Paris en feu, le Président fait du ski…

Les images sont, de nouveau, terribles : des boutiques vandalisées et pillées, des immeubles et un kiosque en feu, des centaines d’antifas et de Black Blocs s’en prenant aux biens et aux forces de l’ordre. Ce 16 mars 2019, il y avait le feu sur les Champs-Élysées. Un regain de violence et de mobilisation inattendu, disent les gazettes.

Mais inattendu par qui ? Par Christophe Castaner, qui pensait pouvoir fêter la fin du mouvement en se laissant aller en discothèque ? Par le Président Macron, qui faisait savoir qu’il prenait une parenthèse de détente ski à La Mongie ? Comme pour signifier un repos bien mérité après ces deux mois où il avait mouillé la chemise dans des débats censés éteindre la colère ? Comme pour prendre une revanche et effacer ces souvenirs de décembre où il avait été contraint d’annuler ses vacances à la montagne ?

En disant cela, on mesure à quel point le pouvoir, qui n’a rien vu venir avant, est toujours victime du même aveuglement. Ils ont pris leurs désirs pour la réalité en pensant que les choses étaient terminées, que le mouvement faiblissait en une lente mais sûre décrue. Enfermés dans leur grille de lecture, ils pourront encore se dire que cet acte XVIII était un baroud d’honneur, vu les déclarations d’Éric Drouet.

Mais ils auraient tort de ne pas tenir compte, une fois encore, de trois données. D’abord, les problèmes de fond qui ont mis le feu aux poudres demeurent : pouvoir d’achat, impôts, hausse des carburants, multiplication des taxes. Ensuite, les fautes de communication du pouvoir ne sont pas moindres : Castaner ivre en boîte, Macron au ski, ça ne passe pas plus en mars qu’en décembre. Le saccage du Fouquet’s, quelque part, est une réponse à cette légèreté de nos gouvernants. Enfin, il y a, en mars, des exigences, des colères qui se sont, quoi qu’on en pense, radicalisées : les blessés, les morts, les tirs de LBD, la morgue d’un Castaner, cela fait désormais partie de la mémoire des gilets jaunes et ne s’effacera pas facilement.

Et puis les mêmes questions demeurent : comment 1.500 Black Blocs violents peuvent-ils continuer à sévir ?

Il faudrait, pour affronter la situation, un pouvoir lucide, habile, ultra-prudent et, surtout, vierge par rapport à ce mouvement. Tout ce que ce pouvoir n’est pas. Emmanuel Macron a refusé la réponse politique qu’aurait apportée une dissolution, un référendum ou une démission en décembre. Il assume, aujourd’hui, une situation encore plus dégradée. Si le Président et son monde pensent avoir gagné et maîtriser la situation, bien des Français sont nettement plus inquiets pour la suite.

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