Pour Boulevard Voltaire, Agnès Marion, présidente du Cercle Fraternité, rappelle l’importance de la solidité des liens familiaux dans un monde fragilisé et déraciné.

Cela fait plusieurs années que toutes les prestations familiales et la famille sont détricotées. N’est-ce pas le moment, avec les gilets jaunes, de faire remonter ce genre de craintes ?

En effet, il nous a semblé important de rappeler que la famille était en mesure de répondre à plusieurs enjeux sociaux actuels. La famille est la cellule de base de la société et le lieu du premier lien social. Ce lien est désintéressé alors que nous vivons dans un monde de plus en plus marchand. Il me semble, justement, qu’elle peut être une réponse pertinente à toute la fragilité révélée par l’épisode des gilets jaunes.

Peut-on être en marche et enraciné par des liens familiaux ?

L’histoire de sa famille nous enracine dans un terroir et dans l’Histoire de France. Il est nécessaire de protéger cette entité pour que chacun se sente à sa place. Par définition, le monde que nous propose Emmanuel Macron est totalement soluble et liquide, où on n’a pas besoin de racines. Pourtant, les racines se trouvent précisément dans une famille stable et assise sur des permanences anthropologiques.

Ces dernières semaines, Emmanuel Macron avait évoqué d’éventuelles réformes sur les droits de succession et sur le fait de taxer les propriétaires. Il souhaitait mettre à mal tout ce qui pouvait enraciner une population. Pensez-vous que ces attaques envers le principe de succession sont indirectement des attaques portées à la famille ?

Oui, bien sûr. La fiscalité sur l’immobilier instaurée par Emmanuel Macron, la suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières sont des mesures très emblématiques. Il préfère, clairement, la France liquide des boursicoteurs à celle enracinée qui dispose d’un patrimoine immobilier.
D’ailleurs, il y a eu une hausse délirante de la CSG sur les revenus fonciers. Je crois qu’elle a été multipliée par dix. Il y a vraiment une volonté de casser les familles et, par là, l’enracinement. Parallèlement, la fiscalité, d’une manière générale, sur les droits de succession est assez scandaleuse. Elle crée des tensions dans les familles et détricote l’unité familiale et même nationale. Je pense que cela fait partie des mesures qu’il faudrait envisager pour amener un peu de paix sociale par une certaine justice fiscale.

Ces derniers jours, plusieurs articles se font l’écho de l’idée selon laquelle il faudrait faire moins d’enfants pour sauver la planète, car faire des enfants serait le premier facteur de pollution…

Je pense qu’on pollue davantage quand on est un bobo et qu’on traverse toute la Terre. Puisque, justement, il n’a pas élu domicile quelque part, le bobo laisse son empreinte carbone au gré de ses voyages et de son envie de découvrir le monde.
Je pense qu’au contraire, les familles favorisent, de fait, un modèle écologique. Dans une famille, on ne peut pas gaspiller, on se refile les vêtements d’enfant à enfant, on surconsomme moins de loisirs, puisqu’on a la capacité à s’occuper ensemble. Je pense, au contraire, que c’est un modèle extrêmement écologique.

8 décembre 2018

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