1er Salon de l’Algérie à Lyon : le président Tebboune fait sa promo

On imagine mal l’équivalent français de ce Salon de l'Algérie à Lyon pouvant se tenir à Alger.
Capture écran salondelalgerie.com
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Alors que les relations franco-algériennes ont rarement été aussi fraîches, le premier Salon de l’Algérie s’est tenu du 23 au 25 mai au Groupama Stadium, stade où joue le club de football de l’Olympique lyonnais, situé à Décines-Charpieu, dans la métropole de Lyon. Cet événement était organisé par le Collectif des associations franco-algériennes de France (CAFAF), créé en 2017 à Vaulx-en-Velin, pour « renforcer les relations économiques et culturelles entre les deux rives de la Méditerranée ».

Une organisation qui a visiblement fait preuve d’un manque de professionnalisme, tout d’abord en sous-estimant le public ciblé, puisque le lieu du salon ne pouvait accueillir que 4.500 personnes et que plusieurs centaines de personnes n’ont donc pas pu y accéder. Ensuite, il semble qu’une gestion défaillante de l’entrée a conduit à laisser patienter inutilement de très nombreuses personnes dehors, ce qui n’a pas manqué de faire monter la tension. Selon le site viralmag.fr, « ce sentiment de frustration a rapidement dégénéré en tensions. Des échanges vifs ont éclaté entre les visiteurs et le personnel de sécurité, chargé de réguler l’entrée. Certains témoignages rapportent des bousculades, bien que l’événement soit resté sous contrôle globalement. »

@belkadamoh Organisation catastrophique #salondalgerie #lyon #salon #algeria #algerie #dzpower ♬ son original - Info France

À première vue, la manifestation était on ne peut plus bon enfant, avec de nombreux stands consacrés à des créations gastronomiques, couscous et pâtisseries algériennes notamment. On pouvait aussi y investir dans l’immobilier en Algérie, rencontrer des écrivains (mais pas Boualem Sansal, détenu dans les geôles du pouvoir) ou encore assister à des conférences « culturelles ». Bien que placé sous le patronage du consulat général d'Algérie à Lyon, le salon se voulait apolitique. « Le salon s’inscrivait dans un contexte de rapprochement culturel entre la France et l’Algérie », a osé viralmag.fr, modérant toutefois son enthousiasme en rappelant qu’on parle là de « deux nations liées par une Histoire complexe ». Mais bon, il faut faire comme si : « Il ne sera pas question de politique », souligne Leïla Mechta, chargée de communication de l’événement, dans une déclaration au journal local Le Progrès, a habilement rapporté le média algérien TSA, qui s’est cependant empressé d’ajouter que « bien que le contexte politique et diplomatique entre les deux pays ne soit pas assez propice pour ce genre d’initiative, les organisateurs ont réussi à relever le défi ».

Pas question de couper le cordon

Mais le dossier de presse du salon indiquait pourtant la couleur, nous expliquant que l’événement était « inspiré par la vision moderne et ambitieuse du président Abbdelmadjid Tebboune ». Après son discours d’inauguration accueilli par des « youyous » et suivi d'un hymne national algérien repris par la foule, le consul d’Algérie à Lyon, Abdelaziz Mayouf, expliquait que « même si nous sommes nés en France, même si nous avons la nationalité de ce pays (sic), nous n’avons jamais coupé le cordon ombilical avec notre pays d’origine ». Belle décharge de plomb dans l'aile du concept d'assimilation républicaine... D’autres discours valaient à l’évidence d’être entendus, comme celui d’un militant associatif qui, rapporte le JDD, a appelé « les jeunes à ne jamais oublier le martyre de cent trente ans de colonisation française », ou encore celui de Nacer Khamla, premier adjoint au maire communiste de Vénissieux, qui a évoqué ces « discriminations » dont seraient victimes les « jeunes des quartiers ».

