites et ses partis pris.
Trop forte, cette femme, trop forts, ces gilets jaunes qui assurent une com' après-vente gratuite au président de la République…
Or, on y voyait plus clair avec le réquisitoire de Jacline Mouraud en octobre qu'avec la trouvaille de Jacqueline Gourault en février...
Le total des voix de droite (RN+DLF+LR) est de 35 %. À comparer au total des mêmes formations lors de la présidentielle de 2017 où Marine Le Pen, François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan totalisaient alors 45 % !
Récupérés par l'extrême gauche, salis par des antifas violents et des radicalisés antisémites, ils se sont coupés de leur élan initial et du soutien des classes moyennes.
Bien des internautes sont revenus sur sa double condamnation...
L'omelette réalisée avec les œufs cassés de ces quarante dernières années règne à l'Élysée, à l'Assemblée, au Conseil constitutionnel…
Les gilets jaunes ont eu raison d'être patients et de revenir tous les samedis : excellente pédagogie pour notre laborieux ministre.
Tous les commentateurs le disent : Emmanuel Macron n'est jamais aussi fort que quand il est en campagne.
Le temps qui passe n'est pas l'ennemi des gilets jaunes mais leur plus sûr allié, désormais.
La bataille n'est plus celle du nombre. Désormais, la bataille est celle de l'image, de la communication et du récit.
On devrait relire le dernier tome du Livre du Graal en prose, La Mort du roi Arthur. On y croise des fées et des vavasseurs…
Emmanuel Macron est allé chercher un peu de lumière et de légitimité auprès de deux rares institutions qui en avaient encore, en les instrumentalisant.
Il est donc temps de mettre sur la table et dans les cahiers de doléances la question de l'aide à la natalité pour la France rurale et périphérique.
C'est LE slogan que l'on entend dans toutes les manifestations, sur tous les tons et dans tous les niveaux de langue.
...la droite LR, suicidaire, s'est enfoncée dans un conformisme craintif qu'elle croit être de la responsabilité.
Le pays déboussolé cherchera une solution pour faire oublier les erreurs de ce trop jeune Président dont l'arrogance aura mis le feu.
La crise des gilets jaunes a ramené les esprits et les dirigeants de la fin du monde à la fin du mois.
Olivier Beaumont, dans Le Parisien, signe un bel épisode des aventures de ce nouveau magicien : « Gilets jaunes : et si Emmanuel Macron en profitait ? »
On se souvient des célèbres vœux de De Gaulle en 1967 : "Que sera 1968 ? L'avenir n'appartient à personne et je ne le prédis pas."
Le printemps 2019 prendra-t-il des airs d'avril 1969 ?
Cette opposition binaire comporte un grand non-dit, toujours le même : celui de l'immigration.
Les images font peur : l'exécution du mannequin représentant Emmanuel Macron à l'issue d'un procès et d'une mise en scène à Angoulême...
Mais cette convocation arrive aussi au moment où le ministre de l'Éducation veut renforcer le devoir de réserve des enseignants.
Pas étonnant, dès lors, que le cri de révolte du peuple des ronds-points, qui a pendant des semaines reçu le soutien ou au moins la compréhension de l'opinion, ait bénéficié à Marine Le Pen.
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