Editoriaux - International - Politique - 17 novembre 2017

À Raqqa, des islamistes ont pris la tangente avec la bénédiction de la coalition !

Je sais bien que la raison politique a des raisons que la raison ignore, mais là c’est le pompon : “Selon les informations de la BBC, 250 djihadistes – dont des leaders de l’État islamique – et 3.500 membres de leurs familles – dont des Français – ont pu quitter la ville “avec des tonnes d’armes et de munitions”” (Le Point).

En tout, ce sont “une cinquantaine de camions, treize bus et plus d’une centaine de véhicules appartenant à l’État islamique” (op. cit.) qui ont pris la tangente pour rejoindre des pâturages plus verts, certains encore contrôlés par Daech ou carrément en dehors du pays. L’un des passeurs de la frontière turque a confirmé que dans cette caravane d’un genre particulier se trouvaient “des Français, des Tchétchènes [et] d’autres Européens”.

Sursaut de bon sens – ou diversion, car on ne sait plus à quel saint se vouer dans cette ténébreuse affaire –, Abu Musab Huthaifa, chef du renseignement de Daech, a été arrêté par les autorités turques. Quant à Abu Basir al-Faransy, fuyard qui appartenait à un groupe de combattants français de Daech, ses déclarations à la BBC font froid dans le dos : “Il y a des frères français qui sont partis pour la France pour perpétrer des attaques qui se dérouleront au moment du jour du Jugement.”

Et tout ça s’est accompli avec la bénédiction de la coalition qui a, selon des témoins, survolé le convoi sans intervenir. “À la lumière des révélations de la BBC, la coalition a depuis reconnu son rôle dans l’accord” (Le Salon beige), ce qui nous rassure énormément, nous qui allons subir le Jugement dernier, comme dit l’autre illuminé !

Le porte-parole de ladite coalition, le colonel Ryan Dillon, se justifie ainsi : “Nous voulions que personne ne parte. Mais cela touche au cœur de notre stratégie, aux côtés des leaders locaux sur le terrain. Cela dépend donc aussi des Syriens, qui sont ceux qui se battent et meurent, et qui prennent des décisions sur certaines opérations.”

Sauf que ce nœud de vipères va désormais piquer l’Occident honni par ces sicaires de Daech. Et l’on peut se demander à quelle guerre la coalition joue. Il eût été peut-être plus judicieux de soutenir, dès le départ, le régime de Bachar el-Assad, qui avait visiblement raison lorsqu’en janvier 2017, il accusait, dans un média japonais, la coalition d’avoir soutenu les terroristes. De là à penser, comme le président syrien, que “Daech a été créé en 2006 en Irak sous la supervision des États-Unis” (RTL), je préfère garder un semblant de naïveté et ne pas y croire – pour l’instant.

Tout ceci me rappelle ces « gentils » moudjahidin aidés par la CIA et venus autrefois combattre les Soviétiques en Afghanistan. L’un d’eux s’appelait Oussama Ben Laden !

Donc, soit la coalition est stupide, soit elle est cynique. Dans les deux cas, elle est néfaste.

Et en cédant à la théorie du complot, on peut se demander pourquoices djihadistes ont bénéficié de ce qu’on peut appeler un programme d’exfiltration.

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