À Bagnols-sur-Cèze, le maire RN coupe les subventions pour renforcer la sécurité

Élue sur la promesse de rétablir l'ordre, Pascale Bordes réoriente le budget communal vers ses engagements de campagne.
Pascal Bordes - Copie écran @LCP
Pascal Bordes - Copie écran @LCP

À Bagnols-sur-Cèze (Gard), les promesses électorales se traduisent déjà dans les comptes de la commune. Trois mois après son élection à la mairie, Pascale Bordes a engagé une profonde réorientation budgétaire qui ne passe pas inaperçue. La nouvelle édile RN a décidé de réduire significativement les subventions accordées aux associations afin de dégager des moyens supplémentaires pour la sécurité, l'une des priorités de son programme.

Une décision qui suscite l'inquiétude de plusieurs responsables associatifs mais que la majorité municipale assume pleinement. Pour le maire, les habitants l'ont élu afin de répondre à une préoccupation devenue centrale, dans cette commune gardoise de plus de 18.000 habitants : l'insécurité.

Un budget associatif presque divisé par deux, en trois ans

Les chiffres témoignent d'un changement de cap spectaculaire. En 2023, les associations bagnolaises avaient bénéficié de 953.000 euros de subventions municipales. Deux ans plus tard, en 2025, l'enveloppe était déjà descendue à près de 700.000 euros. Pour 2026, la municipalité a fixé le montant global des aides à 496.000 euros. En trois ans, le budget consacré aux associations aura donc chuté de près de 48 %. Une baisse qui touche aussi bien certaines structures sportives que culturelles ou de loisirs.

Dans les colonnes de La Marseillaise, plusieurs responsables associatifs dénoncent une remise en cause du rôle qu'ils jouent dans la vie locale. Certains craignent une diminution de leurs activités tandis que d'autres s'interrogent sur leur capacité à maintenir certains projets. La municipalité, elle, défend une logique différente. Les élus de la majorité estiment que les finances communales doivent être concentrées sur ce qu'ils considèrent comme les missions prioritaires de la ville. Une orientation qui figurait noir sur blanc dans le programme de campagne de Pascale Bordes.

Police municipale : recrutement, armement et présence permanente

Les économies réalisées doivent permettre de financer un renforcement important de la police municipale. Le maire souhaite, notamment, augmenter les effectifs, développer les équipements des agents et renforcer leur armement. Autre objectif affiché : assurer, à terme, une présence policière municipale 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur le territoire communal.

Cette stratégie s'inscrit dans un contexte local marqué par des problématiques récurrentes de trafic de stupéfiants, de violences et d'atteintes aux biens. Comme de nombreuses villes moyennes du sud de la France, Bagnols-sur-Cèze est confrontée, depuis plusieurs années, à une délinquance qui alimente le sentiment d'insécurité d'une partie de la population. Pour la nouvelle équipe municipale, la sécurité constitue donc la première des politiques publiques. Les sommes auparavant consacrées aux subventions associatives doivent désormais contribuer au financement de cette montée en puissance des moyens municipaux.

Deux visions de l'action municipale

Au-delà du simple débat budgétaire, c'est en réalité une conception de l'action publique qui fait débat. Les défenseurs du tissu associatif rappellent que les associations jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale, l'animation des quartiers et parfois même dans la prévention de certaines formes de délinquance. Ils considèrent que les économies réalisées risquent d'affaiblir un maillage local déjà fragilisé.

À l'inverse, la majorité municipale estime que la demande première des habitants porte aujourd'hui sur le rétablissement de l'ordre public. Elle considère que les associations ne peuvent être sanctuarisées alors que les besoins en matière de sécurité augmentent.

Avec cette décision, Pascale Bordes envoie surtout un signal politique clair. Élue sous les couleurs du Rassemblement national, elle entend démontrer que la sécurité n'est pas seulement un slogan de campagne mais un axe structurant de son mandat. À Bagnols-sur-Cèze, les arbitrages budgétaires traduisent désormais cette priorité.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Il y a 50 ans, il y avait moins d’assos. Beaucoup moins de délinquance, les subventions étaient générées par des BÉNÉVOLES, pas besoin de gros moyens et on se débrouillait avec ce qu’on avait. Les loisirs étaient simples donc ne demandant pas de fortune pour profiter de la nature. J’ai fait du sport gratuitement jusque que je rentre a l’armée.onclub d’aviron vivait grâce au sponsors et au industriels locaux. Maintenant une association nourrit quantité de gens avant même de desservir ce dont pourquoi elle doit exister. L’argent du contribuable doit servir le régalien et la sécurité. Demandons a tout les reboussiers si ils veulent plus, d’augmenter les impôts locaux et on attend les réponses….

