À la veille du discours de Macron : Israël est souverain et la France ne le serait plus ?
Alors qu’une guerre vient d’entrer dans sa cinquième année, une autre vient d’éclater au Proche-Orient. La première fait rage à quelque deux mille kilomètres de Strasbourg : environ deux heures d’avion ou deux jours de route. Encore trois mois, sauf cessez-le-feu que l’on ne voit pas venir, et ce conflit aura duré plus longtemps que notre Grande Guerre qui fut le tombeau de la vieille Europe et marqua notre Histoire, notre mémoire et même nos paysages de l’est et du nord de la France, pour des générations.
Fenêtre d'opportunité ?
La seconde guerre vient d’éclater « loin de chez nous ». Une guerre, pour l’instant essentiellement aérienne, qui a probablement été minutieusement préparée depuis des semaines, voire des mois. Une guerre que l’on voyait venir en lisant notre chroniqueur international Vincent Arbarétier depuis plusieurs semaines : les porte-avions Abraham-Lincoln et Gerald-Ford, transportant quelque deux cents aéronefs, n’ont pas rejoint la région du golfe Persique pour faire seulement des ronds dans l’eau. L’immense majorité de nos lecteurs approuvent l’intervention conjointe des États-Unis d’Amérique et d’Israël. Nul doute qu’ils voient dans cette guerre comme l’occasion, la fenêtre d’opportunité qui ne s’ouvrira peut-être pas de sitôt, de « dessouder » le régime des mollahs dont nous connaissons tous les méfaits depuis près d’un demi-siècle.
Faut-il rappeler ici l’attentat du Drakkar qui tua cinquante-huit de nos paras au Liban en 1983. Au même moment, deux cent quarante et un marines américains étaient tués après l’explosion d’un camion suicide. Les services de renseignement français et américains s’accordèrent pour considérer que le commanditaire était alors le gouvernement iranien, agissant par l’intermédiaire de mouvements chiites radicaux libanais. Dire que, par l'intervention américaine de ce 28 février 2026, nos paras du Drakkar ont été vengés relèverait d’un raccourci un peu rapide qui, d’ailleurs, a dû échapper aux décideurs, organisateurs, planificateurs et acteurs de cette attaque colossale sur l’Iran. Mais il n’empêche qu’il est impossible de ne pas penser à cet épisode de triste mémoire.
Guerre, donc, dont on ne sait si elle sera éclair ou pas, régionale ou plus, c’est-à-dire mondiale. En tout cas, elle ne sera ni fraîche, ni joyeuse, et ne fera pas dans la dentelle. Comme toutes les guerres. Car si l’on sait quand commence une guerre, on ne sait jamais quand et surtout comment elle s'achève.
« L’ordre mondial onusien » est mort
Quels enseignements tirer, moins de 48 heures après le déclenchement de l’opération « Fureur épique » ? D’abord, que « l’ordre mondial onusien » né à San Francisco en 1945 de par la volonté des Américains est bien mort. Et ce, du fait des Américains mais aussi des Russes lorsqu’ils envahirent l’Ukraine en 2022. Cet ordre qui voulait qu’une intervention militaire soit légitimée par une résolution des Nations unies. Que cela plaise ou pas. Pas question de dire que c’est bien ou c’est mal. C’est ainsi. Du reste, Donald Trump s’est bien gardé, semble-t-il, de consulter son Conseil de la paix, sorte d’ONU bis ! Et les sauts de cabri d’Emmanuel Macron au cri de « l’ONU, l’ONU, l'ONU ! » n’y pourront rien.
Le deuxième enseignement – et ça sera suffisant pour ce soir ! – pourrait intéresser, justement, Emmanuel Macron. On ne sait jamais, s’il venait à lire BV durant sa longue nuit d’insomnie ! Israël qui a décidé seul de porter le fer et le feu au cœur de l’Iran. Certes en coordination avec les Américains, dans une opération combinée, comme on dit en langage otanien, mais Israël a décidé souverainement. Or, ce lundi 2 mars, paraît-il, Emmanuel Macron va prononcer un discours sur notre dissuasion nucléaire. Un discours « attendu avec impatience par l’Europe », dit-on.
Que va dire Macron, ce 2 mars ?
De deux choses l'une. Si c’est pour paraphraser, en moins bien - forcément -, la doctrine d’emploi de nos forces nucléaires qui prévaut depuis le général de Gaulle, ce sera, une fois encore, pour Emmanuel Macron, l'occasion de parler pour ne rien dire. Rappelons que déjà en 1972, sous Georges Pompidou, on pouvait lire ceci dans le premier Livre blanc de la défense : « Si la dissuasion française est réservée à la protection de nos intérêts vitaux, la limite de ceux-ci est nécessairement floue […] La France vit dans un tissu d’intérêts qui dépasse ses frontières. Elle n’est pas isolée. » Ce « flou » est très clair ! En revanche, si Emmanuel Macron prend la parole, pour lever ce « flou », ce brouillard de l'incertitude, qui contribuait jusqu'alors à la dissuasion, pour entrer dans une sorte de contractualisation, de formalisation sous l'égide de l'Union européenne, on changerait alors gravement de paradigme, comme on dit aujourd'hui.
