[ANIMAUX] On n’arrête pas le progrès : voici le zoo… sans animaux !

Créé par l’association belge GAIA, cet ersatz de zoo s'installe dans la capitale belge pour quelques mois.
© zoodufutur.be
© zoodufutur.be

Ce 9 septembre ouvre, à Bruxelles, le « zoo du futur » : un zoo « sans vitres, barrières ni cage ». Et - la précision a son importance - sans animaux non plus. L’idéologie animaliste ressemble parfois à une histoire belge.

« Promenez-vous dans des paysages grandeur nature où les éléphants déambulent, les singes se balancent et la jungle s’anime tout autour de vous »invite le site dédié à l’événement. Cette « aventure feel-good, immersive, amusante et respectueuse des animaux » se fait grâce à un casque de réalité virtuelle. Les animaux « marchent, volent ou nagent comme s’ils étaient vraiment là ». On frôle l’autosuggestion. Cet ersatz de zoo est créé par l’association belge GAIA, animaliste et vegan.

Pas d'animaux en chair et en os

Une démonstration du procédé avait déjà eu lieu, durant l’été 2023. La présidente de GAIA, Ann De Greef expliquait clairement le projet : faire coexister les zoos traditionnels et les zoos virtuels pour que, à terme, ces derniers sonnent le glas de « la captivité des animaux sauvages ». Expérience parallèle tentée en France, l’hiver dernier, par le parc animalier de La Barben (Bouches-du-Rhône). Il proposait casques de réalité virtuelle et film à 360° pour se laisser approcher « de très près par des ours polaires et autres espèces boréales ».

La dématérialisation animale est à la mode. En 2022 a ouvert, à Brisbane en Australie, un zoo constitué d’animaux en hologrammes (images en trois dimensions). Pas du virtuel, selon Hologram Zoo : « La réalité virtuelle implique le port d'écrans sur les yeux […]. Les hologrammes, quant à eux, représentent une technologie totalement différente où les objets semblent flotter dans le monde réel. » On joue sur les mots. Le résultat s’apparente davantage à un jeu vidéo ou à un film qu’à une visite au zoo. Car dans ce « zoo » ne manquent même pas les dinosaures, façon Jurassic Park.

Vers la fin des zoos ?

Idem dans les cirques, où les animaux seront interdits à partir de l'année prochaine. En Allemagne, le cirque Roncalli a banni les animaux, sauvages ou non, de ses spectacles. Il les a remplacés par… des hologrammes. En France, Joseph Bouglione a fait de même avec « l’éco-cirque ». Vrais clowns et faux tigres : pas sûr que la magie du cirque survive à ce tour de passe-passe.

Verra-t-on la fin des zoos ? Le nom même n’est plus à la mode. Alors qu’on avait connu les « ménageries », le nom de zoo s’est imposé à la fin du XIXe siècle, d’après le « Zoological Garden » de Londres. De plus en plus, on préfère les appeler « parc animalier », voire « bioparc » (aussi bien à Doué-la-Fontaine qu’à Valencia, à Genève ou en Gaspésie). Zoo est connoté « petits espaces bétonnés », alors que le parc sous-entend les grands espaces. Mais ce débat sémantique est dépassé par les militants animalistes qui veulent à tout prix, au nom du bien-être animal, rompre tout lien entre la bête et l’homme.

La fin du lien

« Nos expériences en réalité virtuelle vous rapprochent des animaux comme jamais auparavant », prétend Ann De Greef, de l’association GAIA. Non : elles nous en coupent à jamais. Le zoo peut avoir des tas de défauts, il crée un lien. L’enfant fait l’expérience d’y voir des animaux « pour de vrai ». La frustration de ne pas voir l’animal, caché quelque part derrière un buisson, ou de n’en apercevoir qu’une oreille derrière un rocher, fait elle aussi partie de l’expérience. Le contact avec un animal de zoo est visuel, sonore, olfactif. Avec un hologramme ou la réalité virtuelle, l’olfactif disparaît. Le visuel et le sonore ne sont restitués que de façon désincarnée, autrement dit artificielle, illusoire et identique pour tous.

La quête du bien-être des animaux résistera-t-elle à cette aberration ? La visite au zoo pouvait être pour un enfant la naissance d’une vocation, justement, de défenseur des animaux, sous l’angle « il faut les libérer de leur captivité ». Ici, la question ne se posera plus. Même l’extinction des espèces ne sera plus vraiment un problème : du moment qu’on aura filmé, scanné, numérisé toutes les races d’animaux, une espèce pourra s’éteindre sans que cela soit bien grave, puisqu'on pourra toujours aller les « voir » dans le « zoo du futur ». Derrière la réalité virtuelle, une seule chose attend les animaux : leur invisibilisation. On a connu meilleure défense.

Picture of Samuel Martin
Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

48 commentaires

  1. Sous prétexte de défense des animaux on les invisibilise. Une fois fait, que défendre puisqu’ils n’existent plus. Je rappelle que les pseudo-féministes font la même chose concernant les femmes …

    • Vous pensez que l’exhibition de lions dans un zoo sauve l espèce en permettant de les visibiliser ?
      Pour sauver les baleines, il faudrait développer les aquariums ?
      Pour les femmes, les mettre en vitrine dans chaque ville comme Amsterdam, serait une bonne chose pour les visibiliser en sécurité ?

    • Il n’ y a pas lieu de tout voir en réalité. « Heureux celui qui croit sans avoir vu », peut très bien s’appliquer.

