Editoriaux - Union Européenne - 12 mars 2019

Assemblée parlementaire franco-allemande : première session

L’Assemblée parlementaire franco-allemande, née du traité d’Aix-la-Chapelle, va siéger pour la première fois à Paris le 25 mars. Je rappelle qu’elle est constituée de 100 parlementaires, soit 50 pour chaque pays. Elle se réunira deux fois par an alternativement en Allemagne et en France.

Pourquoi pas à Strasbourg, ce serait plus symbolique et opportun, compte tenu de ses premières missions ?

Sans parler d’égalité – j’entends des sexes –, la sélection des 50 députés tricolores n’apparaît pour le moment pas très claire. « Ces parlementaires sont désignés par leurs assemblées en début de législature. Reflet des groupes politiques présents et des majorités constituées au sein de leurs entités, les députés doivent assurer une représentation équilibrée des commissions et des différents domaines politiques. »

Est-ce à dire que tous les partis – formant un groupe, ou non – sont représentés et dans quelle proportion ? Mathématique politique très compliquée ou renaissance anticipée de la proportionnelle ? Cependant, l’urgence de la date voudrait que ces choix soient déjà faits et mis à la connaissance des citoyens, épris plus que jamais de démocratie.

En second lieu, quel sera l’ordre du jour de cette réunion inaugurale ? Discours amicaux et congratulations en deux langues, créations de commissions, attributions de fonctions : la chaîne parlementaire devrait nous l’apprendre à défaut des JT, désormais branchés drapeau vert au croissant rouge, en plus des éternels gilets jaunes.

Ce nouveau noyau parlementaire européen ne sera-t-il pas un franc-tireur concurrençant le Parlement de Strasbourg ? Que non, dit-on. « Elle aura pour rôle de veiller à la bonne exécution des décisions du Conseil des ministres franco-allemand et de porter dans les Parlements nationaux les lois utiles à une meilleure coopération entre les deux pays », nous explique Sabine Thillaye, la présidente de la commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale.

Cependant, d’autres objectifs lui sont fixés, en particulier la sécurité et la convergence économique. Vaste programme dont les terrains d’expérience seront les régions transfrontalières. « En utilisant le levier régional, on peut redonner au couple franco-allemand une fonction de laboratoire de l’intégration européenne. » Là, c’est à la fois plus clair et plus ambitieux pour la suite.

Enfin, la détermination est explicite, qui dit : « Relever les défis de la sécurité ensemble n’implique pas seulement le développement d’une culture stratégique commune mais aussi de mieux se coordonner au niveau des Nations unies. »

La France et l’Allemagne assises ensemble, ou alternativement, sur le même siège au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est le sujet polémique qui émerge et agite les rédactions expertes.

Mais le fond est bien la défense commune et sa réalisation hors la tutelle de l’OTAN qui continue de désigner un ennemi potentiel au-delà de l’Oural, malgré la dissolution du pacte de Varsovie il y a bientôt trente ans !

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