Il arrive quelquefois que les juridictions rendent de curieux arrêts : en témoignent ceux sur les gallinacés ou celui sur une personne qui a l’intelligence aussi étendue que, je cite, “la surface habitable de sa caravane”… Le sujet d’aujourd’hui est beaucoup moins drôle puisqu’il est au confluent de deux questions sérieuses : l’adultère et les violences physiques.

En effet, une cour du Portugal a décidé de réduire la peine de deux hommes, amant et époux, qui ont séquestré et battu avec une batte à clous leur femme et maîtresse. Or tout, dans cette affaire, sent mauvais.

Entendons-nous bien : l’adultère est un mal ! Un tort considérable que, dans notre monde moderne, on promeut, on met en avant par des sites de rencontres extraconjugales, par exemple… Le fait que l’homme soit un taré n’empêche pas de rappeler cette vérité évidente. Le principe est simple : tu passes un contrat dans lequel tu t’engages à être fidèle et ne pas aller tromper ton.ta mari.femme (vous voyez, je peux écrire inclusivement !). Après tout, il n’y a aucune différence entre l’exigence de loyauté entre deux contractants commerciaux et le devoir de fidélité dans le mariage. L’adultère blesse aussi, au point qu’on peut éprouver une certaine sympathie pour l’homme qui tue sa femme à la « Requiem pour un fou ». Mais le meurtre reste le meurtre, même s’il est parfois causé par des circonstances exceptionnelles. Et l’amoindrissement de la peine pour des raisons passionnelles doit demeurer l’exception et non le principe légal.

D’accord, il n’y a pas eu meurtre, mais quand même, on ne séquestre pas les gens, et on évite de leur faire tâter de la batte à clous ! En outre, la complicité de l’amant éconduit et de l’époux bafoué travaillant de concert à cette œuvre grandiose apparente plus ce crime à une froide vengeance qu’à des désordres passionnels.

Mais le clou, si j’ose dire, de ce jugement, c’est la curieuse référence à la Bible, invoquée par le juge pour justifier le verdict : “Dans la Bible, nous pouvons lire que la femme adultère devait être punie par la .” Oui, c’est vrai… Mais, depuis, il y a eu un petit, léger détail qui a changé la donne : un homme, plutôt barbu, plutôt grand et plutôt du Sauveur des hommes a empêché de lapider la femme adultère… Mais peut-être Monsieur le Juge n’a-t-il pas encore lu le deuxième tome de ce gros ouvrage ?

Cette affligeante affaire fait au moins le bonheur des féministes, qui s’en donnent à cœur joie : “Évoquer la Bible constitue une atteinte à l’État de droit.” D’un coup, elles peuvent se faire un combo : patriarcat, , et tutti quanti ! Quelle veine !

3 novembre 2017

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