devrait écouter Emmanuel Macron. Mais que voulez vous, il paraît qu’« il n’écoute personne », révélait Le Parisien, la semaine dernière. Écouter ou au moins réécouter ce qu’il raconte dans ses interminables monologues.

Par exemple, celui d’octobre dernier, à Rodez, sur la réforme des retraites : « Il n’y aura plus de régimes spéciaux. C’est pas possible. Si je commence à dire qu’on va garder un régime spécial pour l’un, ça va tomber comme des dominos, hein ! » Les policiers, puis les gendarmes, puis les infirmiers, les infirmières, les aides-soignants… Et c’est effectivement ce qui se dessine peu à peu. Et moi, et moi… Dans sa visite aux troupes en Afrique, le président de la République a rappelé, à juste titre, que les militaires ne perçoivent pas une retraite mais une pension.

C’était, certes, jouer sur les mots : les militaires perçoivent une pension de retraite, tout comme, d’ailleurs, les fonctionnaires de l’État et les magistrats, pension inscrite au Grand Livre de la publique, une institution qui remonte à 1793. joue avec les mots, peut-être parce que l’ancien inspecteur des finances qu’il est sait qu’il ne peut pas trop se permettre de jouer avec les chiffres. Dire aux militaires qu’ils continueront à percevoir une pension, c’est gentil, mais cela, ils s’en doutent tout de même un peu. Mais au bout du bout, quel sera le montant de cette pension ?

Question que se posent tous les futurs retraités qui, à l’évidence, ont bien compris que la belle et généreuse idée d’un système universel par points cache, à terme, des montants de retraites inférieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui, à quelques exceptions près, bien mises en avant par le gouvernement et les chargés de vente de la Macronie.

En attendant, cette phrase sur les dominos revient comme un boomerang et l’on se prend à se poser cette question : 2020 sera-t-elle l’année des dominos ? Ne pas sous-estimer l’effet domino ! On ne joue plus beaucoup aux dominos ; en revanche, les concours de domino n’ont jamais été autant à la mode. On organise même des concours de domino avec des livres et… des humains. Si, si. Des concours de domino humain sur matelas. En Chine, en 2016, 1.200 personnes se sont amusées à cette réaction en chaîne. En 2013, des Allemands firent tomber plus de 275.000 dominos à la suite. Entre le coup de pichenette faisant basculer le premier domino et la chute de la deux cent soixante-quinze millième pièce, il s’écoula quand même dix minutes. Ces alignements de dominos, dessinant des arabesques, des courbes, des portraits, des paysages, etc., nécessitent parfois des jours entiers de patiente préparation. Mais cela vaut le coup, lorsqu’on voit le résultat final !

Des mois, paraît-il, que le gouvernement et ses conseillers travaillent à poser patiemment leurs dominos dans le paysage français, quasiment inchangé, à les en croire, depuis la Libération. Le résultat devait être, in fine, du meilleur effet. Du meilleur effet domino ? L’année 2020 nous le dira.

1 janvier 2020

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.