Editoriaux - 7 août 2018

La démocratie consiste à marcher au même rythme que les gens, pas à aller toujours plus vite en les laissant derrière

La question des normes européennes est l’une des plus critiquées en province. C’est là qu’on rencontre le plus de gens qui vivent mal et qui sont effarés de voir s’emballer le train de Bruxelles alors qu’il y a longtemps que leur propre wagon n’y est plus accroché.

Je n’ai rien, nous n’avons rien ni vous ni moi, contre le fait de vouloir protéger mieux sa maison contre le froid ou les incendies. Nous ne sommes pas contre ce qu’on impose aux gens pour leur bien. À condition que ce ne soit pas avec leur argent jusqu’à les appauvrir. Et si c’est avec leur argent, il faut que les mesures en question s’appliquent à des gens qui ont les moyens de suivre.

Ce n’est plus le cas. La politique consiste à marcher au même rythme que le peuple, elle ne consiste pas à aller toujours plus vite en disant vous n’avez qu’à vous hâter. Quand vous frappez un chien qui ne veut pas suivre, il vous mord. Le peuple, c’est pareil. Il me semble avoir illustré que, pour les assurances auto ou le contrôle technique, une grande partie de nos contemporains n’a plus les moyens de suivre. Alors, il faut arrêter de leur imposer des règles faites pour une Europe de nouveaux riches, puisqu’ils sont en train de devenir de nouveaux pauvres.

Citons le domaine de la construction artisanale, celle qu’on fait soi-même ou qu’on fait faire par un artisan de proximité, construction qui concerne, par définition, les gens qui n’ont pas beaucoup de moyens : les exigences en matière d’isolation ont doublé la note, voire triplé pour les cumulus dits thermodynamiques ou les fenêtres. En outre, il faut faire appel à un cabinet d’étude pour le thermique (800 euros la visite), qui s’assure que vous respectez les règles (ils devaient soupçonner qu’elles étaient scandaleuses, leurs règles, puisqu’ils sont obligés de prendre une garantie pour que vous les appliquiez). Dans tous les domaines, isolation des sols, des fenêtres, etc., contrôle plomb/amiante, les exigences sont devenues folles. Donc, les gens modestes ne construisent plus, ou ils trichent. Et en plus, ils devraient se sentir coupables de vivre comme l’ont fait leurs pères alors que ce n’est pas eux qui ont bougé, ce n’est pas eux qui se sont écartés de la loi, mais la loi qui s’est écartée d’eux. C’est la loi qui est allée plaire aux plus riches parce que c’est eux qui l’ont votée.

Il faudrait rappeler le rôle des hommes politiques parvenus, les béni-oui-oui de l’Europe des privilèges, qui sont toujours d’accord avec le commerce américain. Nicolas Sarkozy, par exemple, mais aussi ses successeurs. Ces gens vont régulièrement dire à Bruxelles : « Ne vous en faites pas, je vais leur imposer ça, et ça passera comme le reste. » Eh bien, ça passe de moins en moins. Les peuples commencent à se dire : « Il nous reste peut-être une dernière chance de nous affranchir de ce que nous imposent ceux qui gagnent vingt mille euros par mois. » Ces règles ne concernent pas que les normes de construction, mais tous les aspects de notre vie, de l’immigration à l’hygiène alimentaire.

Les Français de base commencent à se dire qu’ils ne veulent plus être regardés comme des parias dans leur propre pays quand ils posent une fenêtre.

Adapté de « La France de Campagnol », une émission quotidienne sur YouTube et sur TVL.

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