Vers 17 heures, ce vendredi 16 octobre, veille des scolaires de « la Toussaint », les policiers de la brigade anticriminalité de découvrent le corps d’un homme décapité près du collège du Bois d’Aulne. 200 mètres plus loin, sur la commune d’Éragny, ils tentent d’interpeller l’assassin, couteau de cuisine en main, qui les menace en criant : « Allahou akbar ! » Ils font feu et le tuent.

La victime égorgée est Samuel Paty, 47 ans, professeur d’histoire-géographie du collège. Ayant utilisé les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo lors d’un cours d’enseignement moral et civique (EMC) sur la liberté d’expression, il tombe, victime de la lâcheé du système organisant le « pas de vagues ». Le tueur, Abdoulakh Anzorov, 18 ans, d’origine tchéchène, serait né à Moscou. Guerre de civilisation ?

« C’est horrible », « c’est fou », « on a peur »… témoignent les riverains de ce quartier pavillonnaire, « calme » ; « il ne se passe jamais rien ici », bredouille Mohand Amara, un habitant de 45 ans, sorti, comme d’habitude, promener son chien le long du collège du Bois d’Aulne, ainsi que le rapporte Sud-Ouest.

Rappelez-vous, les anciens : la « Toussaint Rouge », 1er novembre 1954. Le FLN passe à l’action en Algérie, faisant au moins huit victimes. Parmi les premiers morts, Guy Monnerot, instituteur, rafalé, ainsi que son épouse Jacqueline qui survivra ; il meurt sur le bas-côté de la route, dans les Aurès. Il venait juste d’arriver de métropole pour instruire les enfants du bled…

Deux morts, deux enseignants. Similitudes de hasard ? Non. Deux victimes de l’ et du djihad. Le 1er novembre 1954, au Caire, La Voix des Arabes annonçait : « La lutte grandiose pour la liberté, l’arabisme et l’ a commencé. » Et le FLN proclamait vouloir une « indépendance nationale […] dans le cadre des principes islamiques ». Sur Twitter, le 16 octobre, l’assassin ou ses complices ont dénoncé « Macron, le dirigeant des infidèles » et le professeur comme un des « chiens de l’enfer, qui a osé rabaisser Mohammad ». Oui, guerre de civilisation.

La consternation : « On a peur ! » Voilà le premier axiome de la guerre psychologique : semer le trouble, paralyser l’opinion, provoquer la haine, dresser les communautés, généralement pacifiques, les unes contre les autres. Le terroriste n’a pas d’états d’âme. Zohra Drif, poseuse de bombes au Milk-Bar d’Alger, le 30 septembre 1956, tuant trois jeunes femmes et mutilant de nombreux enfants, n’a, aujourd’hui encore, aucun remords : « Je me suis dit, on a raison », sourit-elle légèrement, dans un documentaire récemment diffusé sur France 2.

Face à notre société du mensonge, aseptisée, où la simple idée de mort par Covid-19 sème l’effroi, dont les violences sont niées, les groupes islamistes rétrogrades, zélateurs d’un islam « pur » des origines, ont retrouvé dans la décapitation – supplice légal en Arabie saoudite, avec la crucifixion , ne l’oublions pas – le moyen le plus incisif pour frapper à la tête l’Occidental candide. Songeons à l’émoi suscité par l’exécution médiatique du journaliste Daniel Pearl, égorgé puis décapité au Pakistan en février 2002.

1954-2020… 66 ans ! Guy Monnerot, Samuel Paty ; deux enseignants, deux symboles de cette France généreuse et émancipatrice, sans cesse calomniée, que des docteurs de la loi islamique veulent abattre. Pour y régner. Après qu’il a été peut-être abandonné à la vindicte des chacals, un « national » sera rendu à Samuel, ce mercredi. Dérisoire. Ce n’est pas seulement une palme qu’il mérite, ni des regrets académiques ou de beaux discours lénifiants. Mais des actes. Pour que son sacrifice ne soit pas, comme celui de Guy… inutile !

19 octobre 2020

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