[ROYAUME-UNI] Crimes, attentats : une unité secrète distille les éléments de langage « corrects »
Royaume-Uni, octobre 2024. Rhiannon Whyte, 27 ans, est poignardée par Deng Majek, un ressortissant soudanais, sur le quai de la gare de Walsall. Poignardée avec un tournevis. 23 fois. Dont 19 fois à la tête. Une des blessures est si profonde qu’elle lui perfore le tronc cérébral. Comme d’autres migrants, Majek est logé dans l’hôtel où travaillait Rhiannon. Il y retourne une fois le meurtre commis et passe la nuit à danser et boire sur le parking. Hospitalisée dans un état désespéré, Rhiannon sera débranchée trois jours plus tard…
Si l’on reparle de cette histoire, ce n’est pas seulement parce que les victimes méritent qu’on ne les oublie pas. La mère de Rhiannon, Siobhan, témoigne aujourd’hui que la police, à l’époque, lui a suggéré de modérer sa colère, ses propos. Nous étions quelques mois après la mort de trois fillettes à Southport, poignardées à mort par un Britannique d'origine rwandaise. La police a dit à Siobhan Whyte ne pas vouloir « un autre Southport » – autrement dit, pas d’autres émeutes. Cette suggestion s’est faite de façon pateline. « Nous ont-ils dit quoi dire ? Non. Nous ont-ils conseillé pour que cela paraisse moins agressif ? Peut-être. J'étais agressive ; ils ont atténué mes propos », raconte-t-elle au Daily Mail.
Une unité secrète fondée par un ancien agent du MI6
C’est le Daily Mail, justement, qui révélait, la semaine précédente, que le gouvernement dispose d’une unité secrète – Research, Information and Communications Unit (RICU) – dont le rôle est de gérer « les tensions raciales latentes en Grande-Bretagne » lorsqu'un crime lié à la « diversité » et au « vivre ensemble » provoque la colère populaire. Une véritable « police de la pensée », écrit le Daily Mail, dont la dernière intervention a eu lieu à Belfast, après une tentative de décapitation le 8 juin : « Le RICU s'est mobilisé pour conseiller la police de la province sur la manière de "contrôler le récit". » Nous sommes en pleine manipulation étatique avec « cette unité de 22 personnes [qui] a été créée en 2007 par feu Charles Farr, ancien officier du MI6, dans le cadre de la stratégie antiterroriste Prevent ». Ça pourrait presque passer pour du complotisme, ces agents qui se déplacent pour indiquer à la police (et, par ricochet, aux victimes) les mots à éviter et ceux à employer. Mais, si discret qu’il soit, le RICU est tout ce qu’il y a de plus officiel.
À l’origine, l’unité a été créée afin de contrôler le récit sur le terrorisme. Un document de 2007 montre l’esprit dans lequel elle orientait la communication officielle : « Le terrorisme n'est pas le produit d'une religion ou d'une communauté en particulier » et « il est essentiel d'éviter de sous-entendre que certaines communautés en sont responsables ». On ne dira pas « radicalisation », qui pourrait être compris comme « le terrorisme est un produit de l’islam », on dira : « lavage de cerveau, endoctrinement ». On ne dira pas djihadiste, on dira meurtrier, etc.
Extrême droite, islamisme : kif-kif bourricot
Il y a mieux. Un rapport indépendant remis à la Chambre des communes en février 2023 révèle que l’unité secrète a tendance à confondre les menaces de l’islamisme et de l’extrême droite : « Le seuil d'inclusion de l'islamisme par le RICU, note l’auteur du rapport, semble relativement élevé, tandis que celui concernant l'extrême droite est comparativement bas » (§ 3.52). Or, « cela risque de créer une fausse équivalence dans l'esprit des intervenants du programme Prevent quant à l'ampleur et à la nature des menaces que représentent l'extrême droite et l’islamisme » (§ 3.53)… Cela n’est pas propre au Royaume-Uni. En France, en Allemagne, même chanson. Il faut à tout prix un terrorisme d’extrême droite à associer à l’islamisme dans le discours officiel et médiatique pour ne pas paraître discriminer l’islam.
En outre, dans ses analyses, le RICU a assimilé le conservatisme à l’extrême droite, en étiquetant « des œuvres historiques du canon philosophique et littéraire occidental » comme essentiellement nationalistes, écrit le rapport (§ 3.48). Des analyses « peu pertinentes » et risquant « d'induire en erreur les praticiens quant aux domaines sur lesquels concentrer leurs efforts pour empêcher les individus de devenir terroristes ou de soutenir le terrorisme » (§ 3.51). Le ministre de l'Intérieur, Suella Braverman, n’avait pu que reconnaître la justesse de cette remarque et admettre que « par le passé, le RICU n'avait pas su établir de distinction claire entre les commentaires conservateurs traditionnels et ceux de l'extrême droite ».
Silence, on tue !
Né de la lutte contre le terrorisme islamique dans l’objectif est de ne pas incommoder la communauté musulmane, le RICU gère donc désormais, selon le Daily Mail, les éléments de langage dans les affaires criminelles susceptibles de mettre en cause le « vivre ensemble ». C’est logique. Outre que certaines affaires criminelles, comme la tentative de décapitation de Belfast, ressemblent à des attentats, les problématiques liées à l’immigration leur sont souvent communes. Mais le RICU est justement là pour qu’on ne le dise pas – ou le moins fort possible.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR


































24 commentaires
Ce pays n’est pas sorti de la mouise… Un nouveau Starmer a pris le pouvoir pour finir le travail… Très bientôt, un point de non retour pour eux…et bientôt pour nous.
Ce genre d’organisme ne peut avoir un pouvoir que si les gens acceptent ce pouvoir. Autrement dit, si j’étais le parent d’une victime telle que décrite dans cet article, le RICU ou la police pourraient bien me dire de me taire autant qu’ils veulent, si je voulais causer, je causerais aussi fort que je le voudrais ! Point.
Malheureusement, à part les réseaux sociaux, la communication mainstream est résolument sous contrôle étatique , semble t il !!