La déconfiture du BHV, une histoire si française…
Voilà donc où conduit le déni de réalité. Ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire feraient bien de méditer cette histoire d’une déconfiture bien française en forme de parabole. Car c’était à prévoir : l’épisode Shein allait finir de couler le BHV. C’est chose faite. Au terme de trois ans, ou presque, de galère et, pour finir, cette initiative calamiteuse d’installer le géant chinois de la fast fashion dans le temple historique du commerce parisien, son propriétaire Frédéric Merlin jette l’éponge et bazarde le Bazar.
L'ex patron du BHV a un message pour clients et employés ... et ça pique. pic.twitter.com/7akpZW3WU0
— Enzo Morel (@mtwit75) June 16, 2026
Autopsie d’un fiasco
Lorsqu’il reprit l’affaire et se lança dans cet improbable partenariat avec le Chinois Donald Tang, Frédéric Merlin cloua le bec aux oiseaux de mauvais augure : « Comment moi, commerçant, je pouvais passer à côté d’une telle opportunité ? » Il est vrai que le repreneur et ses conseils, tous grands théoriciens du commerce, n’imaginaient sans doute pas qu’ils allaient déclencher une tempête. Pourtant, nous l’écrivions ici, le renflouement du BHV par Shein « s’est transformé en un sabordage digne de servir d’exemple dans les manuels des écoles de commerce ». Tout cela pour avoir refusé de prendre en compte l’historique de la marque et de sa clientèl ; bref, le positionnement économique et social de ce monument historique au cœur de Paris.
Rappelons rapidement les faits. En 2023, la Société des Grands Magasins (SGM) reprenait le BHV, déjà en mauvaise posture. Perte de clientèle, fournisseurs impayés, le Bazar fluctuatait moins qu’il ne mergiturait, pour parodier la devise de la mairie voisine. C’est alors que Frédéric Merlin, le jeune patron de la foncière commerciale SGM, décidait d’ouvrir au sixième étage du magasin la première boutique « physique » du géant de la vente en ligne. Aux vieux boomers, la folie sautait aux yeux : comment pouvait-il imaginer qu’une jeunesse, habituée à payer ses vêtements achetés sur le Net entre 3 et 10 euros, allait pouvoir remplacer une clientèle de CSP+, tendance bourgeoisie traditionnelle ?
Le fiasco a été immédiat : départ des marques ulcérées par ce voisinage bas de gamme, scission avec les Galeries Lafayette refusant de voir leur nom associé à Shein, projet de loi contre la fast fashion, grèves des personnels… et, pour finir, désengagement de la Caisse des dépôts et de la mairie de Paris puis, en janvier dernier, vente des murs à l’investisseur américain Brookfield Asset Management.
L’Américain – dont les actifs sont estimés autour de 500 milliards de dollars – n’est pas un philanthrope. Ayant acheté les murs, il a décidé d’y installer un hôtel et une salle de sport, réduisant de moitié la surface allouée au BHV.
Retour aux origines
Si le marché conclu avec Shein a ruiné l’image de la marque, Frédéric Merlin assure au Figaro que les finances du BHV sont moins désastreuses qu’il y a un an. « Alors que le BHV perdait autour de 15 millions, lorsqu’il a repris les rênes, il a gagné 10 millions d’euros en 2024 et fini l’année 2025 avec une perte estimée à 2 millions », dit-il.
Autre son de cloche, du côté des magasins de Limoges, Angers, Dijon, Grenoble et Reims, contraints de troquer leur enseigne des Galeries Lafayette pour celle du BHV. Désertés par les marques et la clientèle, « quasi vides et rayons clairsemés », il leur faut croire en une possible restructuration. Là encore, il faut être un vieux boomer pour se souvenir de ce qu’étaient, autrefois, ces grands magasins de province, ancêtres des Galeries Lafayette : « Dames de France », « Magasins modernes » et autre « Chic parisien »… tous rendez-vous de « la bonne société ».
Lassé de se battre et de renflouer l’enseigne – il dit avoir investi 60 millions d’euros depuis 2023, dont 15 millions depuis janvier de cette année –, Frédéric Merlin passe la main et revend le fonds aux dirigeants actuels du BHV. Il s’agit de l’actuel directeur général, Karl-Stéphane Cottendin, et de trois cadres de la maison. La directrice marketing, marque et communication, le directeur artistique et la directrice des ressources humaines en deviennent les actionnaires au sein d’une structure nommée « Kergence », nous dit le Figaro, et celle-ci sera ouverte à la participation des salariés.
