[ANIMAUX] Le sexe compte : pour les oiseaux, la femme est une menace plus grande que l’homme

Aux yeux des oiseaux, le sexe des humains n'est pas une construction sociale mais une réalité morphologique.
Photo de Matthias Zomer: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/oiseau-aviaire-merle-ornithologie-5633490/
Photo de Matthias Zomer: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/oiseau-aviaire-merle-ornithologie-5633490/

L’étude est parue dans la revue British Ecological Society : « Le sexe compte : les oiseaux urbains européens fuient plus rapidement les femmes que les hommes qui s’approchent. » Outre l’intérêt éthologique de ces résultats, ceux-ci ne coïncident ni avec la théorie du genre, ni avec certains attendus écoféministes.

Les ornithologues ont mené leurs recherches dans plusieurs villes européennes : Madrid, Fréjus, Saint-Raphaël, Draguignan, Prague, Freising (Allemagne), Poznan (Pologne). Ils ont testé l’approche des oiseaux avec des femmes et des hommes, mais en gommant les différences. Hommes et femmes étaient habillés de façon similaire, les différences de taille étaient minimes, les différences de coiffure également. Les oiseaux voyaient arriver des personnes d’allure plutôt neutre, non binaire pourrait-on dire. Les statistiques portent sur 2.701 observations et 77 espèces d’oiseaux (pigeons, merles, moineaux, étourneaux sansonnets, corneilles, etc.).

La « distance d'initiation de fuite » a parlé

Les ornithologues ont mesuré la « distance d'initiation de fuite (DIF) », qui est « une mesure souvent utilisée pour étudier la perception du risque chez un individu face à un prédateur ». Premier résultat : « Les oiseaux mâles étaient plus enclins à prendre des risques que les femelles. » Deuxième résultat, et celui-là concerne aussi les humains : « Les oiseaux s'enfuyaient généralement plus rapidement lorsqu'ils étaient approchés par des femmes que par des hommes. » Les oiseaux s’envolent, en moyenne, un mètre plus tôt lorsque des femmes s’approchent. Ils anticipent une menace.

Deux questions restent sans réponse. Primo : comment les oiseaux distinguent-ils les sexes alors qu’extérieurement, les signes évidents ont été gommés ? Ils se basent sur des repères plus subtils. Les oiseaux, envisagent les scientifiques, pourraient être capables « de détecter des différences morphologiques externes subtiles dans la longueur et le style des poils, le rapport taille-hanches ou la démarche, ainsi que l’odeur ». Deuzio : pourquoi se méfient-ils plus des femmes ? On avance l’hypothèse qu’à l’époque préhistorique, les hommes auraient chassé le gros gibier et les femmes le plus petit, comme des oiseaux. Mais cela n’est pas confirmé par l’archéologie. Si les hommes chassaient les oiseaux, les descendants de ceux-ci ne semblent pas leur en tenir rigueur par une méfiance transgénérationnelle.

Gender et luttes intersectionnelles mis à mal

Quoi qu’il en soit, les résultats mettent à mal quelques croyances. Comme le dit l’étude dans son titre même, « le sexe compte ». Le sexe, et non le « genre ». Les oiseaux n’ont pas de ces doctrines selon lesquelles le sexe n’existerait pas et serait une construction sociale. Indépendamment de la coupe et de la couleur des vêtements, de la coiffure, d’une allure générale ouvertement masculine ou féminine selon des critères sociaux, les oiseaux décryptent le sexe des humains sur des différences morphologiques indéniables.

Autre croyance bousculée, celle d’une « intersectionnalité » des combats entre animaux et femmes. Cette intersectionnalité relève du wokisme pur. Elle peut s’exprimer de façon douce : « Les animaux femelles ont de vraies leçons de féminisme à nous donner » – mais non, justement, les oiseaux mâles et femelles considèrent les femmes comme des prédateurs, davantage que les hommes. De façon plus radicale, la « thèse des oppressions » part du principe qu’« il existe des liens matériels, culturels, sociologiques, historiques, psychologiques et idéologiques entre l’oppression des animaux et celle des êtres humains, notamment des femmes ». Si l’on demande leur avis aux oiseaux, ceux-ci répondent sans ambages que l’arrivée d’une femme dans leur champ visuel est vécu comme une plus grande « oppression » que l’arrivée d’un homme… N’en déplaise aux « écoféministes antispécistes ».

