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Editoriaux - Polémiques - 12 mars 2020

Après Renault, Louis Schweitzer au chevet des animaux

On le croyait reparti sur une lointaine planète, ce sosie d’E.T., et voici qu’à 77 ans, nous revient avec un livre dont il fait actuellement la promotion, Faut-il arrêter de manger de la viande ? L’ouvrage étant édité chez Pour les nuls, personne ne pourra se plaindre de ne pas avoir été prévenu.

Il faut dire que l’homme préside, aujourd’hui, la Fondation droit animal, éthique et sciences, visant à améliorer la condition animale en transposant juridiquement les nouvelles connaissances scientifiques. L’organisme a, par exemple, lancé, en décembre, le premier étiquetage sur le bien-être animal : « Rien que pour un poulet, nous sommes parvenus à 220 critères pour mesurer le bien-être tout au long de sa vie… »

Cela confirme que la sensibilité (pour ne pas dire la sensiblerie) augmente avec l’âge, parce qu’aux temps où il dirigeait Renault, les salariés de Vilvorde n’ont pas le souvenir d’avoir vu, avant la fermeture du site, leur émotivité aussi finement disséquée par leur patron. Si peu, d’ailleurs, que la justice belge condamna Schweitzer à 10 millions de francs belges de l’époque (1,6 million d’euros) pour non-respect de son droit social. Fâcheux, pour un socialiste inventeur du CV anonyme !

Plus tard, ce sera la Justice française qui le condamnera avec six autres prévenus dans l’affaire dite des « écoutes de l’Élysée ». En 2008, la Cour de cassation rejeta leur pourvoi, confirmant les condamnations avec des attendus sans ambiguïtés : acteurs de « faits illégaux relevant d’un système institutionnalisé », ces gens ont « jeté le discrédit sur l’ensemble de la fonction publique civile et militaire […] au seul profit d’intérêts particuliers n’excluant nullement leurs propres intérêts de carrière ».

Mais sous ses chouettes airs (ça y est, je l’ai placée…), l’ancien directeur de cabinet du Premier ministre Laurent Fabius sera dispensé de peine : à ces altitudes, la rhubarbe et le séné s’échangent entre gens du même monde.

Bien sûr, avec un tel CV – pas anonyme du tout, celui-là -, il était normal que le calamiteux Chirac propulsât le personnage à la tête de la HALDE, Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Las ! en 2010, la Cour des comptes épinglait durement cette boussole morale de la République pour son « absence de contrôle », ses « marchés à la limite de la légalité » et son « opacité dans les opérations financières ». L’année suivante, la HALDE était dissoute.

La vocation tardive de Louis Schweitzer pour la défense des animaux a peut-être une explication : ils ne peuvent pas porter plainte…

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