Après cette escapade chinoise, le Bazar de l’Hôtel de Ville annonce vouloir revenir à ses fondamentaux : le bricolage et la maison. « Notre plan de relance oublie tous les enjeux immobiliers », annonce le nouveau patron, qui entend recentrer le grand magasin sur « son cœur de métier historique ».
Comme nous le disions en préambule, ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire feraient bien de méditer cette histoire, car ce qui vaut pour ce magasin fondé en 1856 vaut aussi pour le pays. Les Français ne sont pas réductibles à des chiffres alignés sur un tableur. Ils sont faits de chair et d’histoire, nourris de traditions auxquelles ils sont attachés. Persister à vouloir les en couper ne peut conduire qu’à la ruine du pays.
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18 commentaires
bonjour
Je partage l’avis de beaucoup de vieux bricoleurs dont je fais partie, nous allions à l’époque au BHV sachant qu’il était le plus cher de tous au niveau bricolage mais nous y trouvions la perle rare en outillage chaque marque avait son stand, de la visserie introuvable ailleurs, bref THE TOP…
La descente aux enfers a commencé avec le degagement en pré retraite forcée de Techniciens Vendeurs qui savaient eux conseillé leurs clients fidèles dans les domaines éléctricité, plomberie etc..
Leurs remplaçants nettement plus jeunes et très probablement nettement moins couteux dans leurs contrats de travail mais franchement plus nuls que leurs clients qui voulaient des conseils avant achat..
Bref le nouveau monde avant l’arrivée d’un certain MACRON.. Puis moins de choix dans les marques et moins de matériels dans les rayons.
Et enfin suppression de bon nombre de rayons pour s’orienter non plus vers le bricolage mais plutot la décoration et divers pour les BOBOS parisiens….. Donc les vieux bricoleurs, circulez il n y a plus rien à voir .
et l’estoquade finale avec l’arrivée de SHEIN ,qui a fait fuir les marques réputées comme celles qui se trouvent en plus grand nombre aux Galeries Lafayette qui eux n’ont pas commis cette monstreuse erreur de casting. Il est vrai que le BHV a bénéficié de l’Enchanteur MERLIN avec la fermeture complète imminent et des centaines d’emplyés au chomage. Merci MR l’Enchanteur MERLIN homme de 34 ans encore une élite qui pourra se reconvertir dans la politique afin de toucher plus rapidement le fond du pays ruiné
Bien à vous tous
Petit complément d’infos , j’apprends que MERLIN l’enchanteur avec sa baguette maléfique a frappé également dans certains magasins de province tels que les Galeries Lafayette dependant du Groupe SGM dont le BHV est tete de liste, magasins d’Angers, de Dijon,de Grenoble,Limoges et Reims où en est le desastre de ces magasins affiliés au groupe SGM ?
Ceci sans compter le désastre de clientèle des magasins indépendants de vêtements dans ces villes ou
Shein a frappé également.
A combien de milliers d’euros et surtout de perte d’emplois dans des centres villes de Province déja à la peine par rapport aux centres commerciaux hors centre ville.
Sans compter que la remise en place des ZFE par le fameux conseil constitutionnel menbres jamais élus démocratiquent , pour la plupart des recasés de gauche. Rappel Hidalgo 1,76 % à l’election présidentielle de 2017…
Donc les salauds de pauvre n’auront plus accès aux centres villes et commanderont directement sur internet , plus de choix, pas d’essence à dépenser, et pas de parcmètres à payer également..
Donc la ruine à la vitesse grand V pour les commerces de centre ville…
Enfin un remerciement particulier à un macroniste de la première heure, le dénommé CASTANER ex Ministre de l’Intérieur qui faut d’avoir fait régler l’ordre lors de sa mandature, a bien mis le bordel écoomique en travaillant pour SHEIN par la suite en l’aidant à s’introduire en France avec ses relations, c’est le fameux en même temps macronien….
Au final la macronie n’aura oublié aucun secteur économique pour le ruiner ,et détruire tout le système régalien, sans compter Hoptaux,Ecoles , Facs, Sécurité intérieure sans oublier nos paysans en signant le Mercosur pour les achever plus rapidement.