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

62 commentaires

  1. Par quel mystère cette chronique fait-elle référence à des études qui auraient eu lieu dans trois PETITES villes de France proches de l’endroit où je vis et commepar hasard pour faire croire à une certaine objectivité dans des GRANDES villes étrangères et éloignées. Et on voudrait que je crois ce qui y est dit ? Non tous vos lecteurs ne sont pas abrutis !

  2. Dans les groupes anti terroristes et ce depuis les années soixante , on recommande aux policiers d’abattre d’abord les femmes jugées plus vicieuses , plus perverses et donc plus dangereuses …La nature le confirme donc .

  3. Les études scientifiques sur la nature sont toujours peu ou prou utiles à l’homme. En tous cas tant qu’elles ne portent pas sur le sexe des anges.

  4. Oui, faut en prendre et en laisser de ces pseudo théories scientifiques … Faites un sondage parmi nos
    amis les oiseaux, et vous aurez peut-être un avis contraire, à savoir que les hommes sont des drôles
    d’oiseaux ! Ne serait-ce pas une propagande masculiniste ?

  5. « comment les oiseaux distinguent-ils les sexes alors qu’extérieurement, les signes évidents ont été gommés ?  »
    Comme tous les animaux ! Ils sentent les phéromones.
    Donc il s’agit bien du sexe et non du genre.
    On aura beau faire et beau dire, la génétique ne changera pas, même si on se prend pour un barreau de chaise ou une tringle à rideau!

  6. Conclusion,les volatiles sont horriblement misogynes,méfiants envers la gent féminine ,très conservateurs et peu enclins à se déclarer favorables pour l’égalité des sexes.
    Aurore Bergé doit ruminer dans son ministère.

  7. Pour qui et pourquoi cette enquête sur les oiseaux ? Et combien à t elle coûté ?
    Et surtout, que prouve t elle ? Que l’homme et la femme sont biologiquement différents, on le sait déjà. Que les femmes font plus peur aux oiseaux que les hommes, on s’en moque un peu, surtout quand on ne sait pas pourquoi… Franchement, il n’y a pas d’études de société plus importantes et déterminantes à mener ??!

  8. Je comprends mieux pourquoi ce sont les hommes qui partent à la chasse, c’est parce que le sexe féminin fait fuir le gibier qui a peur de passer à la casserole.

  9. Il n’y a pas que pour les oiseaux mais parfois l’intelligence rend certaines espèces complètement idiotes

  10. Dommage que l’étude ne se soit pas étendue à l’appartenance politique, je suis prêt à parier que les oiseaux redoutent également plus les gauchistes que les humains normaux.

  11. Cette étude est scientifiquement intéressante, mais j’espère qu’ils ont tiré d’autres conclusions que celle de s’assurer qu’un homme et une femme n’ont pas la même morphologie ni le même ADN, à moins d’être « un peu perturbé » pour utiliser une expression deMr Mélenchon, on s’en doutait déjà.

  12. Explication possible : les hommes chassaient et les femmes cueillaient. Au départ, les oiseaux ne se méfiaient pas des femmes et vaquaient à leurs affaires en présence des femmes. Lesquelles ont pu repérer les nids et récupérer les oeufs ou les jeunes bien gras avant qu’ils ne commencent à voler. Du coup les oiseaux en ont conclu que les femmes étaient beaucoup plus sournoises que les hommes qui paradaient avec leurs armes et leurs intentions affichées. Et cette méfiance est restée.

  13. J’ai une explication plus rationnelle qui date des siècles passés où les chapeaux des femmes étaient garnis de plumes, les oiseaux ne l’ont pas oublié.

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