    • Pour leur bien, il faut contraindre les animaux sauvages à la captivité, en zoo ou réserves? Un peu comme on a sauvé les indiens d’Amérique ?

  2. Ça n’a rien d’un Zoo évidement.
    Curieusement on ne reconnait plus la Belgique que fut celle entre autres de Jacques Brel et bien d’autre où on pouvait y voir une grande culture.

  3. Le racisme c’est avant tout penser et agir comme si une autre ethnie un autre physique une autre civilisation nous est inférieure et la traiter comme telle. Si les êtres vivants sont avant tout porteurs des mêmes caractéristiques ressentent la douleur mangent et se reproduisent ils ne sont pas inférieurs parce qu’ils sont différents. On nous parle de racisme, notre comportement envers les animaux en est le fleuron . Sans tomber dans l’excès tout ce qui contribue à améliorer la captivité l’abattage ou le simple quotidien des vies qui ne sont pas la nôtre relève de notre humanité et notre respect .
    «  On mesure le degré de civilisation d’un peuple un soins qu’il prend pour les plus faibles » disait Gandhi.

  4. Vouloir enfermer et domestiquer des lions n’est il pas à notre époque un comportement puéril voire pervers ?
    On comprend l’existence des zoos avec animaux sauvages aux époques où il n’ avait pas de télévision ni même de photos et où les voyages étaient pénibles, mais il faut évoluer avec son temps.
    Pour ce qui est des odeurs animales, les enfants seront tout aussi heureux de visiter une ferme. Le contact avec les animaux domestiques semble suffisant ( il a en tout cas suffit à bien des enfants sans séquelles).
    Les enfants adorent les dinosaures sans avoir intérêt à leur odeur.
    N’est il pas étrange d’emmener un enfant voir un lion en cage, alors qu’il n’a pas vu une poule dans son poulailler ?
    Ce qui serait aberrant ce serait des visites de fermes « virtuelles », mais pourquoi pas ces présentations virtuelles d’animaux difficilement accessibles, car exotiques ou sous marins, par exemple ?

    • J’adhère complètement à votre propos. Les documentaires animaliers sont tellement vivants qu’on s’y croirait. Et puis c’est aux parents d’expliquer à leurs enfants que les animaux en cage sont malheureux.

  5. Venez vite remplacer le loup dans nos campagnes ,les « boboécolos »seront contents et les paysans que nous sommes seront ravis

  6. Au regret de vous dire mon opposition absolue au zoo et à la corrida. Auncun argument ne vaut. Ni la tradition ni l’instruction par les bêtes. D’elles, je dirais que ce sont nos vieilles grandes soeurs. Sans remonter à la crevette rose comme Darwin, je proclame en chaîne que voir un lion tourner en rond dans une ménagerie puante me fait mal au coeur. Le poisson n’a pas sa place dans un bocal. Un rossignol aux yeux crevés ne chante que pour ne plus voir ses maîtres. Puisque j’ai encore la liberté de parler, je hurle à la fermeture des zoos, eh, oui, je préfère le zoo par images et décors, par odeurs et par sons, nous en avons les prodigieux moyens techniques. Gardons nos cacahuètes pour les cocktails, les singes nous en seront reconnaissants.

  7. L’infantilisation de la population va bon train.
    Voir, dans le clip de présentation, des humains caresser des animaux, dont certains sont pourtant féroces, sur un écran vidéo, est un vrai fait de société.
    Nous sommes traités comme des enfants et nous l’acceptons !
    La fin d’une civilisation.

    • Je préfère faire découvrir les animaux sous cette angle-là. Quand a « caresser des animaux virtuels… et bien c’est à l’adulte accompagnant les enfants à leur expliquer « que ce n’est que virtuel comme quand vous allez au ciné ou regardez la tv! ». Je n’ai jamais été pour les « zoo » ou parc animalier exotique » chez nous!

  8. Les reportages animaliers avec les techniques modernes ( drones), nous immergent dazns la vie réelle des animaux d’une manière extraordinaire. Dans notre salon… Pour avir visité quelques zoos, c’est beaucopu moins « vivant ». Des félins endormis, des animaux « tristes », déprimés. Peut-être à Beauval paraît-il. J’irai voir !

  9. J’en connais un qui doit être heureux, caron le défenseur des moustiques qui allaitent de notre sang leurs larves (!) et des rats, collaborateurs des éboueurs… (entre autres) …
    Ce monde est fou, une poignée d’abrutis veut diriger notre pensée et pour pour beaucoup cela est envisageable !
    Nous pouvons aussi imaginer de laisser nos forêts brûler et de les replanter avec des hologrammes…

  10. Du grand n’importe quoi, plus d’animaux dans les zoos, ni dans les cirques d’ou leur disparition pour faire plaisir à quelque écolo bobos

    • L’enfermement et le dressage d’ animaux sauvages pour le spectacle n’est il pas une perversion de l’homme contre la nature pour se faire plaisir ?

  11. Pfff… Autant regarder un reportage télévisé ou des vidéos sur les réseaux sociaux ou lire un livre avec des photos d’animaux. Je ne vois pas où se trouve vraiment l’intérêt, mais bon,si les gens apprécient, ça ne me dérange pas plus que ça, mais je ne paierai pas pour cela.

  12. Les russes ont inventé « Potemkine » … ET les escrolos ont inventé « le zoo sans animaux » …
    Cette société devient folle …

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Que les familles des victimes parlent est très compliqué pour le gouvernement
Gabrielle Cluzel sur CNews
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois