« La Légion est une institution d’exception ! »

Mercredi dernier sortait le dernier film de Cheyenne Carron, Jeunesse aux cœurs ardents. Ce film, qui raconte la relation entre un jeune en quête d’idéal et un ancien combattant, veut rendre hommage à nos anciens combattants d’Indochine, d’Algérie, à nos soldats de façon générale et, plus particulièrement, à la Légion étrangère. Au micro de Boulevard Voltaire, Cheyenne Carron.

On peut voir ce très beau film actuellement à Paris au cinéma Le Balzac ou bien en le commandant directement en cliquant ici.

Vous sortez votre onzième réalisation, Jeunesse aux coeurs ardents.
Comment est né ce projet ?

J’avais envie de parler de la Légion depuis très longtemps. La Légion évoque des souvenirs de mon adolescence, de ma jeunesse et d’un idéal que j’avais quand j’avais 16, 17 ans.
Arrivée à Paris, je me suis engagée sur d’autres films. J’ai atterri un jour dans l’immeuble de Pierre Schoendoerffer et j’ai découvert son cinéma. Un jour, je me suis dit que le temps était venu de faire ce film. Il rend hommage aux soldats en général, et aux anciens combattants de la guerre d’Indochine et d’Algérie en particulier et parle d’un engagement dans la Légion étrangère.

Votre film parle de la relation entre un jeune en quête d’idéal et un ancien combattant.
Vous dîtes dans le film : « sans héros, la jeunesse est condamnée à mourir de froid ».
L’époque est-elle favorable aux héros
?

Je pense que la jeunesse est en quête d’idéaux. Si on fait l’effort d’aller fouiller dans le passé, nous avons une Histoire militaire et plus largement une Histoire des hommes en Europe assez exceptionnelle. Elle peut servir de socle et de support d’inspiration pour beaucoup de jeunes, mais le relais n’est pas toujours fait à l’école ou dans les médias. On nous parle peu de nos héros. Même dans le domaine du cinéma, peu de films mettent en avant les héros de notre Histoire. Prenons l’exemple des Cadets de Saumur ou la bataille de Camerone, pour revenir à la Légion. Il n’y a pas de film sur ces sujets. Il y aurait pourtant beaucoup à faire.
Même s’il est difficile de parler pour toute une jeunesse, je pense que cette jeunesse peut se transcender, se fortifier et s’exalter si on lui permet d’entrevoir des héros qui ont marqué l’Histoire et auxquelles ils peuvent s’identifier.
En France, les héros ne manquent pas.

La Légion étrangère est-elle une belle source d’héroïsme pour la jeunesse ?

La Légion, c’est l’héroïsme, bien sûr. C’est les batailles gagnées ou perdues avec panache. Mais ce n’est pas que cela, c’est aussi des valeurs, un code d’honneur, un idéal de solidarité entre hommes, une tenue face au monde et dans le combat. La Légion est une institution d’exception.
Il n’y a pas que le mythe. Il en faut évidemment pour pouvoir se transformer et avoir les modèles, mais c’est aussi une réalité.

Comment avez-vous réussi à convaincre les véritables anciens combattants de devenir acteurs dans votre film ?

Plutôt que d’être acteurs, je dirais qu’ils ont plutôt incarné leur propre rôle au service d’une histoire que je racontais.
Cela s’est fait assez naturellement. J’ai d’abord rencontré des responsables d’associations d’anciens combattants, notamment le Général Pinard Legry de l’association l’ASAF et la fédération Maginot, Les gueules cassées, etc.
J’avais déjà des films a montré qui parlaient de mon cinéma pour les mettre en confiance.
Ayant le soutien de la Légion étrangère, c’était beaucoup plus simple.
Parce qu’ils ont cru en mon projet, ces hommes m’ont soutenu et m’ont ouvert les portes de leurs connaissances. Le Général Pinard Legry m’a en particulier beaucoup soutenue tout au long du film. Il m’a permis de rencontrer des anciens.
À chaque fois, je leur racontais mes motivations et l’histoire de ce film.
Dès lors, je pense au Général Gausserès, patron de la FSALE. C’est un homme remarquable qui m’a ouvert beaucoup de portes. Il m’a ramené beaucoup d’anciens de la Légion, car il savait que le film allait leur rendre hommage. Ils ont donc accepté de travailler avec moi. Bosser avec eux a été formidable pour moi.

Où peut-on voir votre film ?

Pour ceux qui vivent à Paris et qui souhaitent le voir en salle, il est projeté au Balzac.
Il est vrai que faire du cinéma hors système me ferme beaucoup de salles en France.
En revanche, ils peuvent l’acheter sur mon site.

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