Jupiter II, le retour : un film satirique sur la réélection de Macron

Laurent Firode prépare un long-métrage dans l'esprit de ses sketchs humoristiques.
Photo Laurent Firode
Photo Laurent Firode

Alors que son film Histoires ordinaires et extraordinaires est encore dans les salles, Laurent Firode, que les lecteurs de BV connaissent bien à travers ses sketchs Bienvenue chez les woke, s’attèle déjà à sa prochaine œuvre : un long-métrage comique et critique sur la réélection d’Emmanuel Macron en 2022. Apprécié par son public pour ses sketchs humoristiques Les Films à l'arrache, diffusés sur YouTube, le réalisateur a voulu offrir une œuvre plus complète à son public pour faire vivre un humour débarrassé des craintes.

Une aventure collective : l'œuvre du public

Depuis presque dix ans, Laurent Firode écrit des scénarios au ton satirique et moqueur. Il explique à BV que son public, appréciant ses vidéos, lui demandait souvent de produire un long-métrage. « Je vois qu’il y a des gens qui me remercient pour mes sketchs », raconte-t-il. « Il y a un plaisir chez le public et il y a une attente. Ils veulent voir un vrai film », poursuit-il. Le film vient donc d’abord répondre à une attente des spectateurs, confirmée par le soutien qu’il a reçu en lançant sa cagnotte de financement. Pour cette raison, le long-métrage d’une heure trente sortira en salle en avril 2026, en même temps qu’il sera disponible gratuitement sur Internet. « J’ai été plébiscité, il y en a qui ont payé beaucoup pour voir le film, donc j’ai envie de le leur offrir », déclare Laurent Firode. Un cadeau à un public fidèle qui apprécie son humour et son regard sur le monde. « Cela me paraît beaucoup plus juste et honnête », estime-t-il, en ajoutant que son public viendra quand même au cinéma pour le voir en groupe.

Cette aventure cinématographique est donc une œuvre quasi intime, pour le réalisateur et son public, mais aussi pour ses comédiens, qu’il embarque dans ce long-métrage. Il y a un esprit de « troupe de théâtre », comme il le dit, « un peu comme Kaamelott », lance-t-il en riant. S’il choisit de diffuser son film gratuitement sur les réseaux, c’est aussi parce qu’il ne dépend pas des subventions : « Moi, je bazarde le système », s’exclame-t-il. « Normalement, il y a une chronologie des médias, mais les films qui doivent suivre cette chronologie, ce sont ceux qui ont des subventions », précise-t-il. Indépendant, Laurent Firode profite de cette liberté, tant dans la distribution que dans la production.

Satire burlesque d’une vie politique risible

Intitulé Jupiter II, le retour, en faisant référence aux surnoms élogieux que l’on a donnés à Emmanuel Macron, le film reviendra sur la journée du dimanche 24 avril 2022 qui a vu sa réélection. « Un film de pure fiction qui aura un côté satirique sur notre époque et nos politiques actuelles », précise Laurent Firode. Il ajoute que ce sera de manière détournée : « On se moque du pouvoir avec des figures allégoriques, pas de manière frontale. » Concrètement, le scénario se focalise sur le peuple français en essayant de transmettre le suspense d’une telle journée d’élection : « Je mets en scène les gens qui vont voter. Je fais un panorama de toute la France : il y aura des bobos, des bourgeois plutôt tradis, des paysans, des beaufs, des sans-papiers », raconte le réalisateur à BV.

En montrant leurs différentes attentes et espoirs, le film mettra en lumière le décalage entre les souhaits apparents des Français et le résultat du scrutin. « On va voir comment cette France a pu donner les clefs du pouvoir à Emmanuel Macron, ce jour-là », explique le producteur. Ce dernier souhaite mettre en avant « tout le côté dérisoire de la chose » : ce sera presque « une farce, en fait », résume Laurent Firode. Néanmoins, si c’est « un univers burlesque » qu’il dépeindra dans son film, il précise que les personnages seront plus fins que dans ses vidéos, « ils auront plus de temps pour exister », explique-t-il. En tout état de cause, en soulignant cet écart entre les desiderata du peuple et l’issue du vote, c’est la fin d’une démocratie, que le film annonce : « Sous ses airs comiques et satiriques, cela va dénoncer notre système qui n’est plus tellement démocratique », confirme Laurent Firode. « On va rire, mais on va aussi réfléchir, je pense », conclut-il.

L’enjeu du financement : la liberté de rire

L’absence de subventions lui donne la liberté de rire : « Le cinéma est prisonnier de tout ce système parce qu’il faut des subventions, ça coûte cher, donc il ne faut pas secouer le pouvoir. Tandis que moi qui ne suis pas soumis au pouvoir, je peux me permettre de faire ce film, d’être un peu le bouffon du roi », explique-t-il. Néanmoins, toute production, même sans subventions, nécessite un certain financement. « Rien, rien, rien », affirme le réalisateur, à part les 2.100 tipeurs qui ont généreusement participé à la cagnotte, la faisant grimper à près de 50.000 euros. « J’ai fait cette cagnotte pour voir si le film était attendu et j’ai eu un super bon retour, donc je n’ai pas été chercher ailleurs. En plus, ce n’est pas dans mon état d’esprit, de demander », avoue-t-il à BV. Il affirme avoir une somme suffisante pour réaliser le film, désormais. Le scénario est presque achevé et le tournage devrait commencer en janvier : le film sera terminé fin mars. « Plus il y aura d’argent dans cette cagnotte, plus je pourrai avoir une distribution en province car je ne pense pas que les salles ne prennent d’elles-mêmes le film », explique Laurent Firode.

