LFI et les rappeurs, une alliance électorale assumée

Jean-Luc Mélenchon lui-même affirme que le rap constitue une « poésie moderne ».
Capture d'écran
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À Dijon, c’est l’événement du week-end. Du 28 au 30 août, le Golden Coast Festival rassemble les amateurs de rap à la Combe à la Serpent. Parmi ses têtes d’affiche, un nom attire tous les regards : celui du sulfureux Médine. Une présence qui ne passe pas inaperçue, alors que le natif du Havre entretient depuis plusieurs années une proximité assumée avec La France insoumise.

Sur place, la droite locale s’époumone. L’élu d’opposition LR Emmanuel Bichot a demandé le retrait de Médine, jugé trop controversé. De son côté, le député RN de l’Yonne Julien Odoul a exigé la suspension des financements publics accordés à l’événement. En vain. Les responsables du Golden Coast contestent toute lecture politique de leur programmation. Son directeur, Vivien Becle, assure même avoir choisi les artistes pour leur musique et non pour leurs convictions...

Des « artistes » ouvertement pro-LFI

Il n'empêche que la collaboration entre Medine et LFI ne date pourtant pas d’hier. En 2023, « l’artiste » avait participé aux universités d’été de La France insoumise à Valence. En 2026, le rappeur aurait été approché pour conduire la liste LFI aux municipales au Havre. Médine a finalement décliné, mais est apparu quelques mois plus tard, à Strasbourg à un « meeting-concert » pro-Gaza en compagnie, notamment, de l'incontournable Rima Hassan.

Au Golden Coast, d’autres noms proches des réseaux LFI sont attendus sur scène : le Marocain Ino Casablanca, qui a appelé à voter Insoumis aux municipales, et la dénommée 2L, qui a participé, le 21 juin dernier, à la fête de la Musique « antiraciste » de LFI, à Paris. Parmi les autres rappeurs plus ou moins fans de Mélenchon, on peut encore citer Theodora. Très populaire auprès d’une certaine jeunesse, elle a appelé en mars ses abonnés à voter pour « la vraie gauche » en citant explicitement La France insoumise. À croire que les accusations de racisme, d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme qui visent des membres du parti n’aient d’autre effet que de les rendre plus sympathiques…

De son côté, LFI assume son calcul électoral. Le parti cherche à s’adresser à une jeunesse encore peu politisée mais grande consommatrice de rap. À Dijon, Olivier Minard, responsable LFI local, le revendique : « C’est une stratégie électorale et on ne s’en cache pas », explique-t-il. En toute logique, l’ensemble du parti s’est mis au diapason - si l'on peut dire ! - et se prétend grand fan de rap. Jean-Luc Mélenchon lui-même affirme que ce genre constitue une « poésie moderne ». Député LFI de Haute-Garonne, François Piquemal a jugé bon de citer les rappeurs Jul et SCH à l’Assemblée nationale, pendant les débats sur les retraites. Quant au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, l’égérie de la « nouvelle France », il a carrément fait une apparition dans un clip de rap, en juillet dernier.

Une musique de gauche et anti-France

Il faut dire que, depuis son arrivée en France, le rap est clairement marqué à gauche. Dans les années 90, déjà, IAM et MC Solaar se produisaient à la Fête de L’Humanité. Le genre s’est construit dans la contestation de l’État, la dénonciation de la police et de prétendues discriminations. Il a, ensuite, suivi les évolutions de son public et s’est radicalisé, développant des thèmes de plus en plus haineux : misogynie crasse, homophobie désinhibée, antisémitisme virulent, appel au meurtre des « Blancs » et, évidemment, anti « extrême droite ». On se souvient de cette mise en scène du rappeur Soli où l'on voyait Jordan Bardella exécuté d'un coup de pied.

Mais malgré cette réalité établie, le rap continue d’être activement promu par la gauche. Et les conséquences sont désastreuses. Dans une partie croissante de la jeunesse française, les références, codes et « valeurs » véhiculés par le rap tendent à s’imposer. LFI a bien compris la portée de ce processus d’assimilation à l’envers. En se mettant dans la poche des « artistes » prêts à promouvoir dans leurs textes l’idéologie insoumise, le parti d’extrême gauche tient là un nouvel outil d’embrigadement de la jeunesse. Une arme de propagande massive et redoutable.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

11 commentaires

  1. Entre gens qui poursuivent le même but, ultime, il eût été étonnant que l’alliance ne se fît pas. Ellle est même tout à fait naturelle (à part sans doute pour tout ce qui concerne l’intersectionnalité des luttes : là, certains risquent d’avoir des surprises amères). Il en va de même de l’alliance avec les islamistes. L’objectif ultime est, bien entendu, la jeunesse des banlieues qu’il s’agit par tous les moyens possibles et imaginables de faire passer pour des victimes (de qui on se le demande puisque le Français de souche est un mythe selon M. Pigasse, ce n’est donc pas lui qui peut se sentir menacé dans sa culture et sa civilisation et tout faire pour mettre à l’écart cette jeunesse; car si c’était le cas, ca voudrait dire que M. Pigasse et Mme Panot et d’autres avec eux, disent des contre-vérités : il y avait bien une France avant) et doncamener cette jeunesse à faire le bon choix électoral. Et cette méthode directement inspirée des enseignements de Gramsci et du trotskisme fonctionne à merveille. Si on ajoute l’école, certains médias, certains magistrats et certains politiciens qui ne reculent devant aucune alliance de circonstance, la boucle est bouclée. Le mot d’ordre commun est clair et évident. Il faut dire non a la France de toujours et, surtout pour M. Mélenchon, mettre la Révolution (c’est à dire, lui, car c’est tout ce qui l’intéresse et le motive) au pouvoir. La seule question que je me pose au final est pourquoi M. Mélenchon a-t-il appelé son mouvement La France Insoumise et pas seulement Les Insoumis, lui que la France insupporte tant ?

  2. C’et homme (vous voiyer de qui je parle ) il voeux des rappeure, des migrants , des arabes , des noires pour qu’ ils votes pour lui !!! Pas de français de souche NON ! il en voeux pas….et ça voeux etre president des francais ? des blancs ? Ben NON !!!! Dite lui VITE !

  3. On ne peut se dire rappeur et appeler à voter pour un parti surtout de gauche . C’est un plaisanterie .grotesque . La Théodora en question qui appelle à voter pour Poutou , ou la tête de carême de mélenchon , et encore moins Nathalie Artaud porte parole de LO .c’est d’un incongruité totale , le mariage entre la carpe et le lapin , Les rappeurs ont une mentalité plus à droite que moi encore , mais ils sont surtout opportunistes, sachant qu’ls se disent que le fait d’une MLP au pouvoir ne fera pas booster leurs ventes . Enfin çà c’est leurs producteurs ,souvent bien blancs blafards et moches qui ont du leur faire comprendre . L’élection de MLP ne créerait pas un contexte favorable à leur business , c’est clair !

  4. C’est normal , Mélenchon est plus intelligent que les autres dirigeants politique, il sait parler aux jeunes et surtout il sait leur dire ce qui est transgressif , et donc ce qu’ils aiment entendre !! Il sait aussi que les jeunes sont « l’avenir » et qu’ils ont un cerveau malléable ! Comme un jardinier il « sème » des graines dont la plupart pousseront et donneront la plante « escomptée » , de plus les jeunes qui n’ont pas encore assez vécus que les rappeurs sont des institutions financières qui sont là que pour leur propre compte en banque !! le capitalisme au service de la subversion , donc Mélenchon et rappeurs font cause commune chacun selon sont interet .

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