« Non, il n’y a pas une nation européenne… », déclarait, en 1981, Michel Debré, initiateur de ce premier Livre blanc de la défense en 1972, alors qu’un journaliste lui demandait si « la force de dissuasion française serait peut-être mieux employée, reviendrait peut-être moins cher au sein d’une défense européenne ». Plus d’un demi-siècle plus tard, il n’y a toujours pas de nation européenne. Ne pas comprendre ou plutôt nier cette réalité relèverait tout simplement de la trahison. Israël, État qui n’a pas quatre-vingts ans, pays de moins de onze millions d'habitants, serait militairement souverain. Et la France, État millénaire, pays de soixante-huit millions d'habitants, devrait renoncer au saint des saints de sa souveraineté… Ce n'est pas seulement l'Europe, qui attend avec impatience le discours de Macron, mais la France et les Français. Du moins, on l'espère.
« Le président français est accusé par les souverainistes de se préparer à livrer la bombe atomique à nos alliés. »
Oui. https://t.co/XBVu7qvkvo pic.twitter.com/7dEpQvdnKJ
— Rodolphe Cart (@RodolpheCart) March 1, 2026
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82 commentaires
Pourvu qu’il ne nous amène pas dans une guerre…car nous devrions le garder encore. 2027 il faut que ce soit son grand depart
C’est la grande peur du peuple français, Qu’il suive l’exemple du clown ukrainien
Vraiment Macron continue dans le n’importe quoi. Il veut décider de tout..tout seul. Il se moque des Français. 2 quinquennats= 1 catastrophe
Ecouter Mr Garraud sur BV hier parlant de la dissuation nucléaire et de Macron et il disait il peut faire ce qu’il veut sur certaines choses mais sur la dissuasion nucléaire JAMAIS.
Pour l’Europe Unie il est insupportable qu’un pays devenus un des derniers dans l’ordre des valeurs Européennes ne représentent presque plus rien, on a pu s’en rendre compte lors de la réunions de trois chefs d’État ou Macron était arrivé en dernier le laissant seul en toute indifférence sans lui prêter la moindre attention par ce que nous somme un pays qui se permet encore de posséder encore en toute propriété le nucléaire civil et militaire tant par des moyens aériens que sous-marins pour disuader celui qui voudrais s’en prendre a nous.
N’oublions pas que par nos grosses têtes présentes ou passés, notamment les Verts, nous sommes devenus dépendant pour notre alimentation que par l’énergie en particulier l’électricité.
Une grande première accablante pour la France.
Qu’attendre de son discours ? Tout est son contraire synonyme du « en même temps ». Il va serrer ses petits poings, prendre une attitude martiale et dilluer un peu plus ce qui nous reste de souveraineté.
Vivement qu’il s’en aille aux oubliettes de l’Histoire.
La France vendue à la découpa par Macron depuis 2017 va sans nul doute perdre le dernier rempart de sa souveraineté Comment peut on laisser un seul hon Mme décider de sa destruction? Je ne reconnais plus mon pays.
Il ne reste plus que notre défense à brader. Pas de soldes monstres, juste le nucléaire ! Nous reviendrons des dizaines d’années en arrière en offrant aux allemands l’arme qu’ils avaient en ces temps là et qui s’appelait » la grosse Berta » revue au goût du jour.
Ainsi ce sera la fin de la France, et des soldes. Notre pays qui n’en sera plus un au sein de l’Europe, mais seulement un département beaucoup moins riche que la Creuse ou la Lozère qui eux continueront de vivre.
La messe est dite. Amen !
Nous savons désormais que les seuls qui n’ont aucun droit sont les occidentaux , surtout s’ils sont de vieux mâles blancs catholiques .
Oui
le plus grand danger pour la France , c’est macron!
Macron n’aime pas la France
Le nucléaire ne se partage pas ! Quel français est prêt à se faire vitrifier pour les allemands, ou d’autres ?
Bon article, à un détail près.
Mon colonel, l’ordre onusien a été violé en avril 1999 et précisément par une coalition à laquelle participa l’armée française : le bombardement de Belgrade (avec des munitions à l’uranium appauvri, qui plus est), afin de défendre les prétentions des musulmans albanais, proches de Téhéran…
L’Europe y a gagné un État musulman, la France (et ses militaires) y ont laissé un peu de leur honneur… Mais il faut oublier, n’est-ce pas ?
Excellent rappel historique des faits réels récents
« La France et ses militaires y ont laissé un peu de leur honneur ». Vous oubliez que des militaires y ont laissé leur vie !
notre force de dissuasion est inaliénable ;un referendum est obligatoire pour la partager
Même pas ! Nous avons payé cette dissuasion, elle nous appartient !
Mais en Macronie le Prince dît les choses et les choses sont Oubliez la démocratie nous sommes passés en democrature En Marche
Je n’attends rien de Macron, si ce n’est le pire pour la France
Avec cet olibrius , je m’attends au pire !
Que ne fait -il pas, que ne fera-t-il pas pour abaisser notre pays , la FRANCE ?
Tout ça pour tenter de séduire une soit disant Europe dont il rêve de prendre la présidence !
Macron , c’est « Après moi , le déluge « , le Mozart de la destruction de la France.
La souveraineté de la France , il n’en veut à aucun prix , alors faites comme moi , ne l’écoutez pas , vous apprendrez bien assez tôt toutes ses turpitudes.
Vive la France sans lui !
Le seul discours de sa part qui me ferait plaisir, ce serait son annonce de sa démission. Le reste de ses divagations, qui ne sont jamais suivies d’actes dans le meilleur des cas, ou suivies la plupart du temps du contraire de ce qu’il avait dit, comme pour le Mercosur, ça n’a strictement plus aucun intérêt.