Le caractère apolitique du salon a donc vite montré ses limites, et au hasard des stands, on pouvait se refaire une garde-robe avec une burqa, un hijab ou une abaya. Notre confrère du JDD a noté que « l’ONG Labayka est parmi les exposants les plus visités. Elle propose des goodies pro-palestiniens, du porte-clé au fanion en passant par les packs de « Cola Palestine » – dont "100 % de la recette" est reversée à la cause gazaouie. » Un visiteur arabophone a aussi posté, sur X, une vidéo et son commentaire : « "La France nous encercle". Ce chant plaçant la France comme un ennemi a retenti à plusieurs reprises lors du salon. »


Pour une première, ce salon aura donc été une belle opération de communication du pouvoir algérien, dont on imagine mal l’équivalent français pouvant se tenir en Algérie. Un privilège « vert » qui en dit long sur la réalité du « vivre ensemble »…

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Et Macron toujours aux abonnés absent ! Sansal toujours en prison ! Tebboune doit avoir un sacré dossier sur Macron ! Mais sur quoi ?

    • Cela remonte peut-être au temps où Brigitte Macron était étudiante en Algérie en 1962-63

  2. Quinze siècle d’esclavagisme vous contemple chers algériens. Pas de quoi être fiers. Si vous avez été colonisés, c’est que vous étiez colonisables et à au moins un titre, celui d’avoir commis ou laissé commettre les nombreuses rafles exercés en France par les barbaresques que vous abritiez. Dure est la vie mais, les faits sont là.

  3. Encore un épisode odieux permis par l’hôtel de ville vert-de-gris !
    Le Président Tebboune n’a pas fait le déplacement ?
    Dommage !
    C’eût été pour Retailleau une belle occasion de l’arrêter, et de ne le libérer qu’en échange de Boualem Sansal !
    J’dis ça, J’dis rien, mais j’en pense pas moins !
    Car si Tebboune ne s’est pas déplacé en personne, j’imagine qu’un personnage algérien d’importance le fit, donc chantage en retour le ministre de l’intérieur aurait dû saisir l’occasion d’un échange !
    Œil pour œil…
    Occasion manquée monsieur le ministre de l’intérieur !

  4. Pourquoi un « Salon de l’Algérie » à Lyon, alors que Tebboune s’offre un salon permanent de son pays dans toute la France. L’Algérie en France : ses mosquées, ses prédicateurs, ses OQTF, ses écoles coraniques… C’est la France entière qui sert de stand à l’Algérie…

  5. N’oublions jamais que la France a créé ce pays l’Algérie qui n’existait pas avant 1830. Alors ils nous doivent tout.

  6. Mais il est chez lui Tebboune ! Qui lui a ouvert la porte ( suivez on regard) ?
    Et Sansal Boualem ? On en parle de Sansal Boualem ?

  7. Ces courbettes de principe qui continuent; comme de coutume, depuis trop longtemps.

    Je reste poli.

  8. Quel est l’idiot de préfet qui a permis la réalisation d’une telle manifestation en France. A dégager immédiatement. L’Algérie cette triple dictature (militaire, religieuse et communiste) n’a aucun sujet dont elle peut être fière. Elle se grandira le jour où elle n’aura plus de prisoniers politiques, et où sa jeunesse pourra travailler au pays plutôt de venir émigrer en France. Il faudra qu’ils en terminent avec le FLN….

  9. La propagande mensongère de la dictature algérienne qui confisqué la richesse du pays pour se garnir massivement les poches et laisser son peuple dans la misère

  10. Peux on connaître les villes, régions qui ont sponsorisé ce salon.. combien d argent ont elles données. Qui a finalement ce salon.. merci

    • L’art de baisser les pantalons et de prendre un coup de babouches à l’arrière train. La couardise à la française atteint ses plus hauts niveaux. Merci aux « Zelus  » qui laissent faire. C’est une honte nationale.

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