Il y a 75 ans : la mort du maréchal Franchet d’Espèrey

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La quasi-totalité des journaux français du vendredi 10 juillet 1942 (ceux qui sont autorisés à paraître) rendent hommage au maréchal Louis Franchet d’Espèrey, décédé dans la nuit du 8 au 9 juillet 1942 dans son château d’Amancet (Tarn) à l’âge de 86 ans. Avec lui disparaît l’une des figures les plus emblématiques de la Première Guerre mondiale et un homme à la vie riche et intense.

Né le 29 octobre 1856 à Mostaganem (Algérie), Louis Franchet d’Espèrey fait ses humanités au lycée Hoche et à Sainte-Geneviève de Versailles avant de rejoindre la ville voisine de Saint-Cyr-l’École pour y devenir officier. Il sort de la 59e promotion (appelée « Grande Promotion » car les effectifs passent de 250 à 400 et que Saint-Cyr a construit de nouveaux bâtiments) et rejoint les tirailleurs algériens. Lieutenant en 1881, capitaine en 1881, sa carrière se poursuit rapidement. Il est lieutenant-colonel à l’âge de 40 ans. On le retrouve au Tonkin, où il se bat contre les Pavillons noirs, puis en Chine (1900) pour mettre à pied les Boxers.

Commandant le 132e régiment d’infanterie à Reims, il est ensuite nommé colonel et rejoint le 60e RI de Besançon. Ce modèle de chef militaire et opérationnel est déjà général de division quand éclate la Première Guerre mondiale. Joffre le place alors à la tête du 1er corps d’armée. Pendant la bataille de Guise, il fait preuve de beaucoup de sang-froid face à des situations critiques. En septembre 1914, le généralissime lui confie la 5e armée en remplacement du général Lanrezac (1852-1925), limogé comme nombre de généraux. Il perd son fils, le sous-lieutenant Louis Franchet d’Espèrey (1897-1916), de la 100e promotion (1916-17, Promotion des Drapeaux et de l’Amitié américaine), tombé quatre jours après ses 19 ans, à Douaumont. Deux mois plus tard, c’est au frère du futur maréchal, le lieutenant-colonel Alfred Franchet d’Espèrey (1865-1916), du 333e RI, de mourir pour la France lors des combats de Vaux-lès-Palameix.

Commandant le Groupe d’armées de l’Est en 1916, puis le Groupe d’armées du Nord en 1917, le général Franchet d’Espèrey devient, en 1918, commandant en chef des armées alliées d’Orient. Élevé à la dignité de maréchal de France en 1921, il est nommé inspecteur général des troupes d’Afrique du Nord. Il devient membre, en novembre 1934, de l’Académie française, au fauteuil n° 14 qui a vu siéger Pierre Corneille, Victor Hugo et Hubert Lyautey. Il recueille 29 voix et un bulletin blanc.

Le maréchal Franchet d’Espèrey est inhumé provisoirement à la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi et les honneurs militaires lui sont rendus par le général de Lattre, commandant la 16e région militaire de Montpellier. Son corps sera transféré aux Invalides en 1947.

Le jour de sa mort, ce 9 juillet 1942, les forces britanniques parviennent à arrêter l’avancée allemande lors de la première bataille d’El-Alamein, et les États-Unis reconnaissent le Comité national français comme symbole de la Résistance française.

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