Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - 13 novembre 2019

Alexandre Langlois : « Marwan Muhammad provoque en venant à Magnanville, c’est un lieu de mémoire ! »

L’ancien directeur du CCIF , qui a fait scander à la foule « Allahu akbar » lors de la manifestation contre l’islamophobie, tiendra prochainement une conférence à (Yvelines), où deux policiers avaient été assassinés par un islamiste en juin 2016.

Au micro de Boulevard Voltaire, Alexandre Langlois s’insurge contre la provocation de celui qui « fait du business sur la mort et la mémoire » de ses collègues.

Il y a quatre ans, des terroristes s’attaquaient à la France dans des bars du 11e arrondissement, au Stade de France et au Bataclan. Quels souvenirs avez-vous de cette terrible journée ?

Cette terrible journée avait été très riche en émotion et marquée par la tristesse et la mort de très nombreuses personnes tuées par ces terroristes. Une belle solidarité et un élan populaire se sont mis en place naturellement. Tout le peuple français s’est levé par solidarité. Les policiers ont fait leur travail du mieux qu’ils pouvaient. Tous mes collègues s’étaient mobilisés et étaient revenus spontanément de leur week-end. Il est dommage que ce grand moment d’émotion ait été causé par des événements aussi dramatiques et aussi tristes.

Dimanche dernier s’est tenue une grande manifestation contre l’islamophobie. Selon le cabinet Occurrence, 13.500 personnes étaient présentes. Cette manifestation a été très polémique, notamment par la participation de certains individus comme Marwan Muhammad, qui avait scandé des Allahu akbar pendant cette manifestation. Ce même Marwan Muhammad va tenir, en novembre, une conférence à Magnanville, lieu où ce couple de policiers avait été assassiné par un terroriste. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Magnanville n’est pas un lieu anodin. Deux de nos collègues y ont été assassinés par un terroriste. Choisir cette ville alors qu’elle n’est pas une ville régionale, pas une capitale et pas située sur un axe pratique, c’est faire de la provocation. Il n’est pas acceptable de troubler l’ordre public et de faire du business sur la mort et la mémoire de nos collègues.
Quand on est une personne polémique comme Marwann Muhammad, le mieux est de tenir ses discours dans des endroits un peu plus neutres.

Cette manifestation était-elle antiraciste ou plus insidieusement politique sur certains aspects ?

En tant que policier, l’ordre a été assuré lors de la manifestation. Dans toutes les manifestations, il y a toujours des gens qui viennent discuter de choses qui n’ont rien à voir sur le mouvement initial. Des amalgames sont faits entre racisme et islamophobie. Des gens viennent aussi faire de la récupération pour l’islam plus politique. C’est aux organisateurs de faire en sorte d’accepter qui ils veulent ou non sur leur manifestation. Cela permettrait de laisser un message clair pour rester sur des valeurs républicaines.

Cette manifestation a-t-elle respecté ces valeurs républicaines ?

En France, il y a une liberté d’expression. Tant qu’il n’y a pas d’appel à la haine et pas d’infraction au Code pénal, les valeurs sont respectées. On n’aurait pas besoin de faire des manifestations contre l’islamophobie ou contre différentes communautés si le vivre ensemble était accepté et qu’on dépassait ces clivages où c’est chacun pour soi.

Ce vivre ensemble est-il encore possible en France ? N’est-il pas finalement qu’un vœu pieux malheureusement périmé aujourd’hui ?

Le vivre ensemble n’est pas périmé, sinon je ne serais plus policier. Les gens à VIGI travaillent pour que la force publique assure la sécurité de tous et mettent de côté les personnes qui veulent ne pas vivre ensemble et veulent se mettre spontanément à l’écart. Il faut une volonté politique de l’appliquer. Rien que le terme de reconquête républicaine veut dire que des quartiers sont déjà perdus pour la République. C’est inadmissible quand on aime la France !

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