PS Si un intervenant remarque un secteur que j’ai oublié, merci par avance de me le rappeler pour une information plus complète
Merci à tous
lily Moi-même parisien pure jus, du 19eme arrondissement, qui ne peux pas vivre sans outils, je considérais La Samaritaine, et le BHV, comme mes cours de récréation, mes espaces de détente. Il y à longtemps que, depuis, j’ai déserté PARIS, mais la derniers fois que je suis passé au BHV j’ai été horrifié par les prix dans le « Magasin Homme ». Je suis allé voir du coté de » La Samar », il n’y avait qu’un immense trou capable d’engloutir tout mes souvenirs de jeunesse, ainsi que le 19eme de mon enfance. Le mixage social cher aux socialistes, y à été tel après les années 60, qu’une nouvelle population chassé la population historique d’ouvriers, de petits artisans, d’employés. C’est la nouvelle France caressée par Mélenchon, favorisée par Macron.
F R E X I T ! ! !
S’agit’il d’un fiasco programmé ? Grosse arnaque à la vente ?.
Il y a une quarantaine d’années j’ai habité quelques temps juste à côté du BHV mais je n’allais jamais y faire des achats car les prix étaient terriblement hauts, les employés étaient particulièrement désagréables et l’organisation complètement bordélique… C’est cela qui a tué le BHV, son agonie fut particulièrement longue mais sa fin était programmée depuis un demi-siècle au moins.
Oui la suffisance des parisiens qui prennent les autres pour des gueux
Merci l’Europe de Bruxelles , merci le mondialisme !
Au fait combien de millions d’argent public pour ce fiasco.
Caisse des consignations. Combien de perte..
Certes le directeur a bien mangé les petits fours le jour de l inauguration, mais ce n est pas lui qui éponger les pertes. Comme toujours
Irréductible parisienne de cœur mais n’y demeurant plus , hélas, chaque fois que j’y reviens je me fais un devoir d’y faire un pèlerinage. Au fil des années je l’ai vu se. transformer, moins de compétents pour vous renseigner, moins de quincaillerie au détail qui faisait sa renommée et sa spécificité, et surtout il réunissait dans cet endroit la spécificité de tous les quartiers de Paris. Mais probablement qu’il faut vivre avec son temps, ( ce temps serait plus correct) car ce n’est plus le mien dans tellement de domaine. Je ne peux m’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur à l’idée qu’il pourrait disparaître, mais tellement de choses ont disparus ou changé dans ce Paris que je ne reconnais plus, qu’il me faut raison gardée, et constater qu’il en va du BHV comme de Paris et la France entière , c’est hélas FINI, et comment en vouloir à ceux qui ne les ont jamais connus.
Un dernier constat : la difficulté d’accès à ce magasin, et la circulation dans Paris en général sont à mon avis une des causes principales de sa faillite.
Oui
Encore un pan de la France qui s’écroule , avec la complicité de nos dirigeants .
Shein ou pas Shein, à part les bobos qui vivent en centre ville, qui va encore dans un magasin en centre ville ? On ne peut pas circuler et les prix des stationnements sont exorbitants.
Mieux vaut aller dans les zones commerciales avec immenses stationnements gratuits, mais les vendeurs étant tous plus nuls et plus inutiles les uns que les autres en magasins, c’est encore mieux d’acheter sur Internet où on peut se documenter sérieusement sur ce qu’on veut acheter et on a le produit le lendemain à domicile.
Vous avez hélas parfaitement raison ! Habitant la banlieue ouest, je ne mets plus les pieds à Paris, sauf à petite dose dans le XVIème…
Tout à fait vrai et réaliste. Achats sur internet = pas de déplacement en centre ville et son stationnement quasi impossible et onéreux, un choix immense, une livraison rapide, et retour du produit gratuit si ne convient pas ! Les centres ville de province sont en perdition totale !
Ce genre de gestionnaires est typique de nombreuses entreprises qui invariablement finissent par fermer …. C’est aussi ce genre d’illuminés qui nous gouvernent !!!
Lorsque j’habitais Paris, et ensuite la Seine-et-Marne, c’est au BHV que j’achetais mon bricolage. J’ai encore un perfo Peugeot pour le béton acheté en 1989 !
Et moi, un moulinet Mitchell 306 PRO acheté en 1983.