    • @FENDOR : en 1960 une des maisons des jeunes du quartier que je présidait, assurait le colis des anciens, le Noël des enfants et l’élection de la Reine dont les cadeaux étaient offerts par les commerçants du quartier. L’argent pour toutes ces activités provenaient des bals, vente du muguet, stands et jeux du 14 juillet (à l’époque le mât de cocagne avec jambon en haut était encore autorisé et attirait foule d’amateurs!) soirées théâtre (acteurs et décors : les jeûnes de la maison!) expositions de peinture etc… autant d’activités soutenues et aidées par les bras et idées des parents qui participaient activement (ce qui leur donnaient le loisir de surveiller leur(s) progénitures et l’encadrement) aux activités et installations diverses. Le tout sous le regard de la municipalité qui, prêtait nos locaux comme à l’autre maison des jeûnes d’un autre quartier qui utilisait la salle municipale : la commune à l’époque regroupait 30000 habitants! Un formidable mélange, loin des turpitudes politicardes, qui s’exprimait dans la joie et la bonne humeur dans banquets de çi ou de ça et qui réunissaient les deux maisons des jeûnes leur parents et amis, le tout sous le regard fier du lieutenant colonel Maire de la commune. Mais ça, c’était avant….et pourquoi ça ne pourrait pas être maintenant ?

  2. Le sport n’est pas forcément inutile dans une commune, au contraire. Il faudrait connaitre la totalité des associations qui étaient jusque là financées par la commune pour juger du bien fondé de cette réorientation. En tout cas, tout ce qui relève, dans de nombreuses villes, de sujets fumeux (vous voyez surement de quoi je veux parler) peuvent parfaitement se passer de financement public.

    • @La Vraie France : des profs des cours complémentaire de la région, avaient monter des clubs de Rugby : on ( nos parents!) se payait notre attirail sans pubs ni subventions et on jouait contre les équipes des autres écoles : quelle époque ! Le regard des filles qui venaient voir le « copain » s’emparer du ballon était alors le meilleur carburant…

  3. Madame Bordes, comme ses homologues maires RN, applique le programme pour lequel elle a été élue. L’argent ne tombe pas du ciel et il faut bien le prendre quelque part. Ses détracteurs, probablement majoritairement de gauche, devraient savoir que sans sécurité il n’y a plus de culture et que le tissu social se délite. C’est donc une base logique pour assainir la société. Que ces associations augmentent le montant de leur cotisation au lieu de vivre en permanence aux crochets de la société.

  4. Il fait être bien naïf pour croire que le RN va continuer de subventionner ceux qui l’ont ostracisé pendant des décennies .

  5. Les associations jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale, l’animation des quartiers tout comme nous l’expliquent les narcotrafiquants et les délinquants.

  6. Ce n’est pas si fréquent, Madame Bordes commence par appliquer sa promesse électorale : s’attaquer à la sécurité. On doit respirer mieux à Bagnols-sur-Cèze. Bravo Madame !

  7. « une délinquance qui alimente le sentiment d’insécurité d’une partie de la population »…Que voilà que c’est beau comme du Lionel Jospin…sentiment, rappelons le, tout de même assorti de quelques crimes et autres égorgements en France, crimes dont les auteurs se tirent souvent à bon compte, dont celui de l’irresponsabilité pénale en raison de la consommation de stupéfiants…Quant à la « partie de la population » évoquée : serait-ce celle qui, telle la lèpre qui envahit nos campagnes selon M. Macron, gagnée par le poison « populiste », voterait mal ?

    • c’est surtout le premier rôle de l’état, sinon plus de liberté…….et des milices sont constituées….

  8. « Comme de nombreuses villes moyennes du sud de la France, Bagnols-sur-Cèze est confrontée, depuis plusieurs années, à une délinquance qui alimente le sentiment d’insécurité d’une partie de la population ». Cela montre bien que si les associations sont utiles, elles ne font en rien régresser l’insécurité qui, au contraire, va en augmentant. Le RN a bien compris que le temps des Bisounours est révolu. Ce ne sont pas les « associations » qui manquent en Ile de France et pourtant on a vu ce qui s’est passé le WE dernier, et tous les ans ils sont plus nombreux : « aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain »…

  9. Bravo, dans toutes les communes, arrêtons les gaspillages : associations, pistes cyclables à rallonge, tous projets non indispensables. Que les maires gèrent en bons pères de familles, priorité à la sécurité, l’entretien des voiries, la propreté…

  10. « une délinquance qui alimente le sentiment d’insécurité d’une partie de la population » avec cette Phrase vous continuer à insinuer que les français ne vivent pas dans l’insécurité. Vous devriez écrire « une délinquance qui apporte de l’insécurité « . Ce n’est pas un « sentiment » Ce n’est pas , non plus, une partie de la population . C’est tout un chacun , partout en France, sur tout l’exagone et les territoires français.

    • vous avez bien fait de souligner cette  » minimisation » sur ce qui est factuelle en France désormais !

  11. Bravo, toutes ces associations ne servent à rien… Et n’ont pas à être subventionnées par l’argent public.

  12. Les assos qui pompent le budget pour rien et qui ruinent les communes iront se faire voir. Les citoyens en ont marre de payer pour des associations inutiles qui gangrennent la société.

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