Voilà quarante ans, et même un peu plus, que les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays vont d’échec en échec dans la lutte contre la délinquance. Depuis le début des années 1970, qu’ils soient de ou de , aucun d’entre eux n’a été capable d’inverser la courbe du crime en , au point de le rendre aujourd’hui insupportable. Ce sont pourtant des moyens colossaux qui ont été consacrés au phénomène. Plans de lutte contre la criminalité, plans , création d’une multitude d’organismes et de comités censés résoudre cette question. Rien n’y a fait ! C’est un échec cuisant qui a fini par nous conduire dans une impasse.

Si les décisions prises sous l’ère Sarkozy de réduire de façon drastique les effectifs de la et de la gendarmerie ont accéléré le processus, celui-ci était, en réalité, engagé bien avant. Et il tient à une raison bien précise : l’absence d’une vision commune et concertée des pouvoirs politiques successifs sur la façon de combattre la délinquance. Sous la pression d’idéologies mortifères, la lutte contre le crime est en effet passée au second plan, laissant la place à un combat politique qui a pris le pas sur cette mission fondamentale qu’auraient dû assumer les pouvoirs en place. Loin de tirer les enseignements de leurs erreurs, nos dirigeants se sont accommodés de cette réalité, se servant même du phénomène comme d’un outil de conquête du pouvoir. Et plus la situation se dégradait, plus la surenchère sécuritaire était présente.

De la naissance des conseils départementaux et communaux de prévention de la délinquance, en 1983, à la mise en œuvre, en 2020, des contrats de sécurité intégrée, en passant par les contrats locaux de sécurité en 2002, ce sont un nombre infini de dispositifs qui, à prix d’or, n’ont apporté aucune amélioration. Bien plus : les tergiversations et les discussions sans fin et totalement improductives qu’ils ont induites n’ont fait qu’aggraver une situation dont on a aujourd’hui totalement perdu le contrôle.

La sécurité des Français aurait pourtant pu être un thème unificateur. Pour cela, il suffisait d’adopter une ligne pragmatique visant à considérer que prévention et répression ne sont que les deux termes d’une seule politique possible pour ramener durablement la paix publique dans notre pays. La prévention, pour éviter que la délinquance ne s’installe et ne se déploie sur un territoire préalablement identifié à risques. La répression, dès lors que la prévention s’avère insuffisamment efficace et que le crime s’enracine de façon durable. Malheureusement, pour de sombres raisons électoralistes, nos décideurs furent incapables de s’accorder sur ce constat, pourtant de simple bon sens !

N’ayant toujours rien compris, nos politiques s’écharpent maintenant au sujet des tout nouveaux contrats de sécurité intégrée (CSI), basés sur du donnant-donnant. L’État s’engage à renforcer les effectifs de police si la collectivité concernée développe ou renforce sa et recourt à la vidéosurveillance. Ce nouveau dispositif n’a pas manqué de provoquer l’ire des élus du Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU). Dénonçant un nouveau contrat trop « répressif » et « alourdissant l’empilement des instances partenariales de sécurité », ces élus y ont également vu « une rupture d’égalité pour la sécurité des citoyens ».

À l’heure où nos quartiers flambent toutes les nuits, où nos forces de l’ordre sont systématiquement attaquées lorsqu’elles interviennent, où nos pompiers sont agressés lors de leurs interventions, où les chiffres de la délinquance explosent et où les victimes sont de plus en plus nombreuses, le temps n’est-il pas enfin venu d’ouvrir les yeux ? De cesser ces palabres inutiles et destructrices et d’agir avec détermination pour éradiquer ce cancer qui ronge notre et la conduit à sa perte. Les prochaines échéances électorales donneront aux Français l’occasion de choisir une nouvelle voie. Souhaitons qu’ils ne s’égarent pas !

4 avril 2021

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