Tout le monde a les yeux rivés sur l’élection présidentielle ; on ne parle que de cela : contre Marine ? Ou l’inverse ? Zemmour ou pas Zemmour ? Qui, au PS ? Qui, chez LR ? Où est l’homme providentiel ? Et les gazettes gazouillent, les chaînes de télé grouillent d’experts tout neufs, dans les familles, on suppute, on discute, on se dispute.

Le deuxième tour de la présidentielle tombe le 24 avril 2022. Vous voulez un pronostic ? Eh bien, le 24 avril, dans notre bonne République laïque, c’est la Saint-Fidèle ! Tout est dit ! L’affaire est pliée : fidèle, l’électeur désignera le même et on recommencera.

Oui, mais ! Les prochaines législatives se tiendront deux mois plus tard, les 12 et 19 juin 2022. C’est là que tout va se jouer.

En 2017, dans l’euphorie de la victoire d’Emmanuel Macron, qui obtint au premier tour 24 % des suffrages exprimés, le bon peuple envoya illico à l’Assemblée nationale 306 députés LREM, soit 53,4 % des sièges. Majorité absolue et discipline de parti en béton, le Jupiter élyséen a eu les mains libres pour faire exactement ce qu’il voulait. Ajoutez à cela un Conseil d’État étrangement peu critique et un parfois oublieux de défendre le texte de base de la République qui fonde sa mission et vous obtenez quelque chose qui ressemble à une république bananière, comme on appelle de manière irrévérencieuse les régimes à décideur unique.

Depuis, il y a eu la claque des municipales : au premier tour, LREM recueille un microscopique 2,2 % des suffrages exprimés !

Puis vint la claque des régionales : LREM ne remporte aucune région et, après 10 % au premier tour, s’effondre à 7 % au deuxième.

Et il y a eu les gilets jaunes, les manifs contre la réforme des retraites, la gestion chaotique de la sanitaire et l’obstination un peu infantile sur le passe sanitaire, la claque – encore une – des pour l’Australie et des avions pour la Suisse. Bref, il n’est pas stupide de penser que l’ambiance euphorique qui avait présidé à la législative de 2017 et qui avait donné au Président tout neuf une majorité absolue ne se renouvellera pas en 2022.

Alors, Macron, minoritaire à l’Assemblée, connaîtra les joies de la cohabitation comme, avant lui, Mitterrand avec Chirac puis Balladur, et Chirac avec Jospin. Alors, l’Olympe ressemblera à une taupinière. Alors, finis les coups de menton, les déclarations injurieuses à l’égard du peuple, les séances douteuses sur le perron de l’Élysée, les prestations ministérielles frisant parfois le néant.

Alors le Premier ministre cessera de jouer le rôle de potiche et l’article 21 de la Constitution s’appliquera à plein : « Le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement », ainsi que l’article 20 : « Le Gouvernement détermine et conduit la de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. »

La question qui se posera alors sera : qui, pour prendre le job ?

 

 

 

26 septembre 2021

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