Pour la France : Russie 0 – Arabie 1

Docteur en droit, écrivain, compositeur
 

Le 9 mai, Moscou met les petits plats dans les grands pour fêter le 70e anniversaire de la capitulation nazie. Les États d’Europe sont invités, ainsi que les États-Unis, le Canada, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et de nombreux autres… Les Occidentaux tordent le nez, syndrome Ukraine oblige : Angela Merkel n’ira pas, David Cameron non plus. Barack Obama restera chez lui et François Hollande refuse, également, de faire le déplacement. Autant donner une claque à Vladimir Poutine qui, lui, était venu en Normandie le 6 juin dernier. Le camouflet est-il devenu un argument diplomatique ? 27 millions de morts russes ne valent-ils pas une trêve d’un jour ? Est-ce approuver la politique d’un pays que de se rappeler que, il y a 70 ans, on faisait cause commune contre l’horreur ? La Chine, elle, sera bien présente en la personne du président Xi Jinping et d’un bataillon de l’armée chinoise qui prendra part au défilé. Où va pencher le cœur du peuple russe – et des entreprises – après cet affront ? Vers l’Occident donneur de leçons ou vers le puissant voisin d’Orient, réaliste ?

Les Russes ne sont pas fréquentables ! Mais les émirs d’Arabie, si ! Hollande participera, aujourd’hui, au sommet consultatif du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP) à Riyad. Il s’agit d’une organisation régionale qui regroupe six pétromonarchies arabes et musulmanes du golfe Arabique : l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar. C’est la première fois depuis 1981, date de la création du CCGP, qu’un chef d’État occidental est admis à participer à une telle réunion : autant dire que l’on est entre soi, entre gens de bonne compagnie, entre gens bien élevés, entre gens qui partagent les mêmes valeurs, qui ont la même idée de la démocratie, qui défendent les mêmes causes.

Je me demande quelles pensées, quelles arrière-pensées vrombissent sous le crâne du président de la France. On humilie la Russie, puissance plutôt occidentale, alors que l’on fait une cour assidue, indécente, aux monarchies arabes qui sont tout sauf neutres dans le financement du terrorisme international que, par ailleurs, on dit combattre. On pleurniche que l’on est Charlie, mais on ne trouve pas répulsif le régime intégriste wahhabite. Les musulmans massacrent les chrétiens un peu partout autour du globe, mais ce n’est pas avec la Russie chrétienne que l’on choisit d’avoir des relations courtoises, au contraire : voir la lamentable affaire des vedettes Mistral.

Nos banlieues islamisées, devenues zones de non-droit – n’en déplaise à Hidalgo -, devraient commencer d’attirer l’attention de nos politicards aveugles, sourds et trouillards : eh bien, non ! On répète à l’envi, contre l’opinion de tous ceux qui connaissent un peu l’islam, que cette religion est compatible avec la démocratie ; aucun motif bassement électoraliste dans cette assertion mensongère, n’est-ce pas ? Pas plus que dans le déplacement de Hollande, ce jour.

Osons la question, la vraie : l’honneur de la France doit-il être mis en balance avec la vente de quelques avions de guerre ou avec le bruit feutré de quelques bulletins frappés du croissant dans une urne française ?

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