En effet, sans société de distribution et donc sans programmateur, le réalisateur indépendant doit lui-même négocier avec les exploitants et louer leurs salles pour permettre la diffusion de son film. « Je la loue comme s’il y avait 200 personnes », explique-t-il, en soulignant la rentabilité que cela représente pour les exploitants. Les fonds levés par la cagnotte permettront donc la diffusion du film dans les salles, la rémunération des comédiens mais aussi « de meilleurs décors ainsi que quelques guests un peu connus qui puissent faire des apparitions », précise Laurent Firode. Il révèle être « en pourparlers » avec des gens qu’il estime : Karine Dubernet lui a déjà donné son accord. « Il pourrait y avoir aussi Franjo, Naïm, ce genre de personnalités qui ont un humour qui ressemble au mien », ajoute-t-il. Un film qui promet donc de garder le ton moqueur et irrévérencieux de ses sketchs à l’égard du politique.

 

 

NB : Le long-métrage de Laurent Firode Histoires ordinaires et extraordinaires est toujours à l’affiche.
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Ombeline Marignane
Etudiante en journalisme.

Vos commentaires

16 commentaires

  1. Enfin du cinéma pour rire. L’auto dérision à la française qui nous renvoie pourquoi nous ne savons que subir. Merci Monsieur Firode.

  2. DDHC de 1789 :
    Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
    et,
    Article 19 de la DUDH

    Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
    Déclaration universelle des droits de l’homme
    Le 10 décembre 1948, les 58 États Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris au Palais de Chaillot (résolution 217 A (III))
    Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression, et la résistance à l’oppression, et la résistance à l’oppression, et la résistance à l’oppression ! >>> (Quand c’est-y qu’on vire ceaucescu-cron ?) il a LARGEMENT « irrespecté » de nombreuses règles de nos institutions !
    ça sert à quelque chose ou c’est juste pour faire joli et se donner bonne conscience ?

  3. Silver BR: Ouaah! vous avez tout compris…la »démocratie » dites-vous, ben voyons. Ah, le film n’est PAS subventionné………….

  4. Au point d’intolérance où en est la gauche, je ne serais pas surprise qu’il y ait des manifestations pour empêcher les gens de voir le film.

  5. La censure gauchiste empêchera la sortie de ce film c’est une certitude. Beaucoup se demandent comment macron à pu être élu, ceux qui se posent la question n’ont toujours pas compris qu’au dela être un pays d’abrutis ce sont ceux qui d’ordinaire ne votent jamais qui au second tour font pencher la balance toujours à gauche.

    • Pour abonder dans votre sens, je dirais qu’il devrait être interdit de voter au second tour si on ne la pas fait au premier, sauf cas de force majeure.

  6. Une farce ?! Quel mépris pour le choix des français. Rappelons que personne n’a forcé les français à voter Macron contre la candidate d’extrême droite, ils l’ont choisi. Donc un peu de respect pour la démocratie et les impôts qui subventionnent ces films…

    • Grâce au « choix » de francais comme vous,il n’y a plus de  » démocratie  » juste de la censure des impôts et un abandon de souveraineté ,une insécurité galopante et une invasion de migrants…alors le respect pour l’avoir il faut se montrer respectable et ce n’est pas ce que fait votre freluquet..

    • Dites-moi ‘SilverBR’, comment appelez-vous l’alliance que certains de « nos » élus de droite ont fait avec LFI pour faire barrage à MLP ? Après cela quel choix restait à ceux qui n’ont pas voté pour Macron ? De voter blanc ou de s’abstenir ? Si ce n’est pas voler le vote des Français, je ne sais comment cela s’appelle.

    • Et il chialent maintenant ces francais là. Qu’ils en bavent, et durement, ils cautionneront leurs pleurs., Ahahah !

  7. Il a du courage Firode.
    Il aurait pu gagner un max de blé en sortant de la soupe.
    Et bien non.
    Je dirai qu’il a de la bravoure.
    Il a quelque chose à dire, lui.
    Il vise juste et en plus il est drôle.
    Qu’est ce qu ‘on a besoin de gens comme vous.
    Merci.

  8. Bravo ! Tous mes vœux d’encouragements à Laurent Firode. Je me réjouis à l’avance d’aller voir ce film…SI , SI ( ! ), il n’est pas, d’une manière ou d’une autre, censuré avant même sa sortie, ou tout simplement interdit en salle. Il me faudra sans doute attendre « l’effet Sacré Cœur » en retour, pour être plus sûr de pouvoir le regarder.

    • Je n’y avais pas pensé mais vous avez raison, il y a en effet un risque « d’effet Sacré-Cœur » ( sic ) avec les gauchistes en embuscade, j’espère que Laurent Firode l’a envisagé et a imaginé des contre-feux si jamais il y avait des tentatives d’intimidation ou des pressions exercées sur les diffuseurs. Haut les cœurs !

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