Armées - Editoriaux - International - Politique - 20 janvier 2019

Relations internationales : vers un nouvel axe Paris-Berlin ?

La saga des débats occulte un tantinet les autres actualités, pourtant aussi importantes !

Ainsi, les vœux du Président aux armées, jeudi dernier à Toulouse, ont été totalement oubliés du JT de 20 heures de la chaîne publique France 2. Mais également des chaînes d’info dite en continu. Il est vrai que la base de Francazal a moins de gueule que le Charles-de-Gaulle, lequel a toutefois été évoqué par le Président lors de son long discours pour l’éminente capacité de projection de nos forces qu’il permet dans le monde entier !

Cependant, des initiatives et faits essentiels pour la France avancent derrière les nuées jaunes et la fumée des grenades.

Une solennelle rencontre va avoir lieu dans la ville historiquement très symbolique d’Aix-la-Chapelle, mardi 22 janvier, qui va concrétiser un nouveau traité bilatéral franco-allemand, 56 ans exactement après celui de réconciliation signé entre de Gaulle et Adenauer en 1963.

Après les avancées dans le domaine de la défense actées par les ministres en charge, en décembre dernier, portant sur le développement conjoint du SCAF (Système de combat aérien futur) et d’un char de combat, un autre rapprochement va également se concrétiser entre les Parlements des deux pays.

En effet, les présidents des chambres respectives ont entériné, en novembre, l’idée d’une assemblée franco-allemande composée de cent députés à égalité. Et qui devrait se réunir deux fois par an, alternativement de part et d’autre du Rhin. Ils n’ont pas précisé encore dans quelle langue se tiendraient les sessions, ni si la parité si chère à notre nation serait strictement appliquée, mais l’accord définitif qui doit intervenir ce mois-ci nous éclairera sans doute sur ces essentielles précisions protocolaires autant que démocratiques.

Je reviens sur le nouveau traité qui raffermit encore la relation trans-Rhin. Si Charlemagne, en sa dernière demeure de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle doit s’esbaudir de cet élargissement, le signataire français du précédent, qui voyait l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, peut éprouver un tout autre sentiment…

Que pourrait penser, en effet, le général de Gaulle, créateur de la Force de dissuasion, de cet extrait de l’article 4 du prochain accord stipulant, quant à la sécurité des deux États : “Ils se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires.”

Par tous les moyens !

La France – seule en Europe après le probable Brexit – dispose d’armes nucléaires stratégiques et tactiques. Peu de temps après l’élection du Président Macron, à l’occasion de sa visite d’un SNLE (sous-marin lanceur d’engins), je posais déjà cette question : “Le parapluie nucléaire français protège-t-il aussi l’intégrité de nos alliés européens ?” sans trouver, à l’évidence, de réponse.

Aujourd’hui, cette lourde hypothèse émerge encore plus gravement autour du nouvel axe Paris-Berlin.

Le propre de la dissuasion n’est-il pas de le faire savoir aux potentiels ennemis ? Et par là-même aux Germains, nos futurs cousins.

À lire aussi

Chic, une élection où l’on peut oublier le vote blanc !

Les longs panneaux d'affichage montés devant les mairies et bureaux de vote